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Sept écoliers exclus de leur école à la rentrée faute de places en 5e année

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L'école Saint-Yves, située dans le secteur Sainte-Foy, est une petite école de quartier qui compte moins de 200 élèves.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Evelyne, 10 ans, habite à 300 m de l’école Saint-Yves. Dans sa classe de 4e année, elle fréquente son camarade Jonas, qui vit, lui aussi, à quelques minutes à pied de l’établissement. Tous deux ont appris, la semaine dernière, qu’ils devront changer d’école cet automne, contre leur gré.

En tout, sept écoliers devront ainsi se déraciner de leur milieu l’an prochain, faute de places dans la classe de 5e  année.

Lundi matin, leurs parents faisaient circuler une pétition devant l’école Saint-Yves pour mobiliser la communauté scolaire.

Un homme signe une pétition devant une école et des enfants.

Un groupe de parents se mobilise pour tenter d'éviter le transfert forcé de certains écoliers.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

La liste des signataires s’allongeait rapidement : si le couperet tombe sur Evelyne et Jonas cette année, rien ne l’empêche de frapper d’autres enfants l’année suivante.

C’est vraiment difficile du côté psychologique, surtout après l’année qu’ils ont passée, déplore Sami Nassour. Il a appris la semaine dernière que son enfant ne pourra pas retrouver ses camarades à la rentrée.

Jonas, il ne dormait pas, il pensait tout le temps à ça et il me demandait : ''Papa, est-ce que je vais devoir quitter mes amis?'' Pour un enfant, c'est beaucoup, une école.

Une citation de :Sami Nassour, père de Jonas, élève de 4e année à l'école Saint-Yves

D'autant que Jonas a un petit frère et une petite soeur qui fréquentent eux aussi l’école Saint-Yves. Ces derniers envisagent difficilement une rentrée séparés de leur aîné.

À quelques jours des vacances

Il y a une semaine, l’école a envoyé un courriel évoquant la possibilité que certains élèves de la cohorte de 4e année doivent changer d’école à l’automne.

Le téléphone a ensuite sonné chez sept familles au cours des jours qui ont suivi. Simon Voyer, lui, a appris mercredi que sa fille, Evelyne, sera transférée à l'automne.

Des écoliers devant une école.

Le transfert de sept élèves représente le départ de presque le quart de la cohorte de 4e année, selon les parents.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Ça ressemble presque à un jeu de chaise musicale, dénonce-t-il. On a l’impression que nos enfants sont sacrifiés à cause d’un manque de planification.

L’école Saint-Yves accueille deux cohortes de maternelle chaque année. Toutefois, la place vient à manquer pour accueillir tous les élèves à un moment du parcours scolaire.

Saint-Yves, c’est une petite école. On a une classe par niveau, explique Marc Lalancette, responsable des relations publiques au Centre de services scolaire des Découvreurs (CSSDD).

Le CSSDD précise qu'il tente du mieux qu'il peut de répondre à la demande et qu'il transfère les élèves vers d'autres écoles uniquement en cas de débordement. Parfois, les déménagements équilibrent le ratio de 25 personnes par classe imposé par le ministère de l’Éducation. Cette année, toutefois, la balance n’y est pas à Saint-Yves.

Un homme devant une main qui signe une pétition.

Des parents excédés ont fait circuler une pétition devant l'école Saint-Yves, lundi matin, pour dénoncer le transfert forcé de sept enfants lors de la prochaine rentrée.

Photo : Radio-Canada / Sebastien Tanguay

Un élève se retrouvera au Centre de services scolaire de la Capitale. Il habite dans le secteur, précise Marc Lalancette.

Les six autres iront soit à l’école Saint-Michel, à l’école Notre-Dame-de-Foy ou à l’école Saint-Louis-de-France, ajoute-t-il. Toutes se situent dans un rayon de 3,5 km de l’école Saint-Yves.

La distance est courte, mais le changement de vie, majeur pour la famille d'Evelyne.

Nous, ça fait trois ans qu'on a déménagé dans le secteur, explique Simon Voyer. On a choisi cette maison-là en sachant que l'école allait nous permettre de vivre de façon saine, humaine et communautaire.

En fonction de la politique d'inscription

Le Centre de services scolaire des Découvreurs indique appliquer les critères déjà prévus à sa politique d'inscription.

La politique d'inscription du CSSDD

À moins de se porter volontaire au transfert, les écoliers transférés sont choisis en fonction de trois critères, indique la direction de l’école dans un courriel envoyé aux parents.

  1. L’élève sans fratrie qui a la moins longue période de fréquentation à l’école.
  2. L’élève sans fratrie dont le domicile est le plus loin de son école d’origine.
  3. L’élève sans fratrie qui a présenté une demande d’admission la plus tardive entre le 1er mars et le 1er mai.

Cette politique, fondée sur le Cadre de référence relatif aux critères d'inscription des élèves du préscolaire, du primaire et du secondaire (Nouvelle fenêtre), apporte bien peu d’éclairage, et encore moins de réconfort, à Sami Nassour et à Simon Voyer.

Le fils du premier a un frère et une soeur à l’école Saint-Yves. La fille du deuxième habite à seulement 300 m de l’établissement.

Le CSSDD explique que l’aire de desserte d’une école (Nouvelle fenêtre) doit aussi être prise en compte.

Parfois, il suffit qu’une famille soit une rue plus loin pour faire partie d’une autre aire de desserte, explique Marc Lalancette.

Les parents, eux, demandent de rencontrer les autorités en personne. Ils considèrent que la façon de faire cavalière de la direction et du centre de services scolaire manque de respect à leur égard.

Ce qui est préoccupant, c'est de voir des enfants comme des places, et non comme des enfants, déplore Jean-Louis Couture, dont la fille, Béatrice, devra aussi changer d’école l’an prochain.

On nous apprend ça en deux jours, on ne sait pas trop.

Une citation de :Jean-Louis Couture, père de Béatrice, élève de 4e année à l'école Saint-Yves

En tant que parent, on est touché, renchérit Simon Voyer. Ils m’ont annoncé ça à cinq jours de la fin des classes. Il y a toujours bien des limites. Il faut le dire, il y a des façons de faire et l'humain doit rester au coeur de la mission d'une école, selon nous.

Le cabinet du ministre de l'Éducation, Jean-François Roberge, a précisé qu'il ne s'immiscerait pas dans les affaires internes des centres de services scolaires.

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