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La Cour suprême américaine donne raison à une meneuse de claque qui avait sacré

Brandi Levy se tient devant son ancienne école, des pompons à la main.

Après avoir gagné sa cause auprès de deux tribunaux inférieurs, Brandi Levy a remporté une victoire décisive devant la Cour suprême.

Photo : Reuters / DANNA SINGER/American Civil Liberties Union

Radio-Canada

Une jeune de Pennsylvanie punie par son école pour avoir tenu des propos vulgaires sur les réseaux sociaux a obtenu gain de cause auprès du plus haut tribunal du pays, qui a invoqué la liberté d'expression.

Dans une décision rendue mercredi à huit juges contre un, la Cour suprême a estimé que l'école secondaire que fréquentait à l'époque Brandi Levy avait violé ses droits liés au premier amendement lorsqu'elle avait décidé de la suspendre de l'équipe de meneuses de claque à la suite d'une brève diatribe au langage coloré, écrite à l'extérieur des terrains de l'école.

Aujourd'hui âgée de 18 ans, Brandi Levy s'était lamentée sur Snapchat de ne pas avoir été retenue dans l'équipe principale de meneuses de claques de l'école Mahanoy Area High School, à Mahanoy, en Pennsylvanie.

Fucking school, fucking softball, fucking cheerleading, fucking everything (hostie d'école, hostie de softball, hostie de meneuses de claques, hostie toute), avait écrit l'élève, qui avait alors 14 ans dans un message envoyé à 250 de ses amis, accompagnée d'une photographie d'elle et d'une de ses amies, les majeurs bien levés.

Les élèves ne perdent pas leurs droits constitutionnels à la liberté de parole ou d'expression même aux portes de l'école, a rappelé le juge Stephen Breyer, citant une décision rendue en 1969.

Il pourrait être tentant de rejeter les mots [de l'élève] comme indignes des solides protections offertes par le premier amendement dont il est ici question. Mais il est parfois nécessaire de protéger le superflu afin de préserver le nécessaire.

Une citation de :Stephen Breyer, juge à la Cour suprême des États-Unis

La Cour suprême n'est cependant pas allée aussi loin que le tribunal d'appel, qui avait jugé que les écoles n'avaient pas d'autorité sur le discours tenu par les étudiants en dehors des campus.

La capacité de l'école à exercer son autorité à l'extérieur de son périmètre demeure, a-t-elle estimé, citant entre autres des formes graves d'intimidation ou de harcèlement.

L'intérêt de l'école à enseigner les bonnes manières n'est pas suffisant, dans ce cas, pour surmonter l'intérêt de B. L. pour la liberté d'expression, a statué le juge Breyer, qui a rédigé la décision de la cour.

L'école elle-même a intérêt à protéger l'expression impopulaire d'un élève, surtout lorsque cette expression a lieu en dehors du campus. Les écoles publiques américaines sont les pépinières de la démocratie, a-t-il déclaré.

Seul le juge conservateur Clarence Thomas a exprimé un avis contraire à celui de la majorité, affirmant qu'historiquement, les écoles pouvaient imposer des mesures disciplinaires aux élèves dans des circonstances comme celles présentées ici.

Dans sa propre opinion écrite, son collègue Samuel Alito, lui aussi nommé par un républicain, a estimé que la décision ne s'étendait pas aux collèges et universités.

Une grande victoire pour la liberté d'expression

L'Association de défense des libertés civiles (ACLU), qui a plaidé la cause au nom de Brandi Levy, a revendiqué une grande victoire pour le droit à la liberté d'expression de millions d'élèves du réseau public d'éducation.

La jeune femme, qui avait également remporté sa cause devant les tribunaux inférieurs, s'est elle aussi réjouie de la décision par voie de communiqué. L'école est allée trop loin et je suis heureuse que la Cour suprême soit d'accord, a-t-elle affirmé.

Les jeunes doivent avoir la possibilité de s'exprimer sans craindre d'être punis une fois à l'école. Je n'aurais jamais pu imaginer qu'un simple message [envoyé sur Snapchat] se transformerait en une cause qui aboutirait devant la Cour suprême, mais je suis fière que ma famille et moi ayons défendu les droits de millions d'élèves de l'enseignement public, a-t-elle poursuivi.

La décision est la dernière en date venant clarifier les droits à la liberté d'expression des élèves des écoles publiques. Aux yeux des experts en matière de premier amendement, la décision, quoique limitée, est importante.

Cela faisait une cinquantaine d'années qu'un élève du secondaire avait gagné devant la Cour suprême une cause liée à la liberté d'expression.

En 1969, la Cour suprême avait autorisé les élèves d'une école de l'Iowa à porter des brassards noirs pour protester contre la guerre du Vietnam.

Avec les informations de Washington Post, CNN, et New York Times

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