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Jeune, bispirituel et chef d’une Première Nation

Un portrait de Brent Bissaillion.

Brent Bissaillion est le gimaa de la Première Nation de Serpent River. Son identité bispirituelle n'a pas été un obstacle à son élection.

Photo : CBC/Erik White

Radio-Canada

Brent Bissaillion est jeune, bispirituel ou personne-aux-deux-esprits, et chef de sa Première Nation du Nord de l'Ontario.

Depuis son élection au poste de gimaa, ou chef, de Serpent River, il y a quelques années, sa bispiritualité a rarement été évoquée par les membres de cette Première Nation située sur la rive nord du lac Huron.

Brent Bissaillion affirme que c’était clairement mentionné dans son matériel de campagne, mais que peu d'électeurs lui en ont parlé.

La définition du terme deux-esprits varie d'un endroit à l'autre, mais Albert McLeod, de l’association Two-Spirited People of Manitoba, explique qu'il est utilisé pour décrire les Autochtones qui assument des rôles, des attributs, des vêtements et des attitudes de sexes multiples pour des raisons personnelles, spirituelles, culturelles, cérémoniales ou sociales.

Le gimaa de Serpent River, âgé de 30 ans, raconte avoir passé beaucoup de temps à expliquer son rôle aux 400 personnes qui vivent dans la communauté et à essayer de se comprendre lui-même.

Je n'ai pas toutes les réponses. Parfois, les gens pensent que j'ai des pouvoirs spéciaux, dit celui qui préfère utiliser le terme anishinabek gimaa, qui signifie celui qui montre la voie.

Je suis comme le maire, mais je ne suis pas le maire. Mais je suis aussi comme le premier ministre, mais je ne suis pas le premier ministre. Alors je dis juste que je suis la reine.

Une citation de :Brent Bissaillion, gimaa de la Première Nation de Serpent River

Brent Bissaillion préférerait utiliser un terme spécifique aux Anichinabés plutôt que deux-esprits. Il a lu qu’il existait autrefois des mots pour décrire six différentes expressions de genre.

Cette connaissance a été presque complètement perdue il y a plusieurs décennies en raison du colonialisme; ce qui a survécu jusqu’aux années 1980 a été effacé lors de la crise du sida, qui a fortement touché la communauté LGBTQ2S, dit-il.

Une chose que je trouve vraiment difficile, c’est de trouver de l’enseignement sur la bispiritualité, confie Brent Bissaillion, qui a grandi hors réserve, à Blind River.

Il n’y a pas eu vraiment de révélation. J’ai toujours senti que j’étais différent, et les autres enfants me le faisaient savoir.

Une citation de :Brent Bissaillion, gimaa de la Première Nation de Serpent River

Il a pu forger son identité lorsqu’il est parti étudier à London, dans une ville où personne ne le connaissait. Brent Bissaillion a occupé différents rôles dans le milieu étudiant à l’Université Western.

Il a par la suite travaillé à Toronto et dans une Première Nation isolée du Nord-Ouest de l’Ontario, avant de revenir chez lui, à Serpent River.

Avec les informations d'Erik White de CBC

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