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Laissez-passer vaccinal : l’Î.-P.-É. vulnérable au piratage de données, selon un expert

Des automobilistes à un contrôle routier.

À compter du 27 juin, toute personne qui veut se rendre à l’Île-du-Prince-Édouard doit demander le « PEI Pass », qui comprend une preuve de son statut de vaccination contre la COVID-19. Ci-dessus, un point de contrôle à l'entrée de la province (archives).

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un expert en cybersécurité au Nouveau-Brunswick estime que le téléversement de documents requis pour demander le laissez-passer vaccinal de l'Île-du-Prince-Édouard met à risque les renseignements personnels des demandeurs.

Le laissez-passer vaccinal PEI Pass est un document destiné à faciliter les voyages vers la province insulaire. Les résidents de l’Atlantique qui ont reçu au moins une dose de vaccin anti-COVID-19 peuvent en demander un.

À compter du 27 juin, les gens de l’Île-du-Prince-Édouard qui reçoivent cette autorisation pourront voyager ailleurs en Atlantique et aux Îles-de-la-Madeleine sans avoir à s’isoler à leur retour.

Depuis lundi, les résidents de l’Île-du-Prince-Édouard n’ont plus à téléverser des documents en faisant une demande de laissez-passer. Ils peuvent simplement autoriser la santé publique à vérifier leur statut en matière de vaccination et montrer une pièce d’identité à leur retour prouvant qu’ils sont des résidents de la province.

Les résidents de l’Île-du-Prince-Édouard qui ont été vaccinés dans une autre province doivent quand même en fournir la preuve en demandant le laissez-passer vaccinal.

Les gens des autres provinces doivent toujours téléverser des documents personnels comme leur permis de conduire et leurs renseignements de vaccination pour obtenir ce document de voyage.

Risque de vol d’identité

Reg MacWilliams, expert en cybersécurité de la firme Secure State Cyber, affirme que le site web du gouvernement provincial est vulnérable aux pirates informatiques et que les gens courent le risque de subir un vol d’identité.

Il affirme que tout site web qui héberge des renseignements tels que le permis de conduire, le courriel, l’adresse, le lieu de naissance constitue un point d’accès pour des gens malveillants.

Reg MacWilliams interviewé par vidéoconférence.

L’expert en cybersécurité Reg MacWilliams juge que le processus de demande du laissez-passer vaccinal de l'Île-du-Prince-Édouard remet en question la protection de certains renseignements personnels.

Photo : CBC/Jessica Doria-Brown

M. MacWilliams explique qu’il a remarqué cela en commençant à faire lui-même une demande de laissez-passer vaccinal pour aller visiter ses parents sur l’île. Il a fait part de ses préoccupations au bureau de la commissaire à la protection de la vie privée de l’Île-du-Prince-Édouard. Le bureau, dit-il, lui a répondu le lendemain que ses craintes étaient justifiées et que le problème serait réglé.

Plus tard ce jour-là, un passage a été ajouté au site web afin d’informer les non-résidents de la province qui demandent un laissez-passer qu’ils peuvent caviarder certains renseignements personnels sur leurs documents avant de les téléverser.

Reg MacWilliams juge que c’est insuffisant. La plupart des gens, selon lui, n’ont pas les connaissances techniques pour comprendre ces risques.

La commissaire à la protection de la vie privée est satisfaite

La commissaire à la protection de la vie privée de l’Île-du-Prince-Édouard, Denise Doiron, dit avoir discuté de changements avec le bureau de la médecin hygiéniste en chef après avoir reçu une communication au sujet de la confidentialité du site web.

Mme Doiron dit être satisfaite que les responsables du site web tiennent compte des problèmes de confidentialité et de leurs obligations en matière de protection de la vie privée.

Denise Doiron à l'Assemblée législative.

La commissaire à la protection de la vie privée, Denise Doiron, explique qu'il s'agit d'un exercice d'équilibre entre la vie privée et la liberté de mouvement (archives).

Photo :  CBC

Denise Doiron comprend que les gens veulent protéger leurs renseignements personnels. Elle rappelle toutefois que la société lutte contre une pandémie et que des lois permettent au gouvernement et à la médecin hygiéniste en chef d’imposer des restrictions pour le bien de la population.

De minimes atteintes à la vie privée sont nécessaires pour permettre une plus grande liberté de mouvement et d'activité, souligne-t-elle, en ajoutant qu’il s’agit d’un exercice d’équilibre.

Dennis King veut se faire rassurant

Selon le premier ministre Dennis King, le fait que les résidents de la province n’ont plus à téléverser leurs documents facilite et accélère le processus de demande.

Le gouvernement, indique M. King, demande aux résidents de la province de simplement cocher une case pour autoriser une vérification de leurs informations.

C’est une expérience d’apprentissage, ajoute le premier ministre en disant que son équipe est plus à l’aise aujourd’hui qu’elle ne l’était quelques jours auparavant.

Pour le moment, Reg MacWilliams conseille aux demandeurs de caviarder les renseignements non nécessaires sur leurs pièces d’identité avant de les téléverser. Les gens font beaucoup plus confiance aux sites web qu’ils le devraient, dit-il.

Selon Reg MacWilliams, il serait préférable que le gouvernement fédéral crée un programme national de preuves de vaccination pour les voyageurs. Mais il reconnaît que les autorités manquent de temps pour créer une telle plateforme alors que bien des gens veulent voyager.

Avec les renseignements de Jessica Doria-Brown, de CBC

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