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Le terroriste Ikar Mao est libre après avoir déjà purgé sa peine en détention préventive

L'Ontarien avait plaidé coupable à une accusation d'avoir tenté de rejoindre l'État islamique.

Ikar Mao prend une photo de lui avec un téléphone cellulaire.

Le terroriste Ikar Mao est désormais libre après avoir purgé sa peine en détention préventive.

Photo : couchsurfing.com

Jean-Philippe Nadeau

Un juge de Brampton a condamné le Canadien Ikar Mao à 49 mois de prison et à 12 de probation pour avoir quitté le Canada en 2019 dans le but de se joindre au groupe armé État Islamique en Syrie. Mais compte tenu du temps que l'homme de 23 ans a passé en détention préventive depuis son arrestation à son retour au pays, il est libre et peut entamer sa période de mise à l'essai.

Ikar Mao, qui réside à Guelph, en Ontario, avait quitté le Canada à l'été 2019 avec sa femme afin de rejoindre les rangs de l'État islamique en Syrie.

Ils avaient toutefois été interceptés par les autorités turques, si bien qu'ils ne se sont jamais rendus à destination.

Réduction de peine

Ikar Mao a plaidé coupable lundi à un seul chef d’accusation, celui d'avoir quitté le Canada pour perpétrer une infraction au profit d'un groupe terroriste. Les autres accusations de nature terroriste ont été abandonnées.

Il avait été appréhendé à son retour en Ontario le 5 décembre 2019. Il aura donc été détenu de façon préventive durant 18 mois et trois semaines.

Outre les 12 mois de probation, Ikar Mao a été condamné à fournir un échantillon de son ADN aux autorités.

Le juge a tenu compte de deux arrêts des tribunaux dans le calcul de la remise de temps qui est accordé à tout individu accusé d'un crime au Canada, lorsqu'il attend son procès en détention.

Ikar Mao obtient ainsi un répit de 28 mois et demi conformément à l'arrêt Summers et un autre de 18 mois supplémentaire en vertu de l'arrêt Duncan.

Le jeune homme bénéficie enfin de trois mois additionnels pour le temps qu'il a passé en prison en Turquie avant son retour au pays.

Décision du magistrat

Le juge Bruce Durno, de la Cour supérieure de l'Ontario, a expliqué qu'il fallait tenir compte des conditions difficiles que l'individu a endurées en détention au pays, et surtout en Turquie.

Il note à ce sujet que le terroriste a dû changer quatre fois de prison en Ontario, qu'il a été soumis à de fréquents verrouillages en cellule par faute de personnel carcéral, sans compter 15 mois de pandémie dans un milieu propice à la promiscuité.

Le magistrat a aussi tenu compte des arguments de la défense, qui lui a rappelé que son client avait été humilié et insulté en prison par des gardiens et qu'il avait dû conserver la nourriture qu'on lui offrait durant le Ramadan faute de la recevoir conformément à un horaire nocturne.

Des facteurs atténuants

Il a surtout tenu compte de facteurs atténuants dans cette affaire. Il rappelle premièrement que le crime d'Ikar Mao est grave, même si l'individu n'a jamais réussi à se rendre en Syrie.

Le juge Durno rappelle toutefois qu'il a plaidé coupable, ce qui ouvre la voie à sa réinsertion sociale.

Il ajoute qu'un tel plaidoyer lui permet d'éviter un long procès, qui aurait alourdi davantage une administration judiciaire déjà aux prises avec de nombreux reports et retards à cause de la pandémie.

Le magistrat précise qu'Ikar Mao est jeune, qu'il n'a aucun antécédent criminel et qu'il a entamé des études universitaires.

Il souligne enfin que le jeune homme s'est engagé à suivre un programme de counseling auprès d'un imam qui est spécialisé en déradicalisation et qui est associé à la Société John Howard de l'Ontario.

Haleema Mustafa sur une photo de mode.

Haleema Mustafa (archives)

Photo : CBC/Tina Mackenzie

Toutes les accusations semblables déposées contre sa femme, Haleema Mustafa, ont par ailleurs été suspendues à la demande de la Couronne lors de l'audience de mercredi devant le palais de justice de Brampton.

Un communiqué du Service des poursuites pénales du Canada indiquait lundi que la suspension des accusations contre Haleema Mustafa est appropriée dans les circonstances, compte tenu de son rôle, des preuves contre elle et de l'évaluation de la protection de la sécurité publique.

Le juge explique à son sujet qu'elle ne croit pas à la violence, qu'elle n'a jamais voulu participer aux desseins de son époux et qu'elle n'adhère à aucune idéologie subversive.

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