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Échauffourées lors du démantèlement d'un campement de sans-abri

Des policiers à cheval

L'équipe d'intervention en matière de sécurité du Service de police de Toronto a dû intervenir lors de l'opération.

Photo : Radio-Canada / Evan Mitsui/CBC News

Radio-Canada

Des dizaines de policiers et d'agents municipaux ont expulsé des sans-abri qui campaient illégalement dans le parc Trinity Bellwoods depuis des mois, mardi matin.

En soirée mardi, la situation était toujours volatile et des activistes occupaient le parc. La situation est rentrée dans l'ordre vers 21 h.

Trois personnes font face à des accusations en lien avec les échauffourées qui ont éclaté lors du démantèlement du camp.

Or, selon des activistes présents sur place, la Ville de Toronto a promis des solutions de logement permanent et abordable pour les sans-abri qui campaient dans le parc Trinity Bellwoods.

Greg Cook, un travailleur de proximité avec Sanctuary Ministries of Toronto, a déclaré à CBC News que l'entente obtenue avec les représentants de la Ville signifie que les sans-abri qui sont toujours dans le parc auront de l'aide particulière.

Celui-ci a ajouté que les sans-abri en question s'affairaient à quitter les lieux mais qu'il ne savait pas quand la situation allait rentrer dans l'ordre.

En entrevue à la CBC mercredi matin, le porte-parole de la Ville Brad Ross a affirmé qu'il n'était pas au courant d'une entente particulière avec les occupants. Toutefois, il a reconnu que les refuges ne constituent pas une solution permanente de logement, ajoutant que les autorités collaboreraient avec les sans-abri pour les aider à se loger et leur offrir des services de santé mentale et de lutte contre les dépendances.

Une situation volatile

Des policiers et des agents municipaux avaient été déployés au parc situé à l'ouest du centre-ville avant 7 h mardi matin.

La Ville a ensuite donné un préavis à la vingtaine de personnes qui y habitent dans des abris de fortune et des tentes de quitter les lieux avec leurs effets personnels.

Des policiers bloquent l'entrée du parc.

Des dizaines de policiers et d'agents municipaux étaient sur place pour l'opération de démantèlement.

Photo : Radio-Canada / Nicolas Haddad

Ces derniers pouvaient remplir deux sacs que les autorités entreposeront pendant un maximum de 30 jours.

Une dizaine de personnes se tiennent par la main autour d'une tente.

Des militants forment une chaîne humaine autour d'abris de fortune.

Photo : CBC/Linda Ward

Cinq ont accepté de partir volontairement, selon M. Ross, mais les autres ont refusé d'obtempérer.

Des militants pour les droits des sans-abri ont formé des chaînes humaines autour d'abris de fortune pour tenter de bloquer les autorités.

Des manifestants ont aussi renversé une portion d'une clôture installée par les autorités, ce qui a mené à une confrontation en début d'après-midi. L'équipe d'intervention en matière de sécurité du Service de police de Toronto y a donc été appelée.

Rétablir l'état du parc

Dans un communiqué, les autorités municipales expliquent qu'elles veulent rétablir l'état du parc Trinity Bellwoods tout en continuant à aider les personnes itinérantes, et elles leur promettent un toit, des repas, des douches et des services d'aide en toxicomanie et en santé mentale.

« Le plus grand service qu'on puisse rendre aux personnes sans-abri est de leur offrir d'être à l'intérieur dans un logis sécuritaire où elles peuvent recevoir l'aide dont elles ont besoin. »

— Une citation de  John Tory, maire de Toronto

Au total, une soixantaine de structures avaient été dressées illégalement dans le parc, selon la Ville.

Manque de logements abordables

Susan Gibson, qui y logeait, se dit troublée par l'approche de Toronto. Elle ne veut pas faire partie du système de refuges pour sans-abri de Toronto.

« Tant qu'on ne nous offrira pas un logement abordable permanent, la meilleure option pour moi [est de dormir dans un parc]. »

— Une citation de  Susan Gibson, une sans-abri de 65 ans

Xiao, une autre sans-abri de Trinity Bellwoods, qui a refusé de donner son nom de famille, affirme que les refuges ne sont pas sécuritaires. Les femmes se font agresser dans le réseau des refuges, dit-elle. On sort de là sans nourriture, ni argent, ni même une couverture.

Les autorités municipales disent faire respecter un avis d'expulsion qui remonte au 12 juin, citant notamment le risque d'incendie lié aux abris de fortune. Il y a eu 114 incendies dans des campements depuis le début de l'année, y compris neuf au cours de la dernière semaine, peut-on lire dans le communiqué municipal.

En février dernier, un sans-abri est mort dans l'incendie de son abri dans le quartier Corktown. Des campements ont aussi été installés aux parcs Moss, Alexandra et Lamport Stadium.

Avec des renseignements fournis par CBC News

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