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COVID-19 : des problèmes cardiaques chez des jeunes associés à deux vaccins

Des photos de fioles de vaccin juxtaposées.

Les vaccins de Pfizer-BioNTech (gauche) et de Moderna sont basés sur la technologie de l'ARN messager.

Photo : offerte par Pfizer|Eduardo Munoz/Pool/Reuters

Agence France-Presse

Il existe un lien « probable » entre les vaccins contre la COVID-19 de Pfizer et de Moderna et de rares cas d'inflammations au niveau du cœur chez des adolescents et de jeunes adultes, ont estimé mercredi des experts américains, mais les bénéfices de ces remèdes « surpassent » toujours largement les risques encourus.

Les autorités sanitaires américaines travaillent malgré tout à actualiser leurs recommandations pour ces vaccins, notamment en conseillant de suspendre l'administration de la seconde dose pour les personnes développant, après la première, une myocardite, c'est-à-dire une inflammation du muscle cardiaque.

Quelque 300 cas de myocardites et de péricardites (inflammation de la membrane qui entoure le cœur) ont été examinés et présentés à des experts indépendants mercredi, lors d'une réunion du Comité consultatif sur les vaccinations (ACIP).

Il se réunissait sur demande des Centres américains de lutte et de prévention des maladies (CDC), principale agence fédérale de santé publique du pays, qui ont analysé les informations rentrées dans un système public permettant à tout un chacun de signaler des problèmes de santé après une vaccination.

Au 11 juin, 323 cas de myocardites ou péricardites ont été confirmés chez des personnes de 29 ans ou moins vaccinées avec les produits de Pfizer ou Moderna, qui ont en commun de reposer sur la technologie de l'ARN messager.

Aux États-Unis, le vaccin de Pfizer est autorisé dès 12 ans et celui de Moderna à partir de 18 ans pour le moment.

Ces cas sont survenus le plus souvent après la deuxième dose de vaccin, et les symptômes se sont déclenchés en général quelques jours seulement après l'injection.

Parmi ces patients, 309 ont été hospitalisés, et neuf le sont toujours aujourd'hui. En tout, 80 % étaient guéris au moment de leur signalement. Il s'agit en majorité d'hommes (les hommes sont plus affectés par cette maladie en général).

De façon rassurante, les données montrent que les patients guérissent généralement des symptômes et se portent bien, a déclaré lors d'une présentation Tom Shimabukuro, responsable au sein des CDC. Aucun décès n'a été confirmé pour le moment.

148 cas sont toujours en cours d'étude.

Les bénéfices surpassent les risques, selon les experts

Au 11 juin, plus de 50 millions de doses des vaccins de Pfizer et Moderna avaient été administrées à des personnes de 12 à 29 ans aux États-Unis, selon les données présentées pendant la réunion.

Si ces cas semblaient donc très rares par rapport au nombre de personnes vaccinées, leur nombre était toutefois plus élevé qu'attendu pour cette tranche d'âge.

Les données disponibles à ce jour suggèrent un lien probable entre des cas de myocardites et de péricardites et les vaccins à ARN messager chez les adolescents et jeunes adultes, a déclaré Grace Lee, membre du comité des CDC, lors d'une présentation.

Les autorités sanitaires travaillent ainsi à mettre à jour leurs recommandations à la lumière de ces discussions. Pour les personnes qui développent une myocardite après avoir reçu une première dose de vaccin, elles envisagent de recommander de suspendre l'administration de la seconde dose en attendant plus d'informations.

Dans le cas d'une péricardite après la première dose, elles pensent toujours recommander l'administration de la seconde, mais seulement une fois le cœur totalement rétabli. Certains experts indépendants ont toutefois critiqué cette deuxième proposition, l'estimant peu prudente.

Tous les experts ont en revanche exprimé leur accord avec la conclusion des CDC : les bénéfices de la vaccination surpassent toujours clairement les risques, selon des documents publiés en ligne par l'agence.

Par exemple, pour chaque million de garçons de 18 à 24 ans vaccinés, il est estimé que les vaccins permettent d'éviter 530 hospitalisations et trois morts de la COVID-19, alors qu'ils sont susceptibles de provoquer une cinquantaine de cas de myocardites.

Des cas en Israël et en France

Bien que les adolescents et jeunes adultes aient moins de risque de développer des cas graves de la COVID-19, plus de 2600 personnes entre 0 et 29 ans en sont mortes aux États-Unis, selon les données des autorités sanitaires.

Le rapport entre bénéfice et risque pourrait toutefois changer pour certains groupes d'âge à mesure que davantage de cas de myocardites sont analysés, et les CDC ont affirmé qu'ils continuaient à se tenir en alerte.

La myocardite est une maladie rare, dont les experts pensent qu'elle est généralement déclenchée par un virus. Le symptôme le plus fréquent est une douleur à la poitrine, et elle est souvent traitée en administrant des anti-inflammatoires ou en procurant un soutien en oxygène au besoin.

Les premiers cas de myocardites après la vaccination ont d'abord été signalés en Israël, où la campagne d'immunisation a été plus rapide que dans la majorité des pays. Quelques cas ont également été détectés en France.

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