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Le Nouveau-Brunswick ne compte pas plafonner les frais des applications de livraison

Un homme se dirige vers un restaurant avec un sac Skip the dishes.

Une plateforme de livraison comme SkipTheDishes prend une commission de 25%.

Photo : Radio-Canada

Marie-Ève Brassard

Alors que certains restaurateurs ne font que commencer à reprendre du poil de la bête après l’accalmie forcée par la pandémie, le gouvernement néo-brunswickois n’a pas l’intention d’imposer un maximum à la commission facturée aux restaurateurs par les différentes applications de livraison telles SkipTheDishes, Uber Eats ou DoorDash.

Si pendant la pandémie des restaurateurs ont pu survivre grâce à ces services de commande en ligne, ils en ont aussi payé le prix.

Dominique Ratté, copropriétaire et fondatrice des restaurants Guacamole à Moncton, évalue qu’au plus fort des restrictions sanitaires, 75 à 80 % des commandes à ses restaurants étaient passées par l’entremise de ces plateformes. Celle qui fait affaire avec SkipTheDishes explique toutefois qu’une part importante des profits est gardée par l’entreprise de livraison lorsqu’un client choisit ce mode de commande.

Dominique Ratté devant la porte d'un des restaurants Guacamole.

Il y a quatre succursales du restaurant Guacamole à Moncton.

Photo : Radio-Canada

L’entreprise SkipTheDishes demande aux restaurateurs de leur remettre l’équivalent de 25 % de chaque commande passée. S’ajoutent à ce montant des frais d’un dollar par transaction pour les paiements par carte de crédit sur l’application.

Si c’est un seul repas, le frais de 1 $ plus le 25 %, ça prend vraiment une grosse partie. C’est un peu plus justifiable quand on a des grosses commandes, mais sinon ça peut être un poids lourd sur le restaurant de gérer ça, déclare Mme Ratté qui précise que plusieurs produits sur le menu du Guacamole sont peu dispendieux.

Pas de législation à l'horizon

Afin de remettre de l’argent dans les poches des restaurateurs, plusieurs provinces canadiennes ont légiféré pour imposer une limite aux frais qui peuvent être facturés par les applications de livraison de nourriture. C’est notamment le cas de la Nouvelle-Écosse, où ces frais sont plafonnés à 15 % depuis le 26 mai dernier.

Les restaurateurs néo-brunswickois ne devraient toutefois pas espérer l’adoption d’une loi similaire dans la province. Dans une réponse laconique, une agente de communication du gouvernement provincial a affirmé à Radio-Canada que le ministère de la Justice ne prévoyait pas réglementer ces services.

Avec l’assouplissement des consignes de la santé publique et l’approche de la phase verte, Dominique Ratté spécifie que c’est maintenant entre 20 et 25 % des commandes qui sont passées en utilisant une application de livraison.

La restauratrice croit tout de même qu’un changement législatif serait bénéfique pour les restaurateurs. Ça serait vraiment bien d’avoir une loi parce que pour l’instant ça enlève vraiment un gros morceau de la part des profits qu’un restaurant peut faire, avance-t-elle. Puis c’est pas quelque chose qu’elles [les applications] sont prêtes à négocier trop trop non plus, donc de mettre des limitations (...), ça aiderait certainement les restaurants, surtout les restaurants locaux à être plus profitables.

Même si la loi n’est pas modifiée, Mme Ratté compte poursuivre son utilisation de SkipTheDishes, puisqu’elle considère qu’il s’agit d’un moyen de faire connaître son entreprise à travers toute la grande région de Moncton.

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