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Contre le projet de loi 64 : le NPD persiste et signe, en français

Une page Facebook avec une image d'une personne.

Le chef du NPD, Wab Kinew, a fustigé le ministre de l'Éducation du Manitoba qui, dit-il, a accusé les enseignants de diffuser de fausses informations sur le projet de loi 64.

Photo : Page Facebook du NPD

Le Nouveau Parti démocratique (NPD) du Manitoba a organisé lundi soir une rencontre publique virtuelle en français portant sur le projet de loi 64 sur la modernisation de l'éducation. Il y a été question des répercussions possibles de cette réforme sur l'éducation en français dans la province.

D'entrée de jeu, le chef du NPD Wab Kinew, qui menait les débats, a fustigé le ministre de l'Éducation du Manitoba Cliff Cullen pour ses propos tenus récemment au sujet des enseignants. Selon Cliff Cullen, le syndicat des enseignants diffuse de fausses informations sur le projet de loi 64. Le chef du NPD a ajouté que le ministre a qualifié de minoritaires les opposants à la réforme de l'éducation.

Rectificatif : une version précédente du texte indiquait par erreur que la réunion de lundi avait eu lieu mardi.

Il y a deux semaines, nous avons lancé une pétition afin de prouver que tous les parents, éducateurs scolaires et les Manitobains qui sont contre le projet de loi sont majoritaires, a déclaré Wab Kinew.

Wab Kinew affirme que la pétition a permis de recueillir en trois jours plus de 10 000 signatures et que 5000 autres personnes se sont ajoutées à la liste depuis.

Selon lui, près de 4000 pancartes dénonçant le projet de loi 64 ont fait leur apparition devant des résidences à l'échelle de la province.

Adrien Louis Sala, porte-parole des Affaires francophones du parti et député de St. James, a ensuite abordé ce que signifie le projet de réforme pour les familles, les élèves et l'avenir de l'éducation en français au Manitoba.

Les familles de la province sont d'accord pour dire que le projet de loi 64 n'est pas la bonne piste pour leurs enfants, indique le député, qui est également père de deux enfants.

Un homme seul assis.

Adrien Louis Sala, porte-parole des Affaires francophones du NPD et député de St. James.

Photo : Page Facebook du NPD

Les parents et les enseignants veulent de plus petites classes pour que les enfants puissent recevoir de l'aide individuelle. Ils veulent plus d'assistants en éducation et un engagement renouvelé pour l'éducation en français pour toutes les écoles de la DSFM et les autres divisions scolaires, indique-t-il.

Adrien Louis Sala ajoute que le projet de loi 64 donne des pouvoirs très étendus au ministre de l'Éducation au détriment des parents, des communautés et des enseignants.

Il ajoute qu'avec cette réforme, il faut s'attendre à une remise en question de tout le programme d'immersion française, qui est pourtant en forte croissance au Manitoba.

L'éducation en français ne va pas être une priorité pour ce gouvernement, ce cabinet même qui a fait des compressions au Bureau de l'éducation française (BEF) et a enlevé un sous-ministre adjoint francophone au gouvernement, souligne-t-il.

Le regard de deux expertes en éducation

Amalia Zurlolo est née au Salvador. Ses parents sont arrivés au Canada lorsqu'elle avait deux ans. Elle travaille actuellement à la Division de l'éducation permanente de l'Université de Saint-Boniface.

Une femme seule en train de parler.

Amalia Zurlolo estime que le projet de loi 64 va influencer de façon négative l'éducation française au Manitoba.

Photo : Page Facebook du NPD

Comme parent et enseignante, elle se dit préoccupée par le projet de loi 64. Je vois qu'il y a beaucoup de propositions, mais pas de précision et je pense que c'est une grande lacune, note-t-elle.

Elle dit constater un manque de reconnaissance des besoins des enseignants de l'immersion française dans la réforme proposée.

Cela m'inquiète beaucoup parce que si les jeunes voient que la profession d'enseignant au programme d'immersion française n'est pas valorisée, je pense que l'intérêt pour cette profession va diminuer, indique-t-elle. Elle estime que la réforme va aussi influencer de façon négative l'éducation française dans la province.

Je pense que le projet de loi 64 priorise les résultats des tests standardisés et néglige les bienfaits du bilinguisme, dit-elle.

Mariette Ferré, qui cumule plus de trois décennies d'expérience en éducation au Manitoba, dit qu'elle a pris le temps de se pencher en profondeur sur le texte de loi proposé.

Une femme seule assise et portant des lunettes.

Mariette Ferré dit que des recherches ont démontré que la centralisation totale de l'éducation ne fonctionne pas et ne permet pas d'atteindre de meilleurs résultats scolaires.

Photo : Page Facebook du NPD

C'est ma grosse, grosse préoccupation au sujet du projet de loi 64 qui m'a amenée à passer trois jours à l'étudier, explique cette ancienne conseillère pédagogique au BEF. Plus elle lisait le projet de loi, plus elle le trouvait inquiétant, dit-elle.

Selon elle, le projet de loi 64 propose un système d'éducation non participatif qui entraînerait un recul des progrès positifs réalisés en éducation.

Un système d'éducation doit, pour sa réussite, refléter la communauté dont il émane et ce projet de loi ignore tous les progrès qui ont été faits, je dirais depuis les années 60, affirme-t-elle.

L'ancienne éducatrice a également abordé la question des consultations publiques. Je connais surtout les recommandations des commissaires scolaires, des directions générales scolaires, des profs. Ces recommandations ont été, à mon avis, complètement ignorées. Mais on peut dire qu'on les a consultés, souligne-t-elle.

Selon Mariette Ferré, des recherches ont démontré que la centralisation totale de l'éducation ne fonctionnait pas et ne permettait pas d'atteindre de meilleurs résultats scolaires.

À mon avis, c'est plutôt une question de contrôle. Et quelle meilleure façon de contrôler que d'avoir la centralisation totale, note l'ancienne éducatrice.

En voulant défendre son projet de loi, le 14 juin dernier, le ministre a tenté d’apaiser les craintes des Manitobains en affirmant, par exemple, que les enseignants ne seront pas pénalisés pour les mauvais résultats de leurs élèves [...], la nouvelle autorité provinciale ne pourra pas fermer d’écoles sans consulter la communauté [ou encore que] le gouvernement ne nommera pas les directeurs d'école, car ils continueront d'être embauchés par voie de concours et devront être des enseignants certifiés.

Pour contrer les réactions négatives que suscite le projet de loi, M. Cullen a alors annoncé la parution d’un document destiné, dit-il, à rétablir les faits. On peut consulter Facts vs Fiction (Nouvelle fenêtre), en anglais sur le site internet du gouvernement.

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