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Des modifications au REM de l'Est attendues cet automne

Un croquis de la station du Réseau express métropolitain qui sera construite sur la rue Notre-Dame.

Le type de station du Réseau express métropolitain qui apparaîtra sur la rue Notre-Dame.

Photo : Caisse de dépôt et placement du Québec

Parc Morgan, station Contrecœur, corridor Souligny : les préoccupations des citoyens dont le quotidien sera perturbé par le tracé du futur REM de l'Est ont été entendues par la CDPQ Infra, qui promet de proposer un projet modifié cet automne.

Sans en préciser la date, CDPQ Infra assure que les préoccupations soulevées lors des consultations publiques tenues ces dernières semaines seront prises en compte lors de la présentation de ce projet « bonifié ».

Au cœur des inquiétudes des citoyens : l'intégration d'une structure aérienne qui pourrait créer une fracture dans le paysage et apporter son lot de nuisances, comme le bruit, de même que les vibrations générées par le passage des trains toutes les deux à quatre minutes à l'heure de pointe.

Ces préoccupations, « il faut aller les creuser », soutient Virginie Cousineau, directrice des affaires publiques du Réseau express métropolitain (REM). CDPQ Infra travaillera tout l'été à rassurer les citoyens qui redoutent que le tracé crée une « cicatrice dans les quartiers », affirme la porte-parole du REM de l'Est.

L'objectif, dit-elle, est que le projet corresponde à « un idéal de vie de quartier ».

La structure aérienne n’est pas une fin en soi, c’est une façon qu’on a trouvée de desservir la population, mais on comprend très bien les préoccupations qui sont derrière.

Une citation de :Virginie Cousineau, directrice des affaires publiques du REM

Sans considérer l'abandon de la structure aérienne, CDPQ Infra entend proposer des solutions visant à atténuer les aspects négatifs qu'anticipent les citoyens, précise Mme Cousineau.

En réponse