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Frontière : la goutte qui fait déborder le vase pour des familles en Acadie

Une jeune maman et son bébé.

Nadine Richard et sa fille Aimée.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Les nouvelles règles imposées par la Nouvelle-Écosse aux voyageurs qui arrivent du Nouveau-Brunswick continuent de créer des remous des deux côtés de la frontière. Certains citoyens qui disent avoir été bons joueurs jusqu'ici ressentent pour la première fois un sentiment de frustration plus marqué.

Cette enseignante de 32 ans, originaire de la Nouvelle-Écosse, a déménagé au Nouveau-Brunswick il y a cinq ans, pour suivre son mari. Sa famille, qui habite toujours en Nouvelle-Écosse, n’a pas encore rencontré sa fille Aimée, née il y a six mois.

Nadine Richard devait aller rejoindre sa famille en fin de semaine, enfin. Son père, atteint du cancer, souhaitait ardemment rencontrer sa petite fille avant une importante opération, prévue dimanche.

L’épicerie était faite, le Airbnb réservé et les valises étaient prêtes dans le corridor.

Les cadeaux de Noëls étaient emballés et prêts à être donnés, même avec beaucoup de retard.

Puis, mardi, la Nouvelle-Écosse fait volte-face. Plus possible pour Nadine et sa petite famille de vivre enfin les retrouvailles espérées depuis des mois.

À savoir juste quelques heures avant qu’on ne puisse plus y aller, surtout qu’il n’y a pas eu de changements, sauf qu’il y a moins de cas [de COVID-19], c’était vraiment plate, dit Nadine Richard.

On s’est senti très compréhensif [des consignes sanitaires] jusqu’à hier. À partir d’hier, on ne comprend plus. C’est très décevant.

Une citation de :Nadine Richard

C’est le cas de Nadine Richard. J'ai pleuré quand j'ai appris ça, dit-elle.

La famille a au moins pu obtenir un remboursement pour leur Airbnb. On a été chanceux, je sais qu’il y a beaucoup de personnes que ce n’était pas la même situation, dit Nadine.

Une décision qui passe moins bien

Lorsqu’elle a entendu le point de presse du gouvernement néo-écossais lundi, Nadine Richard s’est dite extrêmement fâchée.

On dirait que ça ne sentait pas que c’était une décision prise pour la santé des gens, comme les autres fois. On ne comprend pas exactement pourquoi. Ça sentait louche cette fois ici. On est frustré, dit-elle.

Je sais qu’on n’est pas les seuls dans cette situation-là. Je sais qu’il y a beaucoup de monde qui est très déçu. Ça fait mal.

Une citation de :Nadine Richard

Le père Mme Richard ne pourra donc pas voir Aimée avant son opération, ni après puisqu'il sera par la suite hospitalisé. Les règlements des hôpitaux ne permettent pas de visiteurs provenant de provinces extérieures.

Mon père est tellement déçu. Ma famille est tellement déçue. On était tellement déçu, c’est sûr, dit Nadine Richard.

Une maman et un bébé regardent un monsieur âgé sur ordinateur portable.

Nadine se dit très proche de sa famille. Avant la pandémie, elle se rendait en Nouvelle-Écosse de quatre à cinq fois par année. Maintenant elle doit se contenter de parler à ses proches sur son ordinateur.

Photo : Radio-Canada

Elle ajoute que si elle n’avait pas de bébé, elle se serait jointe aux manifestants qui ont bloqué l'autoroute cette semaine. Les autres fois que j’ai entendu des manifestations, je n’étais pas vraiment d’accord, mais cette fois-ci, ce n’est pas la même situation on dirait. Je suis complètement d’accord avec ce qu’ils font. J’aimerais être là, honnêtement, dit-elle.

Selon Nadine Richard, le gouvernement néo-écossais a pris la mauvaise décision. Je ne crois pas qu’il l’a pris pour les bonnes raisons, lance-t-elle.

La jeune maman souhaite maintenant que le premier ministre Iain Rankin change d’idée, mais demeure sceptique face à cette éventualité.

En matinée, mercredi, le premier ministre de la Nouvelle-Écosse a pour sa part demandé aux gens d’être patient.La priorité doit être la sécurité, dit-il.

Iain Rankin dit comprendre la déception des gens, mais rappelle qu’il ne s’agit que d’une semaine supplémentaire. Selon lui, cette semaine supplémentaire permettra à davantage de Néo-Écossais de se faire vacciner.

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