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Déménagement : Montréal est prête à venir en aide à ceux qui n'auront pas de logement

De nombreux objets encombrants sont laissés sur les trottoirs montréalais en ce 1er juillet.

L'Office municipal d'habitation de Montréal s'attend à recevoir plus de 1000 demandes d'aide cette année.

Photo : Anne-Louise Despatie

La Ville de Montréal mobilise davantage de ressources cette année pour venir en aide au nombre croissant de personnes et de familles qui n’auront aucun logement où emménager le 1er juillet prochain en raison de la rareté des logements et de la flambée du prix des loyers.

Comme elle l’a fait l’an dernier, l’administration municipale mettra plusieurs services à la disposition des gens qui n’auront pu se loger au 1er juillet. Et cette année encore, les personnes dans cette situation ou qui craignent de n’avoir nulle part où aller le mois prochain sont invitées à composer le 311 pour obtenir dès maintenant de l’assistance des autorités municipales.

En collaboration avec une quinzaine de partenaires, l’Office municipal de l’habitation et la Ville de Montréal offriront divers services comme de l’aide à la recherche de logements, de l’hébergement d’urgence dans des hôtels, des espaces d’entreposage temporaire ainsi que de l’aide au déménagement.

Cette année, tous les arrondissements offriront des possibilités d'entreposage temporaire aux locataires sans logement.

Autre nouveauté, la Ville a mis au point un partenariat avec le gouvernement du Québec pour réserver à l’avance des logements qui peuvent bénéficier du programme de subvention au loyer (PSL), afin de les offrir sans attendre aux ménages dans le besoin.

Une cinquantaine de logements sont prêts à accueillir des ménages une fois qu’ils seront qualifiés pour le PSL. Ça va être beaucoup plus rapide cette année. On va éviter de perdre du temps avec l’hébergement trop long de certaines personnes qui pourraient tout de suite aller en logement, explique Robert Beaudry, responsable de l'habitation au comité exécutif de la Ville.

Demandes d'aide

Cette année encore, la ligne 311 sera la porte d’entrée principale pour accéder à ces services, a réitéré Robert Beaudry. Selon lui, environ 400 personnes ont déjà contacté l’Office municipal d’habitation de Montréal (OMHM) pour obtenir de l'aide.

Un logement à louer.

Le prix de loyers atteint des sommets inégalés à Montréal.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

La Ville, qui a reçu l’an dernier environ 800 demandes d’aide au logement, prévoit d'en recevoir plus de 1000 cette année.

L’Opération 1er juillet, c’est de s’assurer de ne laisser personne derrière.

Une citation de :Robert Beaudry, responsable de l’habitation au Comité exécutif

En prévision de l’augmentation anticipée des demandes d’aide cette année en raison notamment de la pandémie, mais aussi de la crise de l’abordabilité des logements qui sévit à Montréal, le budget du Service de référence de l’Office municipal d’habitation de Montréal a été augmenté d’un million de dollar par an pour mieux répondre à la demande.

Une situation exceptionnelle, dit le FRAPRU

Selon une compilation effectuée par le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU) en date de mercredi, au moins 340 ménages ayant demandé de l’aide auprès des services mis en place par différentes municipalités n’ont toujours pas trouvé de logement à l’approche du 1er juillet.

En entrevue, Véronique Laflamme, porte-parole du FRAPRU, précise que parmi ces ménages, 84 vivent à Montréal.

C'est très rare que dans un contexte où le taux d'inoccupation est très près de l'équilibre, autour de 3 %, il y ait autant de ménages en difficulté. D'ailleurs, le nombre de ménages locataires ayant fait appel aux services d'aide a augmenté par rapport à l'an passé, alors que l'an passé, il avait déjà doublé comparativement à l'année précédente!

On le sait, les loyers ont explosé à Montréal, et le loyer des logements disponibles est hors de prix pour une bonne partie des ménages locataires montréalais, dont le revenu médian est, rappelons-le, de 39 000 $, précise Mme Laflamme.

Cette situation vient démontrer, selon elle, la déconnexion entre les besoins du milieu et le marché privé. À cela, dit-elle, il faut ajouter les évictions illégales des logements. Les gens qui sont évincés de logements ne peuvent plus se reloger, puisque les prix sont trop élevés, dénonce la porte-parole.

Une clientèle variée

Qui se retrouve sans logement? À première vue, on pense tout de suite à des personnes issues de milieux défavorisés, mais ce n’est pas le cas, souligne Robert Beaudry.

Robert Beaudry, assis derrière un micro et les mains jointes durant une conférence de presse.

Robert Beaudry, le responsable de l'habitation au comité exécutif de la Ville de Montréal.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Ça touche tout le monde en fait. On a toujours l’impression que le 1er juillet, ce sont des personnes plus vulnérables, explique-t-il. Mais avec la crise de l’abordabilité actuelle, ce sont des drames que vivent les familles, des personnes de la classe moyenne ou des personnes seules.

Les personnes âgées aussi, qui ont vécu plusieurs années dans un logement à un prix abordable et qui ont été victimes de rénoviction. Ce sont des drames humains, ajoute-t-il.

Selon M. Beaudry, il est vrai que la disponibilité de logements augmente sur papier à Montréal, notamment en raison des logements qui étaient loués pour de courtes périodes, par exemple des chambres pour étudiants ou travailleurs étrangers, et qui ne le sont plus à cause de la COVID-19.

Mais, précise-t-il, ce type de logement n’est pas accessible aux familles et aux ménages qui ont besoin de logement permanent à prix abordable.

Des logements il y en a, mais ils ne sont pas accessibles pour M. et Mme Tout-le-Monde. Ils sont à un prix exorbitant qui fait en sorte que les familles, les ménages de classe moyenne, ne peuvent pas les acquérir. C’est pour ça qu’on parle d’une crise de l’abordabilité.

Une citation de :Robert Beaudry, responsable de l’habitation au Comité exécutif
Une femme et deux enfants montent un escalier derrière une pancarte de logement à louer.

Les grands logements se font de moins en moins accessibles pour les familles, qui doivent consacrer une partie de plus en plus importante de leurs revenus disponibles seulement pour se loger.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Loyers exorbitants et discrimination

Quiconque a cherché un logement cette année dans la région de Montréal l'aura constaté : en plus de se faire plus rares, les logements convenables, notamment pour les familles, atteignent des prix jamais vus, souvent plus élevés chaque mois que le coût d'une hypothèque en banlieue.

Pour un 4 ½ dans le Grand Montréal, il faut s’attendre à payer plus de 1500 à 1600 $ par mois. Il faut avoir les revenus suffisants, déplore Maxime Roy-Allard, porte-parole du Regroupement des comités logement et associations de locataires du Québec.

Qui plus est, la demande pour les grands logements étant forte actuellement, les familles qui ont de jeunes enfants sont aussi parfois discriminées au profit de locataires seuls ou de couples sans enfants.

Il y a beaucoup de discrimination qui est faite quand on a de jeunes enfants, précise M. Roy-Allard. Pour une famille, trouver de grands logements, c’est vraiment une course à obstacles. Très peu de grands logements sont disponibles.

Bien que l’administration municipale se soit donné pour objectif de briser le cycle des crises du logement en investissant dans l’habitation sociale, elle ne peut y parvenir sans l’aide des gouvernements provincial et fédéral avec lesquels elle partage cette responsabilité. Ce qui fait que Robert Beaudry réitère ses appels à Ottawa et Québec pour des investissements accrus dans le logement social.

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