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L’éducation sexuelle sur les ondes radio d’une communauté autochtone

Un micro de radio

Les élèves de 9e année de la Première Nation de Sandy Lake ont reçu des cours d'éducation sexuelle via les ondes radio cette année.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La Première Nation de Sandy Lake, dans le Nord de l’Ontario, a dû pivoter et offrir les cours d’éducation sexuelle à ses élèves du secondaire via les ondes radio cette année.

Chaque année, l’école secondaire Thomas Fiddler Memorial de la Première Nation de Sandy Lake, offre une série de conférences aux élèves de 9e année pour enrichir les cours d’éducation sexuelle.

L'enseignante Cleopatra Kierstead, chargée d’organiser les conférences, demandait généralement à une infirmière de la région de venir parler aux élèves.

Mais en raison de la fermeture des écoles causées par la pandémie, ces conférences ont dû être annulées.

Après quelques séances de réflexion avec le poste de soins infirmiers local, Mme Kierstead a mis en place une émission de radio spéciale sur le sujet de l’éducation sexuelle.

Une femme devant un mur de ballons de couleurs.

Cleopatra Kierstead est enseignante à l’école secondaire Thomas Fiddler Memorial de la Première Nation de Sandy Lake.

Photo : Avec l'autorisation de Cleopatra Kierstead

La diffusion a touché trois domaines d'intérêt : le développement humain, la santé sexuelle et les infections transmissibles sexuellement et le consentement.

Elle a été diffusée pendant trois jours et animée par une infirmière de santé publique locale.

Nous nous sommes demandé 'comment pouvons-nous diffuser cette information, non seulement pour nos groupes de 9e année, mais aussi à une plus grande échelle?' alors nous nous sommes tournés vers la radio, explique Mme Kierstead.

Nous constatons différents problèmes chez les jeunes, par exemple : ils sont debout toute la nuit et dorment toute la journée. Ou bien, en raison de tout le temps qu'ils ont à leur disposition, ils passent du temps en ligne et voient des contenus qu'ils n'ont peut-être jamais vus, indique-t-elle.

Je reçois donc beaucoup de questions de la part de mes élèves sur l'identité sexuelle, ce que cela signifie, vous savez, ici dans une communauté des Premières Nations. Et le fait d'être bispirituel et d'explorer leur identité en général. C'est très intéressant, je dirais, ajoute-t-elle.

L’éducation sexuelle en oji-cri

Pour que tous les membres de la communauté puissent l'écouter, l'émission a été traduite en oji-cri par le directeur adjoint de la santé de la Première Nation, Ambrose Fiddler.

La traduction des termes liés à la santé sexuelle, notamment de l'anglais vers le oji-cri, pouvait parfois être un peu délicate en raison de la nature descriptive de la langue, explique M. Fiddler.

Il affirme qu'il s’est assuré de prendre des précautions supplémentaires pour que l'information ne paraisse pas explicite.

J'ai tendance à faire un peu plus attention à la façon dont je traduis les choses lorsqu’on parle de sexualité, notre langue est descriptive par nature, indique-t-il.

C'est l'un des défis à relever pour tout ce qui concerne la sexualité ou l'éducation sexuelle, la plupart des gens ont tendance à s'en écarter, ajoute M. Fiddler.

Une initiative qui aide les parents

Les réactions de la communauté, y compris des parents et des élèves de l'école, ont été encourageantes selon Mme Kierstead

Selon elle, certains parents étaient un peu soulagés de voir l'émission diffusée, car ils ne se réjouissaient pas nécessairement à l'idée de faire cette présentation à leurs adolescents.

Cherish Kakegamic, une mère de la communauté, a affirmé que la diffusion du programme d'éducation sexuelle a permis d'atténuer le stress lié à l'obligation d'aborder le sujet avec sa fille de 9e année.

Il est assez difficile pour les parents de parler de ce sujet avec leurs enfants.... Je sais qu'il y a beaucoup de parents qui ne parlent pas de sexe et de santé, de sécurité, de protection et de respect de son corps, explique-t-elle.

Une mère et sa fille ont une discussion sérieuse.

Plusieurs parents de la communauté ne se réjouissaient pas de devoir faire la présentation de concepts d'éducation sexuelle à leurs enfants.

Photo : iStock / DragonImages

Le fait que ce soit à la radio a été très utile, croit Mme Kakegamic.

Si les limites imposées par la pandémie sont à l'origine de l'idée, Mme Kierstead espère que l'émission de radio pourra être poursuivie même après la fin de la pandémie et le retour des élèves dans les salles de classe.

L'idée est partie d'une petite graine, puis elle s'est développée et nous nous sommes dit : "Vous savez, ça ne durera peut-être qu'une heure" , puis ça a fini par durer trois jours parce qu'il y a tellement de contenu, se réjouit-elle.

Avec les informations de CBC, et Sam Juric

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