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Une Albertaine qui a tué son mari violent veut faire réduire sa peine de 18 ans de prison

Helen Doris Naslund a été reconnue coupable l’année dernière d'homicide involontaire pour avoir tué son mari de deux balles dans la tête dans son sommeil en 2011.

Helen Naslund sur une photo non datée avec un se ses petit-fils nouveau-né à l'hôpital.

Helen Naslund sur une photo non datée avec un de ses petit-fils nouveau-né à l'hôpital.

Photo : Women Who Choose to Live/Facebook

Radio-Canada

La décision de réduire ou non la peine de 18 ans d’emprisonnement d'Helen Naslund, coupable d’homicide involontaire pour la mort de son mari violent, sera prise en délibérée par la Cour d’appel de l’Alberta.

La peine a été imposée en octobre 2020 pour des événements survenus le 5 septembre 2011, quand Helen Doris Naslund a tué son mari de deux balles dans la tête dans son sommeil dans leur ferme près de Holden.

Le corps de Miles Naslund, 49 ans au moment de son décès, n'a été retrouvé qu'en 2017, 6 ans après sa disparition. En septembre, cette année-là, Helen Naslund et son fils se sont livrés aux autorités.

Lors de son procès, en mars 2020, le procureur de la Couronne Dallas Sopko et l'avocat de la défense Darin Sprake ont présenté une suggestion commune recommandant une peine de 18 ans de prison. La suggestion a été acceptée par le juge de la Cour du Banc de la Reine Sterling Sandeman.

Une nouvelle avocate pour le processus d'appel

Mais devant la Cour d'appel de l'Alberta, mardi matin, la nouvelle avocate de Mme Naslund a critiqué cette décision, qu'elle a qualifiée de sévère.

Selon Me Mona Duckett, le juge Sanderman n’a pas pris en considération les 27 années d’abus qu'a vécues Helen Naslund aux mains de son mari.

Le juge Sanderman semblait considérer les circonstances de la mort de Miles Naslund à travers des lentilles genrées , a fait valoir Me Mona Duckett. Lors de la condamnation, le juge a par exemple suggéré qu'Helen Naslund aurait pu explorer d’autres options avant de se résoudre à tirer sur son mari, rappelle l'avocate.

Cela ignore la réalité d'une femme battue en région rurale, qui, pendant 27 ans, a toléré et vécu sous une menace constante, a-t-elle déclaré.

L'avocate souligne également que la peine d’emprisonnement de 18 ans, qualifiée de sans précédent par des experts juristes, est presque deux fois le temps infligé aux autres femmes battues au pays.

Une peine justifiée, selon l'avocat de la Couronne

L’avocat de la Couronne estime toutefois que la Cour d’appel doit maintenir la décision du tribunal inférieur.

Me Jason Russell précise que le juge Sanderman était dans ses droits d’accepter la peine recommandée de 18 ans en suggestion commune, et que les critères pour rejeter ce type de demande n’étaient pas atteints.

La peine de 18 ans d’emprisonnement est également justifiée selon lui, compte tenu de la violence du crime.La peine imposée est dans la gamme de celles à la frontière du meurtre au premier degré et l’homicide involontaire, a-t-il précisé devant les trois juges de la Cour d'appel de l'Alberta.

Bien qu’un exposé conjoint des faits entre la Couronne et le Juge de la Cour du Banc de la Reine reconnaisse les abus commis par le mari d'Helen Naslund, Jason Russell indique que certains détails sont manquants.

Par exemple, aucun diagnostic offert par un tiers parti ne vient confirmer qu'Helen Naslund souffrait du syndrome de la femme battue, selon la Couronne.

Un lourd secret de famille

Après avoir tué Miles Naslund, Helen Naslund a caché son corps dans un bourbier avec l'aide de son fils le plus jeune.

La mort de Miles Naslund est restée un secret de famille pendant six ans jusqu'à ce que l'un des autres fils de Helen commence à en parler à un certain nombre de personnes, y compris certaines qui ont contacté la Gendarmerie royale du Canada.

L'histoire d'Helen Naslund a suscité de vives réactions, et une pétition a été lancée par un réseau de soutien appelé Women Who Choose to Live pour tenter de faire réduire sa peine. La pétition a recueilli plus de 23 000 signatures dans le monde.

Avec les informations de Janice Johnston

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