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La justice américaine bloque des sites web de médias d’État iraniens

Notice des autorités américaines annonçant le blocage d'un site Internet.

Page d'accueil du site de la télévision iranienne en langue arabe Al Alam bloqué par le gouvernement américain.

Photo : via reuters / REUTERS

Agence France-Presse

Plusieurs médias d'État iraniens ou proche du régime de Téhéran ont annoncé mardi que l'accès à leur site Internet avait été bloqué, un message affichant qu'ils avaient été « saisis par le gouvernement » américain.

Les sites des chaînes d'information en arabe Al-Alam et en anglais Press-TV, qui appartiennent au réseau de la télévision d'État Irib, affichaient le même message faisant référence à la saisie de leur domaine dans le cadre de sanctions américaines.

Le message est accompagné des sceaux de la police fédérale et du ministère du Commerce.

Cette action intervient dans le cadre de l'exercice de l'autorité présidentielle face à une menace extraordinaire, selon un des articles de loi cités dans le message.

Le site de la chaîne des rebelles yéménites houthis, al-Masirah, était aussi bloqué avec le même message.

Sur le site de l'aile politique des Houthis, al-Masirah a condamné un acte de piraterie et la confiscation des droits d'auteur par les États-Unis qui intervient sans justification et sans avertissement.

La chaîne a toutefois créé un nouveau site Internet qui était fonctionnel mardi soir.

Plusieurs sites Internet irakiens, dont celui des brigades du Hezbollah, la faction pro-Iran la plus radicale d'Irak, n'étaient plus accessibles mardi et seul s'affichait un message du ministère américain du Commerce.

En octobre 2020 déjà, ce site ainsi que celui d'al-Etejah, la télévision des brigades du Hezbollah, avaient subi le même sort. De même que le site d'al-Noujaba, l'autre grande faction pro-Iran d'Irak.

Ces deux factions, composées de combattants irakiens qui sont entraînés, financés et armés par l'Iran, exercent leurs activités en Irak, mais aussi en Syrie aux côtés du régime de Bachar Al-Assad et du Hezbollah libanais.

Une violation flagrante de la liberté de la presse

Le site de la chaîne télévisée d'opposition du Bahreïn LuaLua TV était aussi bloqué. La chaîne, qui a des bureaux à Londres et à Beyrouth, a fustigé une saisie illégale de son site Internet.

Les autorités bahreïnies accusent les groupes contrôlant la chaîne d'être proches du régime iranien.

Le Bahreïn abrite la cinquième flotte américaine et a normalisé ses relations avec Israël.

Les programmes télévisés d'al-Masirah et de LuaLua étaient toutefois toujours diffusés, selon des journalistes de l'AFP au Yémen et à Bahreïn.

Press-TV a évoqué une apparente action coordonnée sur son compte Twitter, tandis que la télévision d'État iranienne a dénoncé le blocage de médias prorésistance révélant les crimes des alliés des États-Unis dans la région.

Alors que le gouvernement démocrate des États-Unis affirme soutenir la liberté d'expression, en pratique il ferme les médias en soutenant Israël et l'Arabie saoudite, deux alliés historiques de Washington au Moyen-Orient, a ajouté l'Irib sur son site Internet.

Selon la télévision iranienne, les chaînes Palestine Al-Youm, Naba et Al-Kawthar ont également été bloquées.

L'agence Fars, proche des ultraconservateurs iraniens, a également dénoncé une violation flagrante de la liberté de la presse.

L'Iran est sous le coup d'une série de sanctions économiques américaines depuis le retrait de l’ex-président américain Donald Trump en 2018 de l’accord sur le nucléaire iranien.

La République islamique d’Iran est également accusée de soutien à différents groupes armés au Moyen-Orient, comme les rebelles houthis au Yémen ou des milices irakiennes.

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