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Petit guide pour comprendre la primaire démocrate de New York

Une électrice, cachée par un bureau de vote où on voit un drapeau américain, vote, tandis que son enfant, qui porte un masque, se penche pour regarder à sa gauche.

Une électrice remplissant son bulletin de vote à Brooklyn, le 22 juin 2021.

Photo : Reuters / BRENDAN MCDERMID

L'ère De Blasio tire à sa fin, et les électeurs démocrates finissaient, mardi, de choisir le candidat susceptible de lui succéder à la mairie de New York en janvier prochain. Pour les New-Yorkais, la primaire de cette année apportait un élément nouveau qui aura une incidence sur le résultat : le vote préférentiel.

Après deux mandats à la tête de New York, le maire Bill de Blasio, un démocrate, ne pouvait pas se représenter. En raison de la prédominance démocrate dans la ville, celui ou celle que les électeurs de son parti choisiront pour lui succéder a toutes les chances d'obtenir les clés de la métropole à l'issue de l'élection générale de novembre.

Le choix des électeurs, qui avaient jusqu'à 21 h (HAE) pour voter, ouvre donc la porte à un jalon important : pour la première fois de son histoire, la plus grande ville américaine pourrait, l'an prochain, être dirigée par une femme – blanche ou noire – ou un homme d'origine asiatique.

Jusqu'ici, un seul des 109 maires qu'a connus la ville est sorti du moule : David Dinkins, un politicien afro-américain propulsé à la tête de la Grosse Pomme au début des années 1990. Tous ses prédécesseurs et successeurs ont été des hommes blancs.

Au-delà du précédent qui pourrait s'écrire, le mode électoral comprend lui-même un élément de nouveauté – et d'incertitude – : les électeurs expérimentaient pour la première fois le vote préférentiel.

État des lieux en cinq questions.


Qui sont les principaux candidats?

Entouré de partisans qui tiennent des pancartes mentionnant son nom, Eric Adams s'adresse aux journalistes.

Les sondages indiquent qu'Eric Adams est le premier choix d'une pluralité d'électeurs.

Photo : Reuters / EDUARDO MUNOZ

La course démocrate compte 13 candidats ayant réussi à faire inscrire leur nom sur les bulletins de vote. Quatre d'entre eux se démarquent :

  • Eric Adams (60 ans)– président de l'arrondissement de Brooklyn, ancien sénateur d'État, ancien chef de police (NYPD)
  • Kathryn Garcia (51 ans) – ancienne commissaire du département de la Ville de New York responsable de l'assainissement, ancienne PDG par intérim de l'office d'habitation municipal, ancienne chef de l'exploitation du département de la Ville de New York consacré à la protection de l'environnement
  • Maya Wiley (57 ans) – avocate, ancienne conseillère du maire Bill de Blasio, analyste du réseau MSNBC
  • Andrew Yang (46 ans)  entrepreneur, ancien candidat à la course à l'investiture démocrate de 2019-2020

Le peloton du milieu inclut Shaun Donovan (55 ans), qui a notamment été secrétaire au Logement et au Développement urbain dans l'administration Obama; Raymond McGuire (64 ans), un ancien cadre du géant bancaire Citygroup; Dianne Morales (53 ans), ancienne enseignante et ex-directrice d'une organisation à but non lucratif; Scott Stringer (61 ans), le contrôleur de la Ville.

Deux entrepreneurs, Art Chang et Joycelyn Taylor, deux avocats, Aaron Foldener et Isaac Wright, et Paperboy Love Prince, un rappeur et militant, viennent compléter le bassin démocrate de candidats.


Qui fait figure de favori?

Eric Adams, Kathryn Garcia, Maya Wiley et Andrew Yang sont les seuls à recueillir plus de 15 % d'appuis dans les intentions de vote.

Leur position respective varie en fonction des sondages, mais la plupart des enquêtes d'opinion placent en tête Eric Adams, un ancien policier noir qui a inscrit la criminalité au cœur de sa campagne.

Une partisane de Maya Wiley tient une pancarte électorale à son effigie.

La progressiste Maya Wiley se classe dans le peloton de tête au sein de l'électorat démocrate.

Photo : Reuters / DAVID DEE DELGADO

Selon des sondages récents, Kathryn Garcia et Maya Wiley bataillent pour la deuxième position.

La première peut se targuer d'avoir obtenu le vote de confiance du New York Times et du Daily News. Sa rivale, soutenue par la représentante démocrate Alexandria Ocasio-Cortez et la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, semble de son côté avoir rallié le vote des progressistes.

Propulsé à l'avant-scène grâce à la course à l'investiture démocrate de l'an dernier, Andrew Yang a glissé dans les intentions de vote. Il a semblé notamment pâtir de sa méconnaissance de la ville et de ses rouages gouvernementaux, après être parti favori.

Les experts prévoient cependant que l'issue du vote nécessitera plus d'un tour pour être scellée, et les tours successifs pourraient être nombreux et réserver des surprises.

