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Conflit chez Exceldor : une rencontre rassurante avec Jean Boulet, estime le syndicat

Des travailleurs en grève tiennent des pancartes et des drapeaux syndicaux dans les airs.

Une proposition de règlement sera présentée aux syndiqués vendredi.

Photo : Radio-Canada

Un mois après le début de la grève à l’usine d'Exceldor à Saint-Anselme, le ministre du Travail Jean Boulet a convoqué les deux parties pour des rencontres séparées mercredi matin.

À sa sortie des rencontres, le ministre a brièvement réitéré que les parties avaient en leur possession tous les outils nécessaires pour régler le conflit et qu'il était reconnaissant de leurs efforts en médiation.

Les représentants syndicaux sur place ont pour leur part affirmé avoir été rassurés par le contenu des échanges.

Le syndicat a toujours cru à la médiation et à la négociation libre et non pas de se faire imposer une loi. Et le ministre nous a confirmé qu’il n’avait pas l’intention de faire une loi spéciale, explique le président de la section locale 1991-P des Travailleurs et travailleuses unis de l'alimentation et du commerce (TUAC), Mario Maisonneuve.

L'après-conflit a également été au coeur des discussions, selon le syndicat. Il reconnaît que les conditions de travail sont difficiles dans cet établissement-là. […] Même après que le conflit soit réglé, le ministre va continuer à nous accompagner pour voir à améliorer les conditions et les relations de travail, affirme la représentante syndicale Anouk Collet.

Jean Boulet assis à la table de presse parle dans un micro.

Le ministre québécois du Travail Jean Boulet a convoqué les deux parties mercredi matin.

Photo : La Presse canadienne / Graham Hughes

Hypothèse de règlement

Cette rencontre survient au lendemain de l'acceptation par le comité de négociation de l'hypothèse de règlement proposée par la médiatrice en chef.

De son côté, la direction analyse présentement l'hypothèse de règlement.

Si la proposition est acceptée par la partie patronale, les syndiqués seront invités à se prononcer vendredi.

Il va falloir qu’il y ait un vote avant que [la grève] cesse. Un vote et une acceptation. Si les gens votent positivement, c’est correct, on arrête tout ça et on regarde le protocole de retour au travail. Et si c’est refusé, ben on continue , ajoute M. Maisonneuve.

Le contenu de l'hypothèse de règlement est confidentiel.

Situation exceptionnelle

Selon Jean-Noël Grenier, professeur en relations industrielles à l'Université Laval, il s’agit d’une situation exceptionnelle. Selon lui, la dernière fois où une rencontre du genre a été convoquée, c’était lors du conflit de travail à l’Aluminerie ABI de Bécancour, qui s’est étendu sur 18 mois, en 2018 et 2019.

C’est l’ampleur de la situation, les conséquences économiques du conflit de travail. Il y a un enjeu économique assez important autour des revenus et de la rentabilité de cette industrie, explique-t-il.

Le pouvoir du ministre est toutefois limité selon lui. Il ne peut pas de lui-même s’imposer et imposer un règlement aux parties.

Manque de concurrence dénoncé

Les conséquences de cette grève qui perdure ont été dénoncées par plusieurs groupes au cours des dernières semaines.

Des propriétaires de petits abattoirs et restaurateurs estiment pour leur part que la situation actuelle prouve le besoin de modifier le système de quotas en place. Selon eux, ce système avantage présentement les grands joueurs et empêche la croissance des plus petits. Dans le secteur de l’abattage, l’ensemble de la croissance du marché est répartie entre les deux géants que sont Olymel et Exceldor , dénonce le président de l’Abattoir Volaille des cantons à Sainte-Hélène-de-Bagot, Martin Dion.

Ces entrepreneurs reçoivent le soutien de plusieurs restaurateurs, comme les gestionnaires des Rotisseries Benny&Co, qui font présentement des pieds et des mains pour s'approvisionner en poulet pendant la grève. Ce qu’on veut, c’est qu’il y ait de la compétition sur le marché et que les restaurateurs et les épiceries aient le choix de faire affaire avec différents joueurs , indique le vice-président aux approvisionnements, Marc-Antoine Benny.

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