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La communauté autochtone choquée par l'incendie de deux églises dans l'Okanagan

Façade de l'église Sacred Heart de Penticton avant l'incendie.

En 1911, le Frère Pierre Conan a fait construire l'église Sacred Heart sur les terres de la réserve autochtone de Penticton.

Photo : Paroisse catholique de Penticton

Les réactions se poursuivent à la suite d'incendies qui ont détruit deux églises catholiques au cours de la nuit dans deux communautés autochtones de la vallée de l'Okanagan, en Colombie-Britannique.

L'église Sacred Heart, située sur les terres de la Première Nation Penticton près de la ville du même nom, a été ravagée par des flammes tôt lundi matin, confirme la paroisse.

Quelques heures plus tard, un feu s'est déclaré dans l'église St. Gregory située à Oliver, sur les terres de la communauté autochtone Osoyoos.

Le conseil de bande de Penticton, avec le conseil de bande d’Osoyoos, se dit choqué par la perte de leur église.

Nous sommes incrédules et fâchés devant ces événements alors que ces lieux de culte ont permis à des membres de la communauté de trouver du réconfort, indique le conseil de bande de Penticton dans un communiqué.

Le feu vu d'une fenêtre.

Le feu de l'église Sacred Heart sur les terres de la réserve autochtone de Penticton s'est déclaré dans la nuit de lundi.

Photo : Aileen Macasaet Maningas/Facebook

Sans vouloir spéculer sur la nature des feux ni sur ce qui a pu motiver ceux qui les ont allumés, le conseil de bande dit comprendre la frustration et le deuil que peuvent vivre certaines personnes, notamment après la macabre découverte de Kamloops.

C’est un symptôme d’un traumatisme intergénérationnel que vivent les survivants [des pensionnats pour Autochtones] et leurs descendants. Toutefois, nous avons du soutien pour aider à gérer ces émotions de manière plus curative, écrit-il.

Lorsque sa femme lui a dit que l’église de Penticton était en feu, le grand chef et président de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique, Stewart Phillip, n’en croyait pas ses oreilles.

J'étais complètement sous le choc, dit-il.

Il raconte que plusieurs membres de la communauté se sont rendus sur place pour observer la scène et que l’ambiance était remplie d’émotion.

Lorsque la structure a commencé à s’effondrer, la cloche s’est détachée et est tombée au sol en faisant beaucoup de bruit. C’est à ce moment-là que les gens ont commencé à pleurer, dit-il.

Un groupe de personnes pose devant l'église dans une photo d'archive.

L'église Sacred Heart a été construite en 1911.

Photo : Facebook / Donna Olman

Il explique que, comme l’église fait partie de la communauté depuis plus d’un siècle, plusieurs personnes s’y sont mariées, y ont fait baptiser leurs enfants ou y ont fait célébrer leurs funérailles au fil du temps.

Ça contient beaucoup de souvenirs importants et émouvants.

Une citation de :Stewart Phillip, président de l'Union des chefs autochtones de la Colombie-Britannique

Il souligne toutefois que l’Église catholique est responsable de beaucoup de traumatismes et d’abus envers les communautés autochtones à travers le système de pensionnats. Plusieurs personnes n'aiment donc pas ces églises.

La nouvelle des deux incendies le jour même de la Journée nationale des peuples autochtones est accueillie avec des sentiments partagés des deux côtés, indique-t-il.

Pour le survivant des pensionnats n’Kiʔɘmc’n, qui passé 8 ans au pensionnat de Cranbrook, l’incendie de ces églises est la crème sur le gâteau de sa guérison.

Je ne perdrai pas le sommeil pour ça, admet-il en expliquant que lorsqu’il a entendu la nouvelle, il a ressenti du soulagement en pensant aux enfants qui ne souffriront plus.

Deux incendies suspects

Un agent de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) a aperçu les flammes vers 1 h 22 dans la nuit de lundi. Lorsqu’il est arrivé sur les lieux, l’incendie ravageait déjà le bâtiment.

La GRC a ensuite été appelée à 3 h 10, à environ 40 kilomètres de là, où un feu détruisait l'église St. Gregory, située à Oliver, sur les terres de la communauté autochtone Osoyoos.

Les deux incendies sont qualifiés de suspects par la GRC, qui se dit sensible aux récents événements, mais ne s’avancera pas sur un motif, explique le responsable des communications de la division de Penticton et du sud de l’Okanagan, le sergent Jason Bayda.

L'église St. Gregory.

L'église St. Gregory a été incendiée tôt, lundi matin.

Photo : ctkoliver.org

Le père Obi Ibekwe, de l'église de Penticton, souhaite attendre les résultats de l'enquête de la GRC avant de commenter la situation.

Les pompiers d’Oliver, qui sont arrivés sur les lieux de l’incendie de l’église St. Gregory vers 3 h, croient qu’il s’agit d’un incendie criminel.

En observant la scène et les environs, nous croyons que du liquide accélérant a pu être utilisé, explique le chef du Service des pompiers volontaires d’Oliver, Bob Graham.

La structure elle-même s’était déjà effondrée lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux. À 9 h, il ne restait plus qu'une pile de décombres noircis, selon Bob Graham.

Selon la paroisse, les deux églises ont été construites en bois il y a plus de 100 ans. L’église de St. Gregory, à Oliver, a été construite en 1910 et celle de Sacred Heart, près de Penticton, a quant à elle été érigée en 1911.

Avec des informations de David French et Brady Strachan

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