Le faible taux de participation et la marge d'erreur des sondages pourraient ajouter à l'incertitude.

Aux yeux d'un analyste de CNN, il s'agit de la course à la mairie de New York la plus imprévisible des 50 dernières années.

Le nouveau système a influencé la façon de faire campagne : un reportage du New York Times a indiqué que les candidats n'aspiraient pas nécessairement à terminer d'emblée premiers, mais cherchaient plutôt à être le deuxième choix d'une masse critique d'électeurs.

En fin de course, Andrew Yang et Kathryn Garcia ont même participé à des événements de campagne côte à côte.

Aux côtés d'Andrew Yang, qui sourit, Kathryn Garcia s'adresse à une foule composée de leurs partisans.

À trois jours de l'élection primaire, Andrew Yang et Kathryn Garcia ont fait campagne ensemble.

Photo : Reuters / JEENAH MOON

M. Yang est allé jusqu'à inciter ses partisans à choisir son alliée comme deuxième choix, même si cette dernière n'a pas franchi ce pas.

Une stratégie qui leur a valu des accusations de racisme, Eric Adams leur reprochant de vouloir empêcher la victoire d'un homme noir.


Comment fonctionne le vote préférentiel?

Un bulletin de vote avec les candidats «Mauve», «Bleu», «Vert», «Jaune», «Orange» et «Rose» illustre le vote préférentiel.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Exemple à l'appui, le site de NYC City Votes explique le fonctionnement du vote préférentiel.

Photo : www.voting.nyc

La Ville a opté pour ce nouveau système, en vertu duquel les électeurs peuvent choisir jusqu'à cinq candidats, par ordre de préférence. Ils ne sont toutefois pas obligés d'en sélectionner autant.

Si aucun des candidats n'obtient 50 % des votes, le candidat qui termine dernier est éliminé, et le vote des électeurs qui l'ont appuyé est alors alloué à leur deuxième choix.

À l'issue de ce tour, un deuxième candidat est ensuite retranché, et les votes de ses partisans sont redistribués aux candidats selon le même principe. Si le candidat sur lequel un électeur a porté son deuxième choix est déjà éliminé, c'est alors son troisième choix qui compte.

Le processus se répète jusqu'à ce qu'un des candidats recueille la majorité des voix.

Un candidat qui remporte la pluralité des votes pendant plusieurs tours pourrait ultimement être coiffé par un rival.

Une quinzaine de villes américaines, dont San Francisco, en Californie, et Minneapolis, au Minnesota, utilisent déjà le vote préférentiel, mais c'est la première fois qu'une ville de l'envergure de New York adopte ce mode de scrutin.


Quand connaîtra-t-on l'identité du gagnant?

On aura sans doute assez rapidement les résultats initiaux et non officiels du premier tour, qui tiendront compte des votes enregistrés dans la journée du scrutin et des bulletins de vote déposés pendant la période de vote anticipé, qui s'est déroulée du 12 au 20 juin.

Mais il faudra s'armer de patience pour savoir qui remportera la primaire.

Le vote des absents, dont pouvaient par exemple se prévaloir des électeurs qui se trouvaient à l'extérieur de la ville pendant la journée ou d'autres électeurs ayant un handicap physique ou une maladie, sera comptabilisé ultérieurement.

Cela représente des dizaines de milliers de bulletins de vote, qui devraient représenter de 15 % à 20 % du total des votes, selon l'Associated Press. Ces bulletins de vote peuvent arriver jusqu'à 10 jours après la date du scrutin.

La perspective de plusieurs tours étirera en outre le processus, dans un État qui n'est de surcroît pas reconnu pour la rapidité de son dépouillement. Le Conseil électoral de New York a indiqué qu'il ne publierait pas les résultats des tours subséquents avant le 29 juin.

L'organe administratif estime qu'il sera en mesure d'annoncer les résultats définitifs dans la semaine du 12 juillet. Il compte d'ici là publier des mises à jour régulières.


Et les républicains?

Les républicains tiennent eux aussi une élection primaire, qui oppose deux candidats : Fernando Mateo, 63 ans, un entrepreneur qui a fondé la Fédération des conducteurs de taxi de l'État de New York, et Curtis Sliwa, un entrepreneur de 67 ans, qui a pour sa part fondé le groupe Guardian Angels qui se consacre à la prévention du crime.

Leur campagne a cependant fait peu de bruit. Aucun des deux ne semble se démarquer de son rival, d'après ce qu'indiquent les sondages.

Dans une ville qui a autrefois porté au pouvoir les républicains Rudy Giuliani, puis Mike Bloomberg (réélu en tant qu'indépendant), les électeurs démocrates sont sept fois plus nombreux que les républicains, selon le Washington Post.

Les gagnants respectifs des deux primaires s'affronteront le 2 novembre prochain.

Avec les informations de New York Times, et Washington Post

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