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Michel Venne reconnu coupable d’agression sexuelle

Montage photo avec Léa Clermont-Dion et Michel Venne

Michel Venne et la victime Léa Clermont-Dion.

Photo : Radio-Canada

L’ex-journaliste Michel Venne a été reconnu coupable d’agression sexuelle sur l’auteure et réalisatrice Léa Clermont-Dion mercredi au palais de justice de Québec. Les faits reprochés à l’homme de 61 ans se sont déroulés en 2008, à l'époque où la victime était mineure.

Le juge Stéphane Poulin a qualifié le témoignage de l'accusé d'« invraisemblable ». Le tribunal ne croit pas l'accusé, a asséné le magistrat.

Il a dit avoir relevé plusieurs incohérences dans la version des faits ajustée et calculée présentée par Michel Venne.

À la demande de la poursuite, l’identité de Mme Clermont-Dion, qui était jusqu’ici frappée d’une ordonnance de non-publication, a été levée par le juge Poulin.

Portrait en noir et blanc de Léa Clermont-Dion.

Le juge a accepté de lever l'ordonnance de non-publication portant sur l'identité de la plaignante, Léa Clermont-Dion (archives).

Photo : Bell Média

Les faits reprochés à Michel Venne remontent à 2008, à l’époque où il dirigeait l'Institut du Nouveau Monde (INM), un organisme qu'il a cofondé et qui fait la promotion de l'implication citoyenne dans la vie sociale et démocratique.

Mme Clermont-Dion, alors âgée de 17 ans, avait été appelée à travailler à titre d’assistante de Michel Venne pour l’école d’été de l’INM.

Inspirée par #MoiAussi

Elle lui reprochait de s'être prêté à des attouchements lors d'un déplacement en taxi et à l'issue d'une marche de quelques minutes. En 2017, neuf ans après les faits, Léa Clermont-Dion dénonce son agresseur.

J’ai choisi de m’écouter, de suivre mon instinct malgré l’incertitude, l’inconnu. Inspirée par le mouvement #MoiAussi et des 12 millions de femmes qui ont brisé le silence, j’ai décidé de porter plainte pour une agression sexuelle vécue l’été de mes 17 ans par un homme de pouvoir qui avait l’âge d’être mon père, a réagi Mme Clermont-Dion après le prononcé du jugement.

Aujourd’hui, j’ai 30 ans et je suis ici pour ma fille, pour mon fils et pour les futures générations. Je suis ici absolument libérée d’un fardeau immense qui me pèse sur les épaules depuis trop longtemps.

Une citation de :Léa Clermont-Dion
Michel Venne et son avocate dans les couloirs du palais de justice de Québec.

Lors du procès de Michel Venne (à gauche), son avocate, Me Lida Sara Nouraie (à droite), avait mis en doute le témoignage de la plaignante (archives).

Photo : Radio-Canada / Yannick Bergeron

Le système fonctionne

L’avocat de la poursuite, Me Michel Bérubé, a indiqué que l’issue du procès démontre que le système de justice fonctionne.

Il a fait remarquer que Mme Clermont-Dion avait obtenu justice, et ce, même si les événements remontent à plus de 10 ans et que la preuve reposait essentiellement sur son témoignage.

Lorsqu'on dénonce un abus sexuel, on reprend le contrôle, on reprend le pouvoir. Il y a une équipe qui se construit autour de soi. Donc, j'espère, j'ose espérer que cette cause-là saura encourager les victimes à dénoncer, a commenté Me Bérubé.

Michel Bérubé en entrevue à Radio-Canada à l'intérieur du palais de justice de Québec.

Me Michel Bérubé affirme que le jugement contre Michel Venne démontre que « le système de justice fonctionne » (archives).

Photo : Radio-Canada

Michel Venne sera de retour en cour le 19 juillet. C’est à cette occasion qu’on connaîtra la date des recommandations sur la peine.

Selon Me Bérubé, Michel Venne s’expose à une peine minimale de 45 jours de prison.

Facteurs aggravants

Même si les faits pour lesquels l’homme de 61 ans été reconnu coupable ne constituent pas une agression sexuelle grave, l’avocat criminaliste Charles Côté croit que la poursuite pourra plaider des circonstances aggravantes contre Michel Venne.

C'est une personne en position d'autorité, c'était avec sa stagiaire. Alors à partir de ce moment-là, c'est aggravant, l'âge de la victime par rapport à son âge, a fait valoir M. Côté en entrevue à Radio-Canada.

Avec la collaboration de Marie-Pier Mercier, Geneviève Garon et Pascal Poinlane

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