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Des survivants du pensionnat Birtle demandent sa démolition

Un bâtiment fait de briques devant un espace gazonné.

Le pensionnat pour les Autochtones de Birtle au Manitoba ravive de mauvais souvenirs à ses survivants.

Photo : Radio-Canada / Heather Reimer

Radio-Canada

Des membres de la Première Nation Birdtail Sioux, au Manitoba, réclament la démolition du pensionnat pour les Autochtones Birtle, situé à environ 25 kilomètres au nord de leur territoire.

Le pensionnat pour Autochtones Birtle a été en activité de 1889 à 1972.

Ce bâtiment ravive de douloureux souvenirs pour la communauté située à près de 100 kilomètres au nord-ouest de Brandon.

Ernest Noel avait 5 ans lorsqu’il a été forcé de fréquenter cette école. Il y a vécu 11 ans.

J’essayais de traverser la cafétéria pour aller voir ma sœur. J’ai été battu. Tu n’as plus de famille. Tu es tout seul, raconte Ernest Noël.

Il affirme qu'il est difficile de se remémorer ces souvenirs, ajoutant qu'il lui est impossible de partager ce pan de sa vie avec ses enfants.

Terrance Wasteste, qui a aussi fréquenté le pensionnat contre son gré, indique que son passage dans l'école l’a empli de colère.

C’est la première chose qu’on voit quand on va au village. J'ai beaucoup de souvenirs. J'ai fait face à de nombreuses choses, notamment la colère.

Un homme de la communauté autochtone Birdtail Sioux devant un vaste espace en milieu rural.

Terrance Wasteste a fréquenté le pensionnat de Birtle.

Photo : Radio-Canada / Riley Laychuk

L’ancien pensionnat Birtle appartient maintenant à des intérêts privés. La Première Nation Birdtail Sioux aimerait avoir un mot à dire en ce qui concerne son avenir.

Terrance Wasteste voudrait voir quelque chose d’autre bâti sur le site, comme un lieu de rencontre.

Compte tenu de la structure du bâtiment, je pense qu’on pourrait construire quelque chose pour aider les gens qui viendraient [...] peut-être un centre de guérison ou une sorte de centre d’information.

Le propriétaire prêt à vendre

Le propriétaire de l’ancien pensionnat Birtle, Dylan LaForte, a indiqué à CBC qu’il était prêt à vendre sa propriété. Il y habite avec sa grand-mère.

Il souhaite ne pas perdre d’argent.

On veut juste récupérer l'argent qu’on a investi dans le bâtiment, sans compter l'argent et les frais de main-d'œuvre qu'on a déboursés pour retirer l’amiante et les débris. On veut obtenir l'argent qu'on a payé pour acheter la propriété ainsi que la valeur de tout ce qui a été volé ou endommagé au cours des années par des entrées par effraction, souligne Dylan LaForte.

Il ajoute que l'acheteur pourra faire ce qu'il veut du bâtiment, y compris le démolir.

Le fédéral ouvert à travailler avec les communautés

Le chef de la Première Nation Birdtail Sioux, Lindsay Bunn, aimerait que le bâtiment soit vendu à la Première Nation ou au gouvernement fédéral.

Lindsay Bunn, un homme de la Première Nation Birdtail Sioux, pose devant une structure de bois dans un espace rural.

Lindsay Bunn a été élu chef de la Première Nation Birdtail Sioux en 2021.

Photo : Radio-Canada / Riley Laychuk

La ministre des Relations Couronne-Autochtones, Carolyn Bennett, a fait savoir que le gouvernement était ouvert à se pencher sur cette question.

Je pense que tout est possible et on va travailler avec la communauté pour voir ce qui est nécessaire pour faire avancer leur vision du processus de guérison.

Carolyn Bennett espère que les propriétaires privés vont comprendre qu’ils font partie de la solution et qu’ils reconnaissent la souffrance ressentie par les communautés autochtones au sujet des pensionnats.

La Première Nation Birdtail Sioux poursuit la construction de son jardin de guérison pour soutenir ses survivants du système des pensionnats pour les Autochtones. 

Bannière-image du dossier.

Avec les informations de Katie Nicholson et Heather Reimer

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