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La flambée des prix des maisons s'étend jusque dans la vallée d’Annapolis

Une affiche de vente de maison de Véronique Napier -Ouellet sur laquelle on peut lire vendue.

Véronique Napier-Ouellet est agente d'immeuble et elle dit qu'elle et ses collègues n'avaient jamais vu d'offres multiples sur une maison dans la vallée avant la pandémie.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Rebecca Martel

La demande pour des maisons unifamiliales abordables dans certaines communautés de la vallée d'Annapolis a dépassé l'offre cette année.

Les guerres de prix pour des maisons de Toronto, Vancouver ou même Montréal ce n’est plus surprenant. Mais dans des petites communautés comme Greenwood, Kingston, Aylesford ou Berwick, en Nouvelle-Écosse, ça fait jaser dit l’agente immobilière Véronique Napier-Ouellet.

Dans notre marché de la petite vallée d’Annapolis, [...] personne n’a vu des offres multiples.

Et pourtant, les offres multiples sont devenues une pratique courante. L’agente dit que les maisons se vendent maintenant soit au prix demandé, soit au-dessus...et parfois même, très au-dessus.

Les statistiques du mois de mai démontrent que les maisons dans la vallée d'Annapolis se vendent en moyenne 30 % plus cher cette année que l’an dernier.

L’agente immobilière dit que la hausse de la demande des propriétés a commencé à se faire sentir un peu avant la pandémie, mais que celle-ci l'a exacerbée.

Des retraités venus d’ailleurs au Canada ont vu dans la vallée la possibilité d’une vie paisible et abordable, avec très peu de risques d'infections à la COVID-19.

Le télétravail a poussé certains Haligoniens à s’éloigner de la capitale.

Et au printemps, des militaires sont venus s’installer dans la vallée pour travailler à la base de Greenwood, dans le contexte de leurs affectations annuelles.

Cette année, 167 membres des Forces armées canadiennes ont été affectés à la 14e Escadre Greenwood, contre 138 qui ont été mutés à l’extérieur.

Une situation stressante

Ça crée un gros stress sur le marché, ça il n'y a aucun doute, dit Véronique Napier Ouellette. Tout le monde veut la même chose au même moment, ça crée des offres multiples comme on l’a vu dans les derniers mois , des six, sept, huit même dix offres sur une même maison.

Marie-Claude Martel le sait , elle vient de passer par là.

Quand on a fini par vendre notre maison à Dartmouth, il n’y avait plus rien sur le marché, dit l’enseignante dont le conjoint est militaire. Le stress était vraiment immense.

Marie-Claude Martel se tient debout souriante au centre d'un parc de la base de Greenwood en Nouvelle-Écosse

Marie-Claude Martel se considère chanceuse d'avoir dénichée une maison à Berwick, même si elle a payé plus que ce qu'elle aurait voulu.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Sa famille cherchait une maison clé en main avec au moins trois chambres pouvant accueillir six personnes. Elle espérait payer autour de 300 000 $. Mais les offres multiples ont eu vite fait de décourager Marie-Claude Martel.

Il y a une offre qu’on a fait sur une maison on avait offert 80 000 $ au-dessus du prix, puis on ne l'a pas eue, elle s’est vendue 45 000 $ de plus, donc 125 000 $ de plus que le prix demandé.

Comme bien d'autres, sa famille s’est inscrite sur la liste d’attente pour un logement militaire. Ces maisons sont situées sur la base et offertes à des prix souvent plus bas que ceux du marché.

Selon des données fournies par Andrew McKelvey, des relations médiatiques pour les Forces armées canadiennes, en date du 10 juin 2021, 116 membres affectés à la base de Greenwood avaient fait une demande pour ces logements, soit près de 70 % des gens transférés cette année.

Début juin, seulement neuf membres avaient reçu un logement.

La pancarte de la 14e escadre accueille les gens à la base située à Greenwood en Nouvelle-Écosse

Cette année, la base militaire de Greenwood accueille 167 nouveaux membres des Forces armées canadiennes alors que seulement 138 membre de la base ont été affecté à l’extérieur.

Photo : Radio-Canada / Rebecca Martel

Un manque d'options

Ce qui laisse beaucoup de familles militaires devant un dilemme, explique l’agente immobilière Véronique Napier-Ouellet.

Une fois que les ressources sont épuisées, pas de PMQ [ndlr : private married quarters], pas de maison, pas de logements, je pense que les gens doivent monter leur budget, ce qui n’est pas toujours possible, ou revoir leurs critères.

Marie-Claude Martel a choisi d’augmenter son budget.

C’était payer plus ou se retrouver à la rue, dit la mère de quatre enfants qui s'imaginait mal vivre dans un endroit temporaire en attendant qu’un loyer militaire se libère.

Une solution inespérée

Heureusement, elle et son mari ont vendu leur maison à Dartmouth dans un marché aussi très compétitif. Finalement, ils ont déboursé un peu moins d’un demi-million, pour une maison à Berwick, dont elle a payé le prix de vente demandé.

Dans le marché actuel, elle considère que c’est une bonne affaire.

On va avoir acheté dans un marché où des maisons se vendent 100 000 $, même 200 000 $ au-dessus du prix, c’est comme si nous on avait payé moins cher finalement.

Elle est confiante qu'elle ne perdra pas au change lorsque viendra le temps de vendre dans quelques années. Mais à son avis, tout cela reste une situation incroyable.

On est en campagne, je ne m'attendais pas à ça du tout, que ça se rende jusqu'ici.

Les dirigeants des Forces armées canadiennes ont indiqué par courriel qu’ils sont conscients du problème dans plusieurs régions au pays et qu’ils offrent un maximum de flexibilité aux membres. Par exemple, il estpossible de retarder ou devancer les dates d’entrée en fonction. Les Forces ajoutent aussi offrir le remboursement de toutes les dépenses imprévues découlant directement de la COVID-19.

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