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Mieux saisir la réalité des victimes d’abus sexuel

Un garçon devant un ordinateur se cache le visage.

Les victimes d'actes pédosexuels souffrent de la prolifération sur le web de ces images.

Photo : iStock

Le Centre canadien de protection de l’enfance lance une nouvelle mouture de son enquête internationale auprès de victimes d’abus pédosexuels avec prise d’images partagées sur le web notamment, cinq ans après la première version de l'enquête.

Ce n’est pas toujours facile pour les victimes, les survivants et les survivantes d’en parler. On a jugé bon de simplifier l’enquête pour leur permettre d’en parler plus librement. Aussi, plusieurs de ces victimes-là [qui ont répondu au sondage en 2017 NDLR] sont devenues adultes aujourd’hui. Elles ont peut-être un éclairage différent à apporter à leur vécu, explique le porte-parole du Centre canadien de protection de l’enfance (CCPE), Robert Morin.

Lors de la première version de l’enquête, 150 personnes avaient participé à travers le monde. Le formulaire était resté disponible les années suivantes, et une centaine d’autres témoignages avaient été recueillis.

Cette fois-ci, le CCPE vise à en obtenir plus et donner un plus grand rayonnement international à l’enquête, notamment en offrant le questionnaire en cinq langues. 

L’organisme basé à Winnipeg profite également de ce contexte pour lancer une enquête auprès de leurs proches protecteurs.

Robert Morin explique que ces gens restent aux côtés des victimes et les accompagnent dans le processus de guérison.  Le CCPE cherche à savoir avec cette nouvelle étude comment ils vivent cette situation.

Quels sont les services auxquels ils ont ou n’ont pas accès? Comment pourrait-on faire pour mieux les accompagner, mieux les aider à surmonter ces épreuves-là?

Faire disparaître les images du web

Même si les victimes d’abus pédosexuels avec prise d’images réussissent à se sortir des griffes de leurs agresseurs, le crime peut les affecter psychologiquement pendant des années puisque ces images peuvent continuer de circuler sur le web.

Robert Morin soutient que la première enquête internationale auprès de victimes d’abus pédosexuels avec prise d’images a démontré que 70 % craignent qu’elles puissent être reconnues parce que des gens auraient vu ces images et ça les habite dans leur vie personnelle, professionnelle ou scolaire.

Résultat, ajoute-t-il, certaines personnes évitent de se présenter en public ou changent notamment d’apparence physique.

Pour tenter de faire disparaître ces images compromettantes, le CCPE a lancé en 2016 le projet Arachnid, pour retirer d’Internet rapidement les images de victimes d’actes pédosexuels.

M. Morin raconte que cet outil a déjà connu du succès. Il peut détecter sur Internet des images déjà signalées ou qui se retrouvent dans les fichiers policiers et envoyer un message automatique au distributeur Internet pour qu’elles soient retirées.

Dans près de 50 % des cas, les images sont effacées dans les 24 heures suivantes, ce qui est une très bonne chose. Mais 10 % des images signalées peuvent rester là pendant 7 semaines.

Depuis le début du projet Arachnid, plus de 127 milliards d’images ont été traitées dont plus de 100 000 images par mois sont détectées. 

Avec les informations de Marie-Gabrielle Ménard

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