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Une nouvelle découverte sur les tyrannosaures au musée Royal Tyrrell de l’Alberta

Le paléontologue François Therrien regarde des os mandibulaires de tyrannosaure.

Le paléontologue François Therrien a profité de la pandémie et de la fermeture des musées pour se consacrer à ses recherches sur les tyrannosaures.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Evelyne Asselin

Selon le paléontologue François Therrien du musée Royal Tyrrell, la mâchoire et les dents des tyrannosaures évoluent grandement durant sa croissance pour atteindre la maturité à l’âge de 11 ans.

Les musées ont dû fermer leurs portes durant la pandémie à cause des mesures sanitaires, mais cette fermeture n'a pas eu que des conséquences négatives. Le paléontologue François Therrien du musée Royal Tyrrell a pu se consacrer à ses recherches sur les tyrannosaures. Il a entre autres découvert que c’est à l’âge de 11 ans que ceux-ci devenaient les terrifiants prédateurs que l’on connaît.

On voit que chez les petits individus, la force de la morsure est très faible, typique de ce que l’on voit des dinosaures carnivores de même taille comme les raptors, les vélociraptors ou des petits allosaures, explique le chercheur. On voit aussi que leurs dents sont très aiguisées, très affilées comme des lames de couteaux, donc ça nous dit que ces animaux-là déchiquetaient ou déchiraient à travers la chair. Mais quand on arrive à des individus d’environ 11 ans, c’est là qu’on voit de grands changements morphologiques. On voit que leurs dents deviennent beaucoup plus grosses, plus épaisses, typiques des dents de tyrannosaures adultes, mais aussi on voit que leur force de morsure augmente dramatiquement débutant environ à l'âge de 11 ans de sorte que la force de la morsure d’un tyrannosaure est beaucoup plus élevée que la force de morsure de tout autre tétrapode qui n’a jamais existé.

Ce n’est donc qu’à partir de l’âge de 11 ans environ, que le tyrannosaure était en mesure de s’attaquer à des proies coriaces comme les dinosaures à bec de canard ou à corne. Avant cet âge, celui-ci devait vraisemblablement s’en tenir à de petits lézards et autres plus petites proies pour se nourrir, croit le paléontologue.

Une partie d'une mâchoire recomposée de tyrannosaures où l'on peut clairement voir des dents pointues.

Selon le paléontologue François Therrien, les dents des jeunes tyrannosaures comme celui-ci étaient très aiguisées pour lui permettre de déchiqueter ses proies.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Une collection unique

Cette découverte a été rendue possible grâce à l’étude de 39 spécimens âgés de 3 à 20 ans de deux espèces de tyrannosaures présentes en Alberta : les gorgosaures et les albertosaures.

Selon François Therrien, ce type d’étude sur la croissance d’une espèce de dinosaure, c’est quelque chose qu’on ne peut pas faire quand on n’a pas un registre complet de fossiles comme on a ici [au musée Royal Tyrrell]. On est capable d’aller dans les détails et déterminer un point précis, à quel âge est-ce que la transition d'être un petit prédateur à être un gros prédateur au sommet de la chaîne alimentaire, à quel point cette transition-là avait lieu.  Le musée Royal Tyrrell possède l’un des registres les plus complets de fossiles de ces dinosaures au monde.

Les visiteurs peuvent d’ailleurs voir un squelette presque entier d’un tyrannosaure d’environ 11 ans dans la grande salle d’exposition.

Reprise des activités

Une famille de deux enfants et deux adultes se tient devant le panneau d'entrée du musée Royal Tyrrell de l'Alberta

La famille Paquette est bien heureuse de la réouverture des musées en Alberta.

Photo : Radio-Canada / Evelyne Asselin

Le musée a rouvert le 10 juin. Ses portes sont ouvertes de 10 h à 17 h jusqu'à la fin du mois et de 9 h à 21 h en juillet. L’achat de billets en ligne est fortement recommandé pour tout l’été malgré la levée des restrictions le 1er juillet. Le port du masque et la distanciation ne seront plus obligatoires à cette date, mais le musée indique que son protocole de nettoyage demeurera en vigueur pour assurer une visite sécuritaire.

Les activités éducatives comme les camps d’été reprennent aussi du service en juillet. Pour les intéressés, il reste encore des places pour les paléontologues en herbe. Les découvertes de François Therrien y seront d’ailleurs à l’honneur.

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