•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’entreprise qui amène des Autochtones sur le chantier de Zibi

Decontie Construction est responsable des travaux de décontamination du sol dans le chantier de Zibi.

Decontie Construction était responsable des travaux de décontamination du sol dans le chantier de Zibi.

Photo : Radio-Canada

Dès qu’un Anichinabé sort de sa communauté, il sent un « mur invisible » qui l’isole, constate Wanda Thusky. Et ce mur, qui devient encore plus épais dans le domaine de la construction, l’entreprise dont elle est copropriétaire contribue à le déconstruire en amenant des travailleurs des Premières nations sur des chantiers - dont celui de Zibi, au centre-ville de Gatineau.

Dans le cadre des célébrations du 21 juin, Journée nationale des peuples autochtones, la copropriétaire de la compagnie anichinabée Decontie Construction a accepté de revenir sur son histoire et ses défis au micro de l’émission Sur le vif.

Il faut remonter aux années 1950 pour connaître la genèse de Decontie Construction. Les occasions de travailler dans le domaine, sur leur propre territoire, étaient alors rares, voire inexistantes pour les Anichinabés de Kitigan Zibi, en Outaouais, relate la cheffe d’entreprise. Les six frères Decontie, Peter, Eddy, Jack, Patrick, Frank et John, de même que d’autres membres de la communauté, sont donc partis chercher du travail aux États-Unis.

Excavation, administration de contrats, gestion de projets de tout acabit : non seulement ont-ils trouvé du travail, ils sont aussi revenus, c’est sûr et certain, avec beaucoup, beaucoup d’expérience, raconte Wanda.

Wanda Thusky de la compagnie anichinabée Decontie Construction.

Wanda Thusky de la compagnie anichinabée Decontie Construction.

Photo : Radio-Canada

Cette expérience a été mise à profit à leur retour à Kitigan Zibi. Et la flamme a été transmise au fils de Peter, Andrew Decontie. Ayant travaillé comme constructeur pendant 20 ans sur le territoire de la réserve avec Wanda, Andrew a fondé la compagnie à son nom avec l’idée de briser les barrières visibles et invisibles et les cloisonnements administratifs qui bloquent l’accès au secteur pour les siens.

Construire l’avenir par le dialogue

Aujourd’hui, Decontie Construction recrute et déploie l’expertise de travailleurs autochtones dans ses différents projets. Sur le chantier de Zibi, ces professionnels comprennent des camionneurs, des contrôleurs de la circulation, des administrateurs et des équipes de décontamination.

Le chantier de construction du projet Zibi accueille ses premiers travailleurs autochtones.

Les premiers travailleurs autochtones sur le chantier de construction du projet Zibi.

Photo : Radio-Canada

Encore aujourd’hui, des préjugés persistent, se désole Wanda. On entend encore sur les chantiers bien des stéréotypes sur travailleurs anichinabés, ils sont saouls, ce sont des gens qui ne travaillent pas fort, ce sont des gens qui ne sont pas éduqués, ce sont des gens qui ne prennent pas leur travail sérieusement..., énumère-t-elle.

Mais pour son mari et elle, continue Wanda, il a toujours été important de dialoguer.

D’un côté, avec les membres des Premières Nations pour leur faire découvrir leur compagnie et leurs projets, et de l’autre, avec les Allochtones afin qu’ils découvrent leur territoire, leur leadership, leurs valeurs et leur main-d’oeuvre.

Ce sont tous de bons gestes de dialogue, des premiers pas qu’on encourage tout le temps. C’est finalement notre territoire, et c’est sûr qu’on veut être en mesure de travailler avec du bon monde, des contractants, des organisations pour enfin mettre un bon processus de réconciliation (...) en place, ajoute l’entrepreneure.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !