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Il y a 20 ans, le drapeau franco-ontarien obtenait un statut officiel

Un immense drapeau vert et blanc

Le drapeau franco-ontarien, devenu un symbole officiel des francophones de la province en 2001, a gagné en visibilité depuis.

Photo : Radio-Canada

Le 21 juin 2001, le gouvernement conservateur du premier ministre Mike Harris reconnaissait le drapeau franco-ontarien comme emblème des francophones en Ontario. Aujourd’hui, le symbole a fait ses preuves, mais les luttes francophones continuent.

Quelques jours avant la Saint-Jean en 2001, le drapeau vert et blanc créé en 1975 à l’Université de Sudbury obtenait un statut officiel en Ontario.

Entre 1975 et 2001, le drapeau sera progressivement hissé devant plusieurs établissements scolaires et utilisé lors de manifestations, notamment lors de la lutte pour la sauvegarde de l’hôpital Monfort.

On a fait du chemin depuis ces 20 ans-là, souligne Joanne Gervais, directrice générale de l’ACFO du Grand Sudbury et sœur de Gaétan Gervais, un des créateurs du drapeau franco-ontarien.

Gaétan Gervais, derrière un drapeau  franco-ontarien, entouré de dizaine de personnes.

Le créateur du drapeau franco-ontarien, Gaétan Gervais (au centre), lors des célébrations de la Saint-Jean-Baptiste à Sudbury en 2013.

Photo : Radio-Canada/Yvon Thériault

Il y a 20 ans, on venait d’avoir les conseils scolaires [francophones], ça faisait quelques années qu’on avait un collège. D’avoir le drapeau franco-ontarien officiellement reconnu [par la province], c’était une énorme étape, affirme-t-elle.

C’est un moment qu’on a grandement apprécié, qu’on a célébré. Gaétan a été extrêmement reconnaissant.

Une citation de :Joanne Gervais, directrice générale de l’ACFO du Grand Sudbury

Même après la désignation du drapeau comme symbole officiel des francophones, cela a pris du temps pour que certaines Villes acceptent de le faire flotter devant leur hôtel de ville, rappelle Joanne Gervais.

Ce fut notamment un défi à Sudbury, en 2006, la ville même où le drapeau avait été créé.

C’était une question d’ignorance, mais pas dans le sens péjoratif du terme. Les anglophones étaient, disons... moins confortables avec le drapeau, explique Mme Gervais.

Les gens n’avaient pas compris qu’on ne faisait pas partie du multiculturalisme du pays, mais que [le français est une] des deux langues officielles, qu’on était un peuple fondateur.

Une citation de :Joanne Gervais, directrice générale de l’ACFO du Grand Sudbury

On disait "Si on fait flotter votre drapeau, il va falloir faire flotter le drapeau des Italiens, et des Allemands..." , raconte la directrice générale de l’ACFO du Grand Sudbury.

On ne s'objecte pas à ces drapeaux-là, mais le drapeau franco-ontarien n'a nulle part d’autre où flotter qu’en Ontario. Puis je pense que, pour les gens, ça a cliqué à un moment donné, ils ont compris.

Quelques dates importantes :

  • 25 septembre 1975 - Dévoilement et lever du drapeau franco-ontarien à l’Université de Sudbury
  • 1976 - Le drapeau figure dans une manifestation lors de l’AGA de l’Association canadienne-française de l’Ontario
  • 1977 - L’ACFO adopte officiellement le drapeau franco-ontarien
  • 1978 - Le drapeau franco-ontarien flotte pour la première fois devant une école
  • 1982 - L’Université Laurentienne hisse le drapeau franco-ontarien en permanence
  • 1997 - Le drapeau est utilisé comme symbole rassembleur lors de la campagne SOS Montfort
  • 21 juin 2001 - Le gouvernement ontarien adopte une loi qui fait du drapeau franco-ontarien l’emblème des francophones en Ontario
  • 2010 - Une loi proclame le 25 septembre comme étant la fête des Franco-Ontariennes et des Franco-Ontariens
  • Septembre 2020 - Le drapeau franco-ontarien devient un emblème officiel de l’Ontario
  • Avril 2021 - Il flotte en permanence à l’intérieur de Queen's Park

Une lutte qui se poursuit

En 2020, le drapeau est finalement devenu un emblème officiel pour l'ensemble de la province, plutôt que seulement pour les Franco-Ontariens.

Il est hissé de façon permanente à Queen’s Park depuis avril 2021.

Un drapeau vert et blanc accroché sur un mur

Le drapeau franco-ontarien fait son entrée officielle à Queen's Park après l'adoption à l'unanimité d'une motion des libéraux, en mars.

Photo : Radio-Canada / Natasha MacDonald Dupuis

De façon symbolique, c'est une reconnaissance officielle de la place des Franco-Ontariens et leur contribution dans la province, affirme la députée libérale d'Ottawa–Vanier, Lucille Collard.

Je pense que cette reconnaissance officielle peut servir de tremplin à beaucoup de choses.

Une citation de :Lucille Collard, députée libérale d'Ottawa–Vanier

Mme Collard estime que la province est devenue plus réceptive en raison des combats menés par les francophones. En raison de notre persistance et de notre persévérance, ils ne peuvent pas nous ignorer.

C’était un beau geste, mais là on attend notre université de langue française dans le Moyen Nord, ajoute Mme Gervais, en référence au projet de l’Université de Sudbury de devenir une université par et pour les francophones.

Les combats continuent, ajoute-t-elle.

Avoir un drapeau et avoir tout ce dont on a besoin pour assurer notre pérennité, ce n’est pas la même chose. Il ne faut pas oublier les autres choses qui nous manquent.

Une citation de :Joanne Gervais, directrice générale de l’ACFO du Grand Sudbury

La députée Lucille Collard abonde dans le même sens. Il reste encore beaucoup de chemin à faire. Je vois une grande priorité au niveau de l’enseignement en français.

Elle rappelle que la province a une grande pénurie d’enseignants francophones, et croit que la stratégie annoncée récemment par le gouvernement de Doug Ford pour remédier à la situation manque un peu de mordant.

Il y a quand même une reconnaissance que le problème existe et une certaine volonté de régler le problème, concède-t-elle.

Elle souligne aussi qu’il y a une grande disparité entre les services offerts aux citoyens en français et ceux disponibles pour la majorité anglophone. Trop souvent, les services en français sont une pensée secondaire.

Il faudrait que ce soit un réflexe de penser aux francophones lorsqu’on fait le déploiement de nouveaux services, conclut Mme Collard.

Avec les informations de Zacharie Routhier

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