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La santé publique fédérale se dote d'une division du renseignement

Des agents surveillent l'entrée de l'institut de virologie de Wuhan, en Chine.

Dans son rapport, la vérificatrice générale a relevé que le système canadien de surveillance des épidémies n’avait pas lancé d’alerte sur la contamination du virus à Wuhan, en Chine.

Photo : Associated Press / Ng Han Guan

Radio-Canada

L’Agence de la santé publique du Canada, vivement critiquée pour sa réponse à la pandémie, a mis sur pied une division consacrée à la sécurité et au renseignement chargée de lancer rapidement des alertes dans l’éventualité d’une future épidémie, a appris CBC.

La création de cette équipe, qui s’inscrit dans le cadre d’une réorganisation de la structure de l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC), fait suite à la publication d’un rapport cinglant de la vérificatrice générale du Canada, Karen Hogan.

Selon des sources gouvernementales au fait du dossier, la pandémie a entraîné l’embauche de personnel supplémentaire et l’ajout de ressources au sein de l’ASPC.

Depuis le début de la pandémie, pas moins de 1000 personnes de tous horizons ont été recrutées par Santé Canada, affirme l’une de ces sources.

L’ASPC a confirmé mercredi soir qu’elle procédait à une réorganisation de ses équipes, sans toutefois dévoiler les détails concernant la nouvelle division du renseignement.

Au printemps, la vérificatrice générale avait conclu que la santé publique fédérale n’était pas suffisamment préparée pour affronter la pandémie de COVID-19.

Dans son rapport, Mme Hogan a indiqué que le Réseau mondial de renseignement de santé publique (RMISP), soit le système de surveillance qui permet d’être à l’affût des épidémies et de la transmission des maladies infectieuses ailleurs dans le monde, n’avait pas lancé d’alerte sur la contamination du virus à Wuhan, en Chine.

D’après la vérificatrice générale, le gouvernement fédéral avait ordonné au RMISP de se consacrer davantage à la surveillance intérieure.

Mme Hogan a aussi reproché à l’agence de santé publique d’avoir apporté des changements qui ont limité la capacité d’action du RMISP à lancer des alertes en cas de pandémie, un service auquel sont abonnés les gouvernements provinciaux et les agences de santé à l'international.

En outre, l’ASPC s’est fait critiquer pour ne pas avoir accordé suffisamment d’attention aux alertes lancées par d’autres agences gouvernementales, notamment la branche militaire des services de renseignement médical.

Wesley Wark, professeur à l'Université d'Ottawa, salue le fait que l'ASPC consacre les ressources nécessaires à la création d'un système de collecte des renseignements. Selon M. Wark, l'un des plus grands spécialistes du renseignement au pays, il s'agit d'une « percée ».

L'ASPC a été « lente » à réaliser qu'il lui fallait « faire les choses différemment à l'avenir », explique-t-il. À la publication du rapport de la vérificatrice générale, l'agence s'était montrée sur la défensive, rappelle M. Wark.

Il faudra que l'ASPC s'attelle à recruter du personnel compétent au sein de sa nouvelle division, dit-il, et qu'elle s'assure de coordonner ses activités avec celles des autres agences de renseignement, au pays comme ailleurs dans le monde.

Le Canada n'est pas le seul pays à voir son agence de santé publique pressée d'améliorer ses pratiques en matière de renseignement sanitaire. L'Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses alliés, comme les États-Unis, le Royaume-Uni et l'Allemagne, travaillent à rendre leur système d'alerte plus rapide.

Nous avons perdu de précieux mois

Aux côtés du premier ministre canadien Justin Trudeau lors d'une réunion au sommet de Bruxelles, la semaine dernière, la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a déclaré qu'il fallait bien plus que des vaccins pour endiguer la crise sanitaire.

Ce dont nous avons besoin à tout prix, a-t-elle dit, c'est « d'une meilleure surveillance » et d'une meilleure préparation « au niveau des infrastructures ».

Mme von der Leyen a appelé la communauté internationale à « travailler ensemble » et à se mettre d'accord pour réformer l'OMS. Nous devons notamment améliorer le système d'alerte et les pouvoirs d'enquête de l'OMS, car nous savons tous que nous avons perdu de précieux mois au début de la pandémie, a-t-elle plaidé.

Deux hommes et une femme en complet portant des masques.

Le premier ministre Justin Trudeau (au centre), en compagnie du président du Conseil européen, Charles Michel, et de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen.

Photo : Associated Press / Francisco Seco

Lors du sommet du G7, le premier ministre Trudeau avait été évasif lorsqu'il a été questionné sur les mesures que son gouvernement entendait mettre en œuvre pour améliorer le système d'alerte en cas de pandémie au Canada.

Il y a beaucoup de choses que le Canada a examinées et sur lesquelles [nous avons] travaillé et nous continuerons à travailler pour nous assurer que les Canadiens sont protégés contre toute future pandémie, avait-il répondu.

En tant qu'hôte du G7 cette année, le Royaume-Uni a fait de la prévention d'une autre crise sanitaire mondiale l'un des principaux thèmes du sommet.

L'un des plus importants conseillers scientifiques du pays, Sir Patrick Vallance, a jugé que l'amélioration des systèmes d'alerte « préventive » devait être au cœur des efforts de reconstruction post-pandémie.

D'après un texte de Murray Brewster, de CBC News

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