•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L'archevêque d'Ottawa s'excuse pour le rôle de l'Église catholique dans les pensionnats

L'archevêque catholique Marcel Damphousse appelle également le pape François à s'excuser pour les dommages causés.

L'archevêque dans une église.

L'archevêque d'Ottawa-Cornwall, Marcel Damphousse, s'est officiellement excusé auprès des peuples autochtones pour le rôle de l'Église catholique dans le système des pensionnats du Canada.

Photo : YouTube/Archidiocèse d'Ottawa-Cornwall

Radio-Canada

L'archevêque d'Ottawa-Cornwall, Monseigneur Marcel Damphousse, a présenté lundi des excuses officielles aux peuples autochtones pour le rôle de l'Église catholique dans le système des pensionnats.

Il a également appelé le pape François, le chef de l'Église catholique, représentant environ 1,3 milliard de personnes, à s'excuser également.

Ses excuses sont la plus récente expression de contrition d'un leader catholique canadien depuis que la Nation Tk'emlups te Secwépemc a annoncé la découverte de ce que l'on pense être des lieux de sépulture non marqués de restes d'enfants adjacents à un ancien pensionnat à Kamloops, en Colombie-Britannique.

Elles font suite aux excuses similaires des archevêques de Vancouver et de Regina.

Plus de 150 000 enfants autochtones ont été séparés de leurs familles et forcés de fréquenter des pensionnats à travers le Canada entre les années 1880 et 1996, et beaucoup ont subi de la maltraitance psychologique ou physique ou des abus sexuels. La plupart des écoles étaient gérées par des congrégations catholiques au nom du gouvernement fédéral.

Je présente mes sincères excuses pour l'implication de l'Église catholique dans le système des pensionnats et je prie pour la guérison alors que l'Église au Canada marche sur le chemin de la réconciliation avec les peuples autochtones de notre communauté, a déclaré Mgr Damphousse dans une vidéo publiée sur la chaîne YouTube de l'Archidiocèse à l'occasion de la Journée nationale des peuples autochtones.

J'ajoute ma voix à celles de ceux qui demandent au Saint-Père des excuses aux peuples autochtones.

Une citation de :Monseigneur Marcel Damphousse, archevêque d'Ottawa-Cornwall
Des souliers entourant la flamme symbolique.

Des chaussures bordent le bord de la flamme du centenaire sur la colline du Parlement à la mémoire des enfants dont les restes auraient été retrouvés près de l'ancien pensionnat de Kamloops, en Colombie-Britannique.

Photo : La Presse canadienne / Justin Tang

Les excuses viennent après l'apprentissage, dit l'archevêque

Dans la vidéo, Mgr Damphousse a déclaré que la découverte de Kamloops l'avait incité à lire, à écouter et à en apprendre davantage sur l'impact du système des pensionnats sur les peuples autochtones.

Les récits que nous avons entendus à la fois dans le rapport vérité et réconciliation et plus récemment au cours des dernières semaines sur l'expérience de nombreux élèves des pensionnats étaient honteux , a déclaré Mgr Damphousse.

En tant qu'Église, nous n'avons pas seulement échoué à être des témoins authentiques de la bonté de Jésus-Christ, mais nous avons péché contre nos frères et sœurs à notre charge.

Une citation de :Monseigneur Marcel Damphousse, archevêque d'Ottawa-Cornwall

Mais une survivante des pensionnats de la région a dit être en colère contre le peu de connaissances de l'archevêque sur les pensionnats.

Evelyn Korkmaz a été forcée d'aller au pensionnat Sainte-Anne, qui était géré par l'Église catholique à Fort Albany, en Ontario. Elle a mentionné que Mgr Damphousse doit d'abord en apprendre davantage sur le système des pensionnats.

Comment pouvez-vous avoir des excuses sincères si vous ne savez même pas de quoi vous vous excusez, a indiqué Mme Korkmaz.

Dans une entrevue à la radio de CBC, Mgr Damphousse a admis qu'il en savait peu sur l'histoire ou l'héritage des pensionnats, un commentaire qui a suscité les critiques de l'ancienne commissaire de la Commission de vérité et réconciliation, Marie Wilson, qui a déclaré que la Commission avait spécifiquement appelé les églises à éduquer leurs membres sur leur rôle dans ce sombre chapitre de l'histoire du Canada.

Mgr Damphousse a déclaré qu'il avait depuis contacté le ministère autochtone Kateri d'Ottawa, une église située sur l'avenue Bronson et portant le nom de sainte Kateri Tekakwitha, la première femme amérindienne à être canonisée.

Mgr Damphousse a déclaré qu'il avait demandé de l'aide pour savoir comment il pouvait mieux soutenir la communauté autochtone locale.

J'ai écouté les demandes d'actions que nous pouvons prendre, notamment la participation et la promotion de rencontres d'écoute avec les peuples autochtones de notre archidiocèse, en travaillant avec les peuples autochtones pour fournir une éducation à notre clergé et à nos paroissiens, a déclaré Mgr Damphousse.

Sophie Grégoire Trudeau à gauche et Justin Trudeau au centre qui parle au pape François à droite.

Le premier ministre Justin Trudeau a demandé au pape François de s'excuser pour le rôle que l'Église catholique a joué dans les pensionnats lors d'une visite au Vatican en 2018.

Photo : Reuters / Ettore Ferrari

Mme Korkmaz a déclaré que les excuses n'iraient pas assez loin et voudrait que Mgr Damphousse exhorte le Vatican à publier des documents relatifs aux pensionnats.

C'est un début pour reconnaître les torts [...] que l'Église a fait à notre peuple ou à moi-même, mais après les excuses, nous avons besoin d'une action concrète, a-t-elle déclaré.

Le pape François a appelé à la guérison, mais s'est abstenu de s'excuser pour le rôle de l'Église catholique dans la gestion des pensionnats, même après que le premier ministre Justin Trudeau lui eut personnellement demandé d'envisager un tel geste lors d'une visite au Vatican en 2018.

Des excuses papales étaient l'une des 94 recommandations faites par la Commission de vérité et réconciliation.

Dans une allocution prononcée sur la place Saint-Pierre plus tôt ce mois-ci, le pape François a déclaré qu'il était peiné par la découverte de Kamloops et a appelé au respect des droits et de la culture des peuples autochtones.

Avec les informations de Ryan Patrick Jones

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !