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Sécurisation culturelle : « je veux être reconnue et respectée pour qui je suis »

Joyce Grégoire et Nicole Wapistan sont installées à une table décorée de façon festive.

Joyce Grégoire et Nicole Wapistan ont fait part de leurs expériences pour sensibiliser le public aux cultures autochtones, notamment la culture innue.

Photo : Radio-Canada / Catherine Paquette

Catherine Paquette

Créer des ponts entre les membres des Premières Nations et les Nord-Côtiers en milieu urbain : voilà la mission que se donne le Centre d'amitié autochtone de Sept-Îles depuis sa fondation, en 2006. À l’occasion de la Journée nationale des peuples autochtones, la chargée de projet Joyce Grégoire et l’intervenante psychosociale Nicole Wapistan se sont livrées pour sensibiliser le public à l’importance de la sécurisation culturelle.

Pour Joyce Grégoire, une Innue de Uashat, il n’a pas toujours été facile de mettre de l’avant son identité autochtone. C’est un long chemin qu’il lui a fallu parcourir, notamment entourée d’autres membres des Premières Nations, pour enfin s’en dire fière.

Je ne vous donnerai pas une définition scientifique de la sécurisation culturelle. Mais pour moi, ça veut dire : être reconnue et respectée pour qui je suis, a résumé Joyce Grégoire, suscitant bon nombre de hochements de tête dans l'assistance.

La sécurisation culturelle est un principe promu par les Premières Nations pour favoriser le mieux-être de leurs communautés en leur permettant de se familiariser avec la culture et l’histoire autochtone, et de l’apprécier.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, la sécurisation culturelle est le stade final d'un cheminement collectif (Nouvelle fenêtre), qui est caractérisé par l’implication active et égalitaire des Autochtones dans leur relation avec les acteurs du système de santé et de services sociaux.

Son récit, parsemé d’anecdotes fortes en émotions, a permis d’illustrer différentes expériences qu’elle a vécues auprès des services publics, où elle ne s’est pas toujours sentie bien accueillie.

Aux côtés de Nicole Wapistan, elle a appelé au respect et au partage entre les peuples : c’est entre autres de ce respect que viendra un sentiment de légitimité et de sécurité pour les membres des communautés, ont-elles affirmé.

Améliorer l’accueil dans les services publics

Pour les deux conférencières, il est maintenant grand temps que les institutions s’intéressent aux expériences spécifiques vécues par les nations autochtones.

Les institutions pourraient travailler beaucoup plus avec nous autres, nous interpeller, être des alliées pour nous, dit Joyce Grégoire.

Selon Nicole Wapistan, de nombreux défis demeurent insurmontables pour les Innus lorsqu'ils s'adressent aux institutions publiques comme les corps policiers et les centres de santé.

L'écart linguistique et la méfiance qu'entretiennent souvent les membres des communautés envers les autorités font notamment partie de la liste de défis évoqués.

L’éducation et la sensibilisation à la culture autochtone font partie des solutions, pensent les conférencières.

Oui, on a des différences, mais il faut se respecter l'un et l'autre, parce qu'on est tous des êtres humains. Innu veut dire humain, et c'est parce qu'on travaille avec des êtres humains, affirme Mme Wapistan.

La possibilité de mettre sur pied des institutions dirigées par les communautés innues et qui agissent au service de ces mêmes communautés a par ailleurs été abordée lors de la discussion avec le public présent.

Avec les informations de Lambert Gagné-Coulombe

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