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La Cour d'appel de l'Ontario rejette la demande de l'Université Thorneloe

Université Thorneloe en juin.

L'Université Thorneloe faisait partie de la fédération Laurentienne depuis une soixantaine d'années.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

La Cour d'appel de l'Ontario refuse d'entendre la requête de l’Université Thorneloe, qui conteste une décision de la Cour supérieure permettant à l’Université Laurentienne de mettre unilatéralement fin à sa fédération.

À notre avis, il y a un risque qu'un appel soit une distraction aux efforts de restructuration [de l'Université Laurentienne], a tranché la Cour d'appel dans une décision rendue mercredi midi.

Il n'y a pas grand-chose à dire, si ce n'est que l'Université Thorneloe est déçue de la décision et consulte un conseiller juridique sur les prochaines étapes, réagit le recteur John Gibault par courriel. Il a répété par le passé que son établissement ne pouvait survivre sans la fédération Laurentienne.

L’Université Thorneloe était liée à l'Université Laurentienne depuis les années 1960, et dépendait d’elle pour obtenir du financement et pour délivrer ses diplômes. L’Université de Sudbury et l’Université Huntington faisaient également partie de la fédération Laurentienne.

Autre coup dur pour les professeurs

Je ne crois pas que personne ne soit surpris de cette décision-là, mais ça reste évidemment décevant, réagit Guy Chamberland, professeur en Études anciennes à l'Université Thorneloe.

Même si la décision avait été infirmée, nos cours avaient déjà été annulés pour la session du printemps et n'ont pas été annoncés pour la prochaine session, poursuit celui qui travaille au sein de l'établissement depuis 2004.

Je trouve que c'est quand même assez tragique. [...] Plusieurs de nos étudiants étaient les premiers de leur famille à faire des études supérieures. Ça, c'est perdu pour les étudiants qui sont intéressés par nos programmes, qui sont du côté des humanités.

Une citation de :Guy Chamberland, professeur en Études anciennes à l'Université Thorneloe

Son de cloche similaire pour Shana Calixte, qui offrait des cours tels que Cultures féminines, Reproduction et maternité et Sexualités féminines.

On avait des gens qui commençaient à se sentir représentés dans la matière qu'ils étudiaient. Un peu comme moi quand je suis arrivé à l'Université en me demandant comment mon expérience en tant que femme noire queer pouvait être valorisée, raconte-t-elle.

C'est dommage de voir que toutes ces années d'activités académiques, d'implication, d'enseignement, d'apprentissage, de construction de cette communauté ne sont pas d'intérêt [pour l'avenir de la Laurentienne]

Une citation de :Shana Calixte, ancienne chargée de cours à l'Université Thorneloe

Pour Jennifer Johnson, directrice du département d’Études sur les femmes, le genre et la sexualité à l’Université Thorneloe, cet appel refusé représente, en quelque sorte, le dernier chapitre pour la fédération.

Et, ainsi, la perte d'une richesse au sein de la Laurentienne.

On offre vraiment des cours uniques dans l'Université, et on ne peut pas les recréer ailleurs dans la Laurentienne pour l'instant, se désole-t-elle.

Je pense vraiment que les étudiants ont droit à ce type de cours sur des sujets difficiles comme le racisme, la violence faite aux femmes, ajoute Mme Johnson.

Ce ne sont pas des sujets qui sont recouverts de poussière et qu'on sort du placard pour en parler, ce sont des thèmes qui ont affaire avec nos vies maintenant dans le Nord de l'Ontario.

La fin de la fédération, une décision chaudement débattue

L'Université Laurentienne a fait part de ses intentions de résilier l'entente de fédération en avril, et y a officiellement mis fin en en mai. L’établissement, qui fait face à des problèmes financiers sans précédent, soutient que l'accord ne lui était pas favorable.

Avant de se tourner vers la Cour d’appel, l’Université Thorneloe a contesté la fin de la fédération devant la Cour supérieure aux côtés de l’Université de Sudbury. Toutes deux soutenaient que l’entente de fédération ne coûtait pas d’argent à l’Université Laurentienne et que celle-ci tentait plutôt d’éliminer un compétiteur.

La Cour supérieure a toutefois tranché que la fin de la fédération pourrait compromettre le plan de restructuration de la Laurentienne et mener à son effondrement.

L’Université de Sudbury, qui vient de nommer un nouveau recteur, a temporairement suspendu ses activités et espère rouvrir en septembre.

L’Université Huntington vient de signer trois nouveaux partenariats éducatifs avec des universités péruviennes. Elle a également cédé son programme de gérontologie à l'Université Laurentienne en avril. L'établissement n'a pas confirmé à Radio-Canada si elle rouvrirait ses portes à Sudbury.

Avec les informations de Bienvenu Senga

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