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Conflit chez Exceldor : les parties arrivent à une entente de principe

Le syndicat va recommander à ses membres de voter en faveur du règlement, mais le dernier mot reviendra aux syndiqués.

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L'usine d'Exceldor à Saint-Anselme

Photo : Radio-Canada / Carl Boivin

L'espoir d'un dénouement au conflit de travail chez Exceldor se concrétise. La direction de la coopérative accepte l'hypothèse de règlement proposée aux deux parties par la médiatrice spéciale, mardi, et estime que la balle est maintenant « dans le camp des syndiqués ».

La direction de la coopérative Exceldor a fait l'annonce de ce nouveau développement jeudi matin, soit un mois après le déclenchement du conflit de travail, le 23 mai.

La direction de la coopérative accepte l’hypothèse de règlement déposée par la médiatrice spéciale. Nous considérons que la balle est maintenant dans le camp des employés syndiqués et nous leur tendons la main pour mettre fin au conflit qui nous occupe, a-t-elle indiqué par voie de communiqué.

La direction a par la suite précisé qu'elle n'émettra aucun autre commentaire et n'accordera aucune entrevue pour le moment.

Des milliers de poulets sont entassés dans une ferme d'élevage.

Des élevages de volailles ont été abattus sans être transformés en raison de la grève qui perdure depuis un mois.

Photo : Getty Images

Le syndicat va recommander l'entente

Le syndicat va quant à lui encourager les 550 travailleurs de l'abattoir de Saint-Anselme, dans la région de Chaudière-Appalaches, à voter en faveur de l'entente, a-t-il fait savoir jeudi.

Selon les membres du comité [de négociation], c'est une entente acceptable. Ce sera recommandé aux membres [...] et on espère que ce vote-là va se solder par une réponse positive, a affirmé Roxane Larouche, responsable des communications chez les Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC).

On a bon espoir que les travailleurs vont accepter l'entente.

Une citation de :Roxane Larouche, responsable des communications, TUAC

Conflit chez Exceldor : les parties arrivent à une entente de principe

Ce processus pourrait s'étirer sur quelques jours, a cependant ajouté Mme Larouche. En raison des mesures sanitaires en vigueur, plusieurs rencontres devront être organisées au cours des prochaines heures afin de présenter le contenu de ce règlement aux travailleurs.

Des réunions auront lieu en présentiel et en virtuel. Les membres du comité doivent contacter chaque salarié et par le fait même vérifier de quelle façon ils veulent voter, a expliqué la représentante du syndicat.

Les syndiqués devraient donc se prononcer quelque part au cours de la fin de semaine, mais Roxane Larouche a refusé de s'avancer sur une date précise.

S'il y a entente de principe, les activités de l'usine pourraient reprendre aussi tôt que la semaine prochaine. Les syndiqués ont très hâte de retourner au travail, assure Mme Larouche.

D'ici là, les moyens de pression se poursuivent et la grève demeure en vigueur.

Des employés font du piquetage sur le bord de la route, à St-Anselme.

Les manifestations se poursuivent devant l'usine d'Exceldor, à St-Anselme.

Photo : Radio-Canada / Pascal Poinlane

À prendre ou à laisser

L'entente, présentée en bloc, sera à prendre ou à laisser. Il ne sera pas possible de modifier certaines clauses. C'est tout ou rien, convient le syndicat, qui demeure toutefois optimiste qu'elle sera acceptée. Le comité de négociations s'était d'ailleurs montré confiant, mercredi, après avoir pris connaissance de l'entente.

La proposition de règlement de la médiatrice, disait-on, bonifiait la précédente offre patronale, laquelle prévoyait un salaire à 22,50 $ de l'heure. Les syndiqués demandent pour leur part une hausse salariale de 40 % sur trois ans, pour atteindre un taux horaire de 25 $.

Plusieurs enjeux liés aux conditions de travail difficiles ont aussi été au cœur de négociations. Les employés sont sans convention collective depuis juillet 2020.

Le ministre du Travail, Jean Boulet.

Le ministre du Travail, Jean Boulet, avait convoqué les parties plus tôt cette semaine, après un mois de stagnation des négociations.

Photo : La Presse canadienne / Jacques Boissinot

Le ministre Boulet satisfait

Voyant le conflit s'enliser, le ministre du Travail, Jean Boulet, avait convoqué les deux parties à une réunion à ses bureaux de Québec, mercredi matin. Les deux camps s'étaient dits rassurés au terme de la rencontre.

Jeudi, M. Boulet a affiché un certain optimisme, qualifiant la décision d'Exceldor de bonne nouvelle et d'une autre étape franchie dans ce conflit qui a fait dérailler la chaîne d'approvisionnement en volailles au Québec.

L'Union des producteurs agricoles (UPA) a par ailleurs salué les interventions du ministre Boulet dans ce dossier.

Beaucoup de questions

Si elle souhaite une fin rapide au conflit et se réjouit des développements de jeudi, l'UPA aura néanmoins plusieurs questions à poser à la direction d'Exceldor lorsque cette saga sera terminée.

Son président, Marcel Groleau, juge frustrant d'en être arrivé à l'euthanasie de centaines de milliers de poulets et aux conséquences que cela implique pour les éleveurs ainsi que l'industrie avicole de la province. Euthanasier des poulets, c'était inacceptable. On espère que les employés accepteront l'offre qui leur est soumise, a-t-il répété.

Pour nous, c'est important que ça se termine.

Une citation de :Marcel Groleau, président de l'UPA

M. Groleau veut notamment savoir si Exceldor a tout fait en son pouvoir pour éviter les euthanasies décriées ces dernières semaines, autant par les éleveurs, les éleveurs que la classe politique.

L'UPA rappelle que l'avis de grève avait été soumis dès le 9 mai et que le conflit de travail était prévisible. Marcel Groleau veut savoir si la coopérative avait un plan de contingence afin d'éviter pareille situation.

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