•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Vague de graffitis dans Saint-Boniface

Un graffiti dessiné sur une maison.

Un graffiti dans le quartier de Saint-Boniface, à Winnipeg, le 18 juin 2021.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

L'ancien édifice de CKSB sur la rue Langevin, le commerce Via Natural Medicine ainsi que la garderie Les Petits génies de la rue Des Meurons ont été la cible de graffitis au cours des derniers jours.

Des graffitis apparus récemment dans le quartier Saint-Boniface à Winnipeg causent de l'inquiétude.

Selon les données du service 311 de la Ville de Winnipeg, il y a une augmentation du nombre de graffitis rapportés en 2021. Du 1er janvier 2021 jusqu’à présent, la Ville a reçu 83 demandes d’aide pour des graffitis dans Saint-Boniface, alors qu’elle en avait reçu 62 pour la même période en 2020.

Sur la rue Des Meurons, la garderie Les Petits génies est une victime récente d’un graffiteur. La garderie n’en est pas à sa première mésaventure, selon la directrice Anick Lia-Pehe, qui affirme qu’un graffiti quasi identique a été réalisé en 2019.

Un graffiti a été dessiné sur le bâtiment d'une garderie de Saint-Boniface en juin 2021.

Ce graffiti a été dessiné sur le bâtiment de la garderie Les Petits génies.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

Le lundi matin, j’ai fait l’ouverture… À ma grande surprise, j’ai vu [le graffiti], j’étais comme : Oh! mais, comment ça, là? Même graffiti, même couleur. Est-ce que la personne nous attend ou tente de nous amener un message? Qu’est-ce qu'ils veulent? C’est la première question que je me suis posée.

Une citation de :Anick Lia-Pehe, directrice de la garderie Les Petits génies

Madame Lia-Pehe s'inquiète du message que cette inscription envoie. Elle espère que le graffiti ne vise pas à intimider le personnel et les enfants du service de garde.

Situé à l’entrée principale de l’immeuble, le graffiti pourrait inciter les enfants à peindre la porte d’entrée avec leurs dessins, comme quoi ça n’envoie pas le bon message aux petits, ajoute Madame Lia-Pehe.

Devant ce lot de graffitis, certains citoyens se questionnent sur les démarches à suivre.

Grag Gardner, qui vit à Saint-Boniface depuis dix ans, affirme que c’est un problème persistant. Peu importe les tentatives de démarches [par la Ville], les graffitis reviennent, affirme-t-il.

Grag Gardner croit que pour combattre ce problème, il faudrait augmenter les pénalités et les peines accordées aux fautifs. Ça nous prend peut-être aussi un "chien de garde" ou un système permettant aux gens de signaler les graffitis qu’ils aperçoivent. Si on ne prend pas la situation au sérieux, les propriétés privées de Saint-Boniface vont perdre beaucoup de leur valeur, dit-il.

Normie, une passante rencontrée dans le quartier et qui n’a voulu être identifiée que par son prénom, croit plutôt que la solution passe par la possibilité de s’exprimer autrement.

Je crois qu’il faut que [les graffitis] soient permis à certains endroits. [...] Ça pourrait être quelque part de central comme à La Fourche. Construire un mur et laisser les gens écrire ou pulvériser leurs idées au sujet de la façon dont ils ont vécu la pandémie de la COVID-19. Il faut leur offrir la chance de faire savoir aux autres qu’ils ne sont pas seuls, dit-elle.

S’ils n’entraînent pas de grands rassemblements, Normie considère que de tels espaces de création pourraient contribuer à une réduction des actes de vandalisme sans générer davantage de transmission de la COVID-19.

Pour Dale Sévigny, qui travaille pour JD Mobile Wash, le problème vient plutôt de la disponibilité des bombes de peinture murale, dont la vente n’est pas suffisamment contrôlée. M. Sévigny, qui a nettoyé de nombreux graffitis au cours de sa carrière, souhaite restreindre l’accès à la peinture.

Il faudrait franchement demander [aux commerçants] de ne pas vendre aux jeunes quatre, cinq canettes de peinture de toutes sortes de couleurs, mentionne-t-il. Dale Sévigny croit que les magasins devraient exercer un contrôle beaucoup plus strict des canettes de peinture qu’ils vendent aux jeunes.

Un service de nettoyage gratuit

Sur son site Internet (Nouvelle fenêtre) (en anglais), la Ville de Winnipeg rappelle qu’elle peut venir en aide aux sinistrés, qui n’ont qu'à composer le 311 pour obtenir un service gratuit de nettoyage de graffitis.

Le site offre aussi des conseils aux propriétaires qui veulent les nettoyer eux-mêmes. Des coupons sont disponibles au quartier général du Service de police. Les citoyens peuvent échanger ces billets contre un contenant de peinture dans un certain nombre de points de vente.

Enfin, la Ville demande aux propriétaires de signaler tout acte de vandalisme en composant le 204 986-6222.

Avec des informations de Charles-Étienne Drouin

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !