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Des camionneurs coincés à la frontière et à bout de patience

Un camion et un agent de police.

La circulation est interrompue dans les deux sens, sur la route 104, mercredi.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

L’Association du camionnage des provinces de l’Atlantique dénonce le blocage de la Transcanadienne, causé par une manifestation contre les mesures à la frontière. Les pertes financières et les délais causés par cette manifestation sont déjà significatifs.

La situation est grave, affirme son directeur général de l'association, Jean-Marc Picard.

Ils ont laissé cinq camions passer dans les derniers 12h. C’est ridicule, cinq. Ça devrait être 500.

Une citation de :Jean-Marc Picard, directeur général de l’Association du camionnage des provinces de l’Atlantique

Ce dernier a reçu de nombreux appels de camionneurs dépassés par les événements, depuis mardi soir.

Il y a beaucoup de stress dans l’industrie en ce moment, dit-il. On est à un moment très critique dans la situation.

Jean-Marc Picard en entrevue

Le directeur général de l’Association du camionnage des provinces de l’Atlantique, Jean-Marc Picard (Archive).

Photo : Radio-Canada

Des centaines de camions sont encore bloqués sur la route 104, mercredi en fin d'après-midi.

Alors que plusieurs se sont stationnés sur le bord de la route, d’autres ont rebroussé chemin et se sont dirigés à Amherst, en attendant un dénouement.

Une congestion de la circulation dans la ville y a d’ailleurs été signalée, mercredi.

Pertes financières et délais importants

Fruits de mer, produits frais pour les épiceries, propane, médicaments pour les pharmacies et même du sang.

La liste de produits qui peuvent se gâter si les camions frigorifiques ne peuvent pas se rendre à destination ou s'ils manquent de carburant est longue.

À elle seule, la Nova Scotia Seafood Alliance, compte onze de ses camions sur les lieux avec des cargaisons dont les valeurs oscillent entre 400 000 $ et 900 000 $.

Mehdi Golgoli, café en main, interviewé à côté d'un camion-remorque.

Le camionneur Mehdi Golgoli, de Toronto, déplore le blocage de la Transcanadienne.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Steinbach

En plus de risquer d’énormes pertes financières, la manifestation provoque des délais de livraison au Canada.

C’est une artère de l’infrastructure très importante qui connecte l’Atlantique au port de mer, au marché cible au nord des États-Unis et au Canada central, explique Jean-Marc Picard. L’impact est sévère, en ce moment.

Le moral des camionneurs au plus bas

Selon Jean-Marc Picard, le blocage de la Transcanadienne est la goutte qui fait déborder le vase pour ces travailleurs essentiels de l’Atlantique.

Des camions à l'arrêt sur une route.

Des camionneurs sur la route 104, mardi soir.

Photo : Radio-Canada / Jonathan Villeneuve

On vient d’avoir une année d’enfer à cause de la pandémie , rappelle-t-il.

On travaillait jour et nuit. On était stressé d’aller dans des régions avec un haut volume de COVID-19. Là, on arrive vers la fin et ceci arrive… Comment pensez-vous que ces gens là se sentent ? Ils sont au bout de leurs cordes, affirme Jean-Marc Picard.

C’est vraiment dommage parce que cela punit des gens qui n’ont rien à voir avec la décision de la province. Zéro

Une citation de :Jean-Marc Picard, directeur général de l’Association du camionnage des provinces de l’Atlantique

De plus, les camionneurs doivent respecter les règlements sur les heures de conduite et de repos, et le blocage de la Transcanadienne modifie leur nombre d’heures passé sur la route.

La solution passe par Rankin, dit Picard

Le premier ministre de la Nouvelle-Écosse Iain Rankin.

Mercredi, le premier ministre Rankin a qualifié d’inappropriée la manifestation sur la Transcanadienne. « Il s’agit ici de manifester ouvertement contre les restrictions sanitaires », a-t-il dit.

Photo : Radio-Canada

L’Association du camionnage des provinces de l’Atlantique espère que le blocage sera levé dans les prochaines heures.

Aux yeux de Jean-Marc Picard, personne ne semble vouloir prendre la responsabilité de la situation sur la Transcanadienne.

Je pense que c’est vraiment le premier ministre Rankin qui devrait mettre le pied à terre et dire "ok c’est assez, on va amener les négociations ailleurs", affirme-t-il. Il faut que le monde réalise que cela a des impacts, et que c’est grave.

Plus cela dure, plus il y a de risques que quelqu’un ne puisse pas obtenir ce dont il a besoin, a déclaré pour sa part le ministre de la Croissance économique inclusive, Labi Kousoulis. Il faut mettre fin à cette situation le plus rapidement possible.

Dans un communiqué de presse mercredi après-midi, la province a indiqué surveiller de près la situation sur la route 104.

Avec les informations d'Isabelle Arseneau

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