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Mowgli : le chien qui crée des liens de confiance en thérapie

Le chien donne la patte à un enfant.

Mowgli est un bouvier bernois de 7 ans.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Tanya Neveu

Depuis maintenant 16 ans, l’hôpital de Ville-Marie emploie la seule zoothérapeute de la région.

Élyse Lemire est la seule zoothérapeute reconnue dans l’organisation du Centre intégré de santé et de services sociaux de l’Abitibi-Témiscamingue (CISSS-AT). Elle intervient auprès d’une clientèle âgée entre 0 et 18 ans.

Cette pratique a démontré au cours des dernières années à quel point la présence d’un chien peut créer des liens de confiance rapide entre l’intervenante et l’enfant.

Mowgli est couché par terre sur son côté gauche.

Les enfants deviennent spontanément calmes en sa présence.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Je suis souvent collé avec lui, je joue avec lui, je lui donne de gros câlins, ça fait du bien. Je lui donne des trucs, je me couche sur lui comme un oreiller. Je me sens bien, confortable et plus calme, raconte Chase. L’enfant côtoie Mowgli depuis 5 ans.

Le jeune Chase fait un câlin au chien.

Les enfants développent une belle relation avec Mowgli.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Mowgli appartient à Élyse Lemire. Elle est psychoéducatrice au CISSS de l’Abitibi-Témiscamingue depuis plus de 30 ans. Depuis 16 ans, elle effectue ses interventions auprès des jeunes avec des chiens. Quatre chiens l’ont accompagnée au cours des dernières années.

Moi je suis allée me former comme zoothérapeute. Ils prennent juste des gens qui sont en relation d’aide. On va chercher une formation sur pourquoi utiliser un animal à des fins cliniques, explique Élyse Lemire.

Élyse Lemire regarde la caméra.

Élyse Lemire aimerait voir davantage de zoothérapeutes en Abitibi-Témiscamingue.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Elle a ensuite monté un projet clinique au sein de l’hôpital de Ville-Marie. Son chien l’accompagne alors une demi-journée par semaine. Les résultats sont fascinants selon elle. Trois ans plus tard, le chien fait partie de son quotidien.

Moi étant psychoéducatrice, tous les jeunes qui viennent ici, j’évalue la difficulté qu’ils éprouvent et je fais un plan de traitement, un plan d’intervention. Le chien est incorporé dans le plan de traitement, souligne-t-elle.

Lors de notre passage à l’hôpital de Ville-Marie, Chase a montré quelques trucs à Mowgli, comme rester assis, même quand il a une gâterie devant lui.

Si lui il est capable de se contrôler, un humain est capable de se contrôler lui-même, constate Chase.

Ils se sentent compétents, ils sentent qu’ils l’ont, la patente. On travaille l’estime de soi, on travaille l’affirmation. Il y a des gens qui ont de la difficulté à parler fort, à parler la tête haute, à parler avec assurance. Avec le chien, tu dois faire preuve d’assurance, tu lui dis assis, poursuit la psychoéducatrice.

Logo du vidéojournal.

Mowgli : le chien de la zoothérapie

Photo : Radio-Canada

Le lien de confiance

Avec le chien, j’ai vu tout de suite, instantanément, un lien de confiance qui s’établissait beaucoup plus rapidement. Si j’ai un lien de confiance rapide, j’ai comme un lien d’influence. Si j’ai un lien d’influence, l’individu risque de rebondir et de sortir de son impasse ou de la situation d’inconfort dans laquelle il est. J’ai la prétention de penser que le chien est cette puissance-là, note la psychoéducatrice

Lui il me respecte, moi je vais le respecter, lance Benjamin, tout en brossant Mowgli. L’adolescent affirme avoir développé un lien de confiance avec le chien.

Le chien, couché par terre, regarde la caméra la gueule ouverte. Il porte un foulard l'identifiant comme chien de zoothérapie.

La présence de Mowgli donne confiance aux enfants et permet également de développer des sujets de conversation.

Photo : Radio-Canada / Tanya Neveu

Avec l’expérience, la psychoéducatrice s’est aperçue que les résultats cliniques sont surprenants, surtout auprès des clients plus réfractaires à l’approche traditionnelle.

Il y a des enfants, des adolescents que je n’aurais jamais eus si je n’avais pas eu de chien. Je n’aurais pas capté leur attention. Ils sont venus ici parce qu’il y avait une atmosphère plutôt enjouée, où je n’étais pas menaçante ou je paraissais une intervenante différente des autres et peut-être un peu cool, dit-elle en riant.

La présence du chien a notamment permis à la psychoéducatrice de faire des signalements à la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ).

Quand je fais toiletter mon chien, je le fais toiletter avec la coupe bikini. Elle dégage les parties génitales de mon chien pour que ce soit évident. Ça a ouvert des discussions sur l’hygiène, sur l’intimité, ça a ouvert des discussions sur les abus sexuels, j’ai eu des dévoilements d’abus, les abus physiques. Ça m’a permis de faire des dévoilements à la protection de la jeunesse. Je pense que ces dévoilements je les aurais eus beaucoup plus tard que les premières rencontres si ce n’était pas de mon chien, affirme Élyse Lemire.

Élyse Lemire et Mowgli seront en vacances cet été. Pour ce qui est de Benjamin et Chase, il s’agissait de leur dernière visite en zoothérapie.

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