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Des internautes dénoncent un manque de diversité dans la programmation de L’Hôte St-Jean

Jean-Paul Perreault pose devant l'objectif.

Le président-directeur général de L'Outaouais en fête, Jean-Paul Perreault, est étonné des réactions suite au dévoilement de la programmation L’Hôte St-Jean.

Photo : Radio-Canada / Yasmine Mehdi

2Frères, Bleu Jeans Bleu, Steve Veilleux, Boom Desjardins et Arthur L’Aventurier : L’Outaouais en fête dévoilait mercredi dernier sa programmation de L’Hôte St-Jean, regroupant des artistes masculins et blancs. Des citoyens et artistes de la région ont rapidement dénoncé sur Facebook un manque de diversité.

Dans la foulée de l’annonce de la série de spectacles virtuels organisés pour célébrer la Saint-Jean-Baptiste et diffusés du 23 au 28 juin, des commentaires sont apparus sous les publications affichées sur les pages Facebook du Festival l'Outaouais en fête et d’ICI Ottawa-Gatineau.

Parmi la dizaine de messages d’internautes pointant du doigt l’absence de diversité sexuelle et ethnoculturelle chez les têtes d’affiche de L’Hôte St-Jean, l’auteur-compositeur-interprète Mehdi Cayenne écrivait : Un autre festival de l’homme blanc, 45e mouture!

En l’écrivant, c’est pour moi un affranchissement, qui est le fait de pouvoir commenter publiquement sur ces choses-là, fait valoir le récipiendaire de six prix aux galas Trille Or de cette année.

Conscient d’avoir déjà lui-même bénéficié du privilège masculin, du privilège blanc, le Franco-Ontarien aux racines algériennes note qu’il est facile de ressentir très fortement la pression de ne pas critiquer ces systèmes-là.

Toutefois, l’artiste met en garde contre un faux sentiment de bonne conscience en pointant du doigt un événement ou encore des organisateurs en particulier, d’autant plus que Mehdi Cayenne reconnaît avoir déjà été invité à se produire à L’Outaouais en fête.

En fait, c’est plus large que ça. La bonne nouvelle, c’est que ce n’est pas compliqué d'accueillir plus de monde, estime-t-il, croyant qu’il suffit plutôt d’éveiller les esprits pour se rappeler de faire mieux la prochaine fois.

Des réactions qui étonnent Jean-Paul Perreault

Ce n’est pas la première fois que L’Outaouais en fête essuie des critiques quant aux questions de diversité dans sa programmation : son président et directeur général, Jean-Paul Perreault,avait notamment répondu aux questions de Radio-Canada à ce sujet en 2018. Ce dernier qualifie toutefois les commentaires sur la programmation 2021 d’étonnants.

Ce sont des commentaires qui sont faits sans vraiment connaître en profondeur la philosophie de gestion d’Impératif français et de son festival. Mais, néanmoins, nous en prenons bonne note, mentionne M. Perreault. Il précise que les contrats ont été attribués aux artistes en fonction de leur disponibilité ainsi que de la formule de l’événement cette année.

De son côté, la présidente du Conseil de la communauté noire de Gatineau, Aïchatou Touré, comprend ces enjeux. C’est facile de donner des leçons, mais je sais par expérience qu’en ce moment, organiser des festivals, ce n’est pas très facile, fait valoir celle qui s’occupe également de la programmation du Festival Kafé-Karamel, à venir en juillet.

Les festivals devraient représenter cette diversité que nous avons ici, au Québec. Plus le festival est diversifié, plus ça interpelle beaucoup de gens.

Une citation de :Aïchatou Touré, présidente du Conseil de la communauté noire de Gatineau

Le fait qu’il n’y ait pas de diversité ethnoculturelle ne m’étonne presque pas, mais qu’il n’y ait pas de femmes, là, par contre, j’étais très surprise, poursuit Mme Touré.

Or, le président-directeur général de L'Outaouais en fête, Jean-Paul Perreault, rétorque que c’est faux, puisque Brigitte Boisjoli et Silvi Tourigny assureront l’animation des soirées de L’Hôte St-Jean. L’organisation a d’ailleurs partagé une publication sur son compte Facebook à cet effet lundi.

Pour Aïchatou Touré, la clé réside dans le dialogue, mais aussi dans l’inclusion de voix diversifiées à la table des discussions, et ce, peu importe le type d’événement.

Nous avons tous un rôle, à travers les différentes organisations, à jouer pour vraiment donner ce reflet-là à notre société. Je sais que ce n’est pas facile pour tout le monde, mais il faut le faire. On est en 2021, donc, il est temps d'agir et de le faire réellement, concrètement, de passer aux actions, conclut-elle.

Avec la collaboration de Kevin Sweet et Marilou Lamontagne.

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