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La convergence au QUB de Québecor

Les contenus de divertissement et d'information de Québecor convergeraient sur la plateforme QUB d'ici la fin de l'été.

Pierre Karl Péladeau assis, devant un micro.

Pierre Karl Péladeau, président et chef de la direction de Québecor

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

L’annonce est passée quelque peu inaperçue au début du mois. Même les artisans de Québecor semblent peu au fait de ce qui se prépare en coulisses. Pourtant, tous les contenus des divisions du conglomérat médiatique convergeront bientôt vers une seule et même plateforme numérique, sous la marque QUB.

D'année en année, les revenus média – publicitaires notamment – dégringolent dans les rapports financiers de Québecor. De 2015 à 2020, ils sont passés de 964,5 à 650,5 millions de dollars.

Aux dires du professeur en publicité sociale de l’Université Laval et ex-haut dirigeant de l'agence de marketing Cossette, Christian Desîlets, les médias de Québecor ne sont pas sur une trajectoire viable et devaient absolument trouver les moyens de concurrencer les GAFAM [Google, Amazon, Facebook, Apple et Microsoft]. La transformation numérique des médias fait partie des axes de recherche de M. Desîlets.

Les périls qui confrontent Québecor ne lui sont pas uniques. Tous les médias traditionnels qui comptaient sur la publicité n'ont su résister jusqu’ici aux géants du web, qui se sont accaparé la majorité des revenus publicitaires.

D’ici la fin de l’été, la nouvelle plateforme QUB, dont la marque existe déjà pour ses services de radio numérique et de musique en continu, présenterait un fil d’actualité personnalisé des contenus de divertissement et d’information de Québecor sur un site web et une application mobile. Des contenus dits exclusifs seraient offerts en 2022, ce qui pourrait ouvrir la porte à un volet payant.

Une solution à la chute des revenus?

Québecor permettrait ainsi aux annonceurs de tirer le meilleur profit possible de leurs investissements publicitaires grâce à une convergence de son écosystème de 10 chaînes télévisées, de trois journaux, d’une soixantaine de sites web et applications, de 14 magazines et de son réseau d’affichage dans les abribus.

Cette stratégie sera sans aucun doute synonyme d’algorithmes et d’intelligence artificielle pour ajuster les contenus et la publicité en fonction des préférences des utilisateurs – de ce qu’ils aiment ou aiment moins. Le consentement des usagers pour la cueillette de données de première main serait exigé afin de répondre aux préoccupations quant à la vie privée.

Christian Desîlets y voit une façon pour l’entreprise de collecter un maximum de données sur l’ensemble de ses consommateurs et de relier les différentes plateformes pour pouvoir offrir aux annonceurs la possibilité de faire des campagnes beaucoup plus ciblées.

C’est ce que les annonceurs cherchent et trouvent chez les GAFAM, insiste-t-il. Québecor deviendra une alternative crédible.

Au moment où on se parle, Québecor est un modèle déjà dépassé, mais ce qu’elle met en place sera viable pour au moins les dix prochaines années.

Une citation de :Christian Desîlets, professeur en publicité sociale, Université Laval

L'entreprise dirigée par Pierre Karl Péladeau n'a pas répondu à nos questions.

Des modèles d’affaires qui diffèrent

Chez son concurrent Radio-Canada, le porte-parole Marc Pichette explique qu’une stratégie de concentration des contenus sur une unique plateforme personnalisée comme celle de QUB n’est pas dans les cartons. Les annonceurs peuvent y trouver leur compte dans notre univers en fonction de notre propre stratégie, dit-il. Notre structure [à plusieurs plateformes] rend bien justice à l’ensemble de nos offres dans une perspective commerciale.

M. Pichette cite en exemple la création récente de la plateforme Mordu, qui réunit tous les contenus en alimentation [de Radio-Canada] pour assurer leur découvrabilité, ou la plateforme ICI Tou.tv, qui permet de rattraper du contenu télévisuel gratuitement en contrepartie de publicités.

Pour l’expert Christian Desîlets, la structure de l'offre de contenus, ou sa complexité, n’a pas d’importance pour l’annonceur, du moment que la possibilité de rejoindre la cible existe.

Les revenus publicitaires des services français de la société d’État sont demeurés stables ces cinq dernières années, à environ 138 millions de dollars. Soulignons qu’elle récolte aussi des données anonymisées pour analyser sa performance et les comportements des utilisateurs, et présenter les contenus les plus pertinents et des publicités ciblées.

La Presse mise également de plus en plus sur le ciblage publicitaire avec la création de comptes d’utilisateurs depuis l’été dernier, auquel s’ajoutent des contenus commandités.

Les objectifs des médias ne sont pas tous les mêmes et chaque modèle a ses mérites, à condition d'atteindre le seuil de rentabilité. En tant qu'entreprise cotée en Bourse, Québecor fait néanmoins face à un défi supplémentaire, celui de maximiser ses profits et de faire croître la valeur de l'entreprise au profit de ses actionnaires.

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