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Syndrome post-COVID : il faut accorder du temps à la rééducation, dit une chercheuse

Une femme fatiguée

On peut comparer le syndrome post-COVID-19 au syndrome de la fatigue chronique, selon la chercheuse postdoctorale et physiologiste de l'exercice de l'Université de Calgary, Rosie Twomey.

Photo : getty images/istockphoto / lolostock

La majorité des personnes qui ont le syndrome post-COVID-19 souffrent d'une fatigue chronique, selon une chercheuse qui juge que la stratégie de rééducation ne doit pas être classique et doit les aider à prendre leur temps.

Sept mois après que Leah Noster a contracté la COVID-19, sa vie n’est toujours pas revenue à la normale. Cette directrice marketing de Calgary, naguère très énergique, présente toujours une liste de symptômes, notamment un essoufflement, une perte de cheveux, des troubles du sommeil, des problèmes de voix et une fatigue extrême.

Je n’arrive même pas à travailler une heure par jour, car j’en suis incapable, dit-elle.

Elle n’est plus capable de faire une promenade en plein air alors qu'avant c’était facile et rapide pour elle. Même lorsqu’elle croit se sentir d’attaque pour laver son appartement ou sa voiture, elle finit par laisser tomber.

Leah Noster en débardeur avec un pansement sur l'épaule, à l'endroit où elle a reçu le vaccin.

Leah Noster a reçu sa deuxième dose du vaccin contre la COVID-19.

Photo : Leah Noster

Environ 1,4 million de cas de COVID-19 ont été recensés au Canada. Le taux précis de personnes infectées qui développeront le syndrome post-COVID n'est pas précisément connu, mais une étude publiée dans Nature Medicine (en anglais) (Nouvelle fenêtre) note que 13,3 % des 4182 participants ont rapporté avoir des symptômes de la COVID-19 plus de quatre semaines après leur infection au virus.

En Alberta, déjà au mois de mai, les centres de physiothérapie de l’Alberta avaient tiré la sonnette d’alarme, car ils disaient faire face à une demande de services accrue occasionnée par des personnes atteintes de la COVID-19 de longue durée.

Accepter cet état est vraiment difficile pour moi.

Une citation de :Leah Noster, personne atteinte du syndrome post-COVID-19

Rosie Twomey, une chercheuse postdoctorale et physiologiste de l'exercice de l'Université de Calgary, essaie de sensibiliser le public à la fatigue chronique et à d'autres symptômes moins connus associés au syndrome post-COVID-19.

C’est très grave, car le niveau de fatigue est comparable à celui des personnes qui ont suivi un traitement contre le cancer.

Rosie Twomey a dirigé une étude (publiée en version préliminaire qui n'a pas encore fait l'objet de révision par les pairs) dans laquelle plus de 200 personnes du Canada, des États-Unis et d'Europe présentant des symptômes de longue durée ont été interrogées.

L'étude a ses limites, car les participants ont choisi eux-mêmes d’y participer, prévient-elle.

Rosie Twomey pose pour la photo.

Rosie Twomey est chercheuse postdoctorale et physiologiste de l'exercice de l'Université de Calgary.

Photo : Rosie Twomey

L'écrasante majorité des personnes qui ont participé à cette étude souffrent de fatigue chronique depuis plus de six mois et jusqu'à un an. C’est au moins aussi grave que la fatigue dans plusieurs autres maladies chroniques, explique-t-elle.

Cette fatigue chronique peut changer une vie.

Une citation de :Rosie Twomey, chercheuse postdoctorale et physiologiste de l'exercice de l'Université de Calgary.

De nombreux répondants ont également connu le phénomène de malaise post-effort, dans lequel les symptômes s'aggravent après un effort physique ou mental.

Il y a assez souvent une tendance à aller immédiatement à l'exercice comme premier point de traitement pour les personnes atteintes du syndrome post-COVID-19, mais selon la chercheuse il est important de faire attention à ne pas aggraver les symptômes en procédant ainsi.

Un impact sur la santé mentale

L’étude reflète aussi ce que la Dre Eleanor Stein, une psychiatre de Calgary, a constaté lorsqu'elle traite des personnes atteintes du syndrome post-COVID-19 dans son cabinet privé.

Ils ont dû quitter toutes leurs activités. Ils essaient vraiment de survivre.

Eleanor Stein pense que ce genre d’étude, qui montre à quel point il est difficile pour les gens atteints du syndrome post-COVID-19 de vivre normalement ou d’utiliser des stratégies de rééducation normales pour aller mieux, est très important.

Pour la chercheuse Rosie Twomey, des essais cliniques seront nécessaires pour déterminer la meilleure façon de traiter le syndrome post-COVID-19. Elle espère néanmoins que ses recherches mettront en évidence la fatigue extrême que ressentent les gens et la nécessité de se concentrer sur la stimulation et la surveillance tout au long de leur rééducation.

Avec les informations de Jennifer Lee

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