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Iran : le président élu, Ebrahim Raïssi, donne les grandes lignes de sa politique

Ebrahim Raïssi.

Le président élu Ebrahim Raïssi lors de sa première conférence de presse à Téhéran

Photo : AFP / WANA NEWS AGENCY

Radio-Canada

Trois jours après son élection à la présidence en Iran, Ebrahim Raïssi a déclaré lundi qu'il n'autoriserait pas des « négociations pour le plaisir » sur le dossier nucléaire et a refusé une éventuelle rencontre avec le président américain Joe Biden.

Alors que des discussions se tiennent à Vienne pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien conclu dans la capitale autrichienne en 2015, M. Raïssi a affirmé qu'il ne permettrait pas de négociations pour le plaisir de négocier. Mais toutes négociations garantissant les intérêts nationaux de l'Iran seront certainement soutenues, a-t-il ajouté.

Il répète ainsi la ligne fixée par M. Khamenei en avril selon laquelle ces négociations ne doivent pas traîner en longueur.

M. Raïssi a également souligné que le programme iranien de missiles balistiques n’est pas négociable.

À Bruxelles, le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a estimé n'avoir aucune raison de croire que M. Raïssi, une fois président, adoptera une position différente de celle du gouvernement sortant sur les négociations.

L'accord de Vienne offre à l'Iran un allègement des sanctions occidentales et onusiennes en échange de son engagement à ne jamais se doter de l'arme atomique, et d'une réduction draconienne de son programme nucléaire, placé sous un strict contrôle de l'ONU.

Mais il a été torpillé en 2018 par la décision de l'ex-président américain Donald Trump de s'en retirer et par la multiplication de sanctions extrêmes imposées à l’Iran par les États-Unis.

Les négociations en cours à Vienne visent à réintégrer les États-Unis à l'accord.

Il s'agirait d'obtenir une levée des sanctions américaines en échange du retour de Téhéran à une application stricte du pacte, l'Iran ayant abandonné en riposte aux sanctions la plupart des garde-fous à ses activités nucléaires qu'il avait acceptés dans l'accord.

Un nouveau cycle de négociations s'est achevé dimanche sur une note positive à Vienne, et la conclusion d'un compromis pour relancer l'accord avant la prise de fonctions de M. Raïssi, comme l'a promis le président sortant Hassan Rohani, reste une possibilité.

Non

M. Raïssi a répondu sèchement non à la question d'un média russe lui demandant s'il avait l'intention de rencontrer M. Biden dans le cas où les discussions de Vienne permettraient d'alléger les sanctions et afin de régler les problèmes entre les deux pays, ennemis depuis plus de 40 ans.

Sur les relations avec les Saoudiens, après une récente série de rencontres entre responsables des deux pays riverains du Golfe, M. Raïssi a affirmé qu'il n'y avait pas d'obstacles, du côté de l'Iran à la réouverture des ambassades.

Les relations entre les deux pays sont rompues depuis 2016. Plusieurs dossiers régionaux opposent Téhéran à Riyad, notamment en Irak ou au Yémen, où l’Iran soutient les Houthis qui combattent la coalition dirigée par l’Arabie saoudite.

Les deux pays s’opposent également en Syrie, où les Saoudiens soutiennent des groupes djihadistes, alors que les Iraniens soutiennent le régime de Bachar Al-Assad.

Droits de la personne

Par ailleurs, M. Raïssi a affirmé avoir toujours défendu les droits de la personne, alors que les États-Unis et des ONG occidentales l'accusent d'être responsable de tortures et d'exécutions sommaires au cours de sa longue carrière au sein de l'appareil judiciaire.

Au cours de la conférence de presse, il a renvoyé les Occidentaux à leurs propres violations dans le domaine.

Il a reproché à certains pays revendiquant les droits de la personne, comme la France, de donner refuge aux Moudjahidines du peuple (MEK en persan), un groupe d'opposition islamomarxiste en exil dont la direction est installée près de Paris, qui est accusé par Téhéran d'avoir tué plus de 17 000 Iraniens dans des actions terroristes depuis les années 1980.

Le Quai d'Orsay a dit avoir pris acte de l'élection de M. Raïssi en rappelant ses préoccupations sur la situation des droits de l'homme en Iran.

Interrogé en 2018 et en 2020 sur des exécutions de milliers d'opposants en 1988, M. Raïssi a nié y avoir joué un rôle, comme il en est accusé en Occident.

Au lendemain de sa victoire, M. Raïssi a reçu les félicitations du président russe Vladimir Poutine.

J’espère que vos activités à ce poste élevé contribueront au développement ultérieur d’une coopération bilatérale constructive dans divers domaines et de notre partenariat dans les affaires internationales, avait écrit le président russe.

Avec les informations de Agence France-Presse, et Al Mayadeen

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