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Exceldor : un gaspillage alimentaire évitable, croit le ministre de l’Agriculture

L'usine d'Exceldor.

L'usine d'Exceldor à Saint-Anselme

Photo : Radio-Canada / Louise Boisvert

Un bon plan de contingence en cas de conflit de travail aurait pu permettre d’éviter l’euthanasie de plus d’un million de poulets dans la foulée de la grève chez Exceldor, estime le ministre de l’Agriculture, André Lamontagne.

Selon le ministre, la filière de transformation alimentaire québécoise, qui a su résister à la crise de la COVID-19 sans gaspillage, aurait pu, avec un plan approprié, en faire autant en cas de conflit de travail.

Au moment où l’on se parle, l'entreprise [Exceldor] n’a pas demandé en amont de baisse de production des petits poussins, les éleveurs n’ont pas demandé de baisse de production. Un plan de contingence aurait fait en sorte qu’on aurait pu agir en amont avec des diminutions de production. Après ça, il y a toute la question de l’exportation, de trouver des débouchés ailleurs. Il y a certainement eu des ratés à ce niveau-là, a estimé André Lamontagne, en entrevue à Radio-Canada.

Sur les 950 000 poulets qu’elle produit chaque semaine, Exceldor ne parvient présentement à en faire abattre qu'environ 600 000, en faisant appel à des abattoirs situés ailleurs au Québec, en Ontario et au Nouveau-Brunswick. Un plan qui, s'il a été élaboré en fonction de ce genre de crise, n’est pas adapté à la réalité, constate André Lamontagne.

Il y a un 300 000 qu’ils n'arrivent pas à rediriger, note le ministre qui, il y a quelques semaines, avait enjoint aux deux parties de s’entendre sur un plan pour éviter le gaspillage alimentaire pendant les négociations.

Ça aurait démontré leur sensibilité par rapport aux enjeux de gaspillage qu’on a là, mais ce qu’on a vu, c’est que ces suggestions-là n’ont pas été retenues.

Une citation de :André Lamontagne, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation
M. Lamontagne sourit.

André Lamontagne déplore que des centaines de milliers d'animaux se trouvent pris en otage en raison du conflit de travail qui sévit chez Exceldor.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

Selon André Lamontagne, le système de gestion de l’offre présentement en place permet des aménagements à tout moment. Une solution qui n'a visiblement pas été considérée par l’industrie.

La question de la réduction du rythme de production [...], en tout temps, ça peut être fait. Au moment où l’on se parle, les éleveurs n’ont pas initié de démarches pour réduire la production, l’entreprise n’a pas initié de démarches pour réduire la production, déplore-t-il.

Le ministre de l’Agriculture s’indigne en outre qu’on puisse prendre en otage des centaines de milliers d’animaux à des fins de négociation. Il juge qu’une réflexion doit être amorcée sur le sujet.

Que le système permette ça aujourd’hui, comme citoyen du Québec et comme ministre de l’Agriculture, pour moi, ce n’est pas acceptable. Du gaspillage comme ça, ce n'est pas en ligne avec nos valeurs. Et si, aujourd’hui, on a un système qui n’est pas en ligne avec nos valeurs, il va falloir faire en sorte que des choses comme ça ne puissent pas se passer.

Une citation de :André Lamontagne, ministre de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation

Par ailleurs, André Lamontagne ne pense pas que la situation de presque monopole d’Exceldor et d'Olymel soit à l’origine du problème.

Pour ce qui est des abattoirs, on a deux joueurs, qui abattent une partie importante, mais on a aussi une trentaine d’abattoirs régionaux. [...] Toutes les initiatives sur le territoire qui visent à diversifier la capacité de transformation sont encouragées.

Avec les informations de Marie-Pier Mercier

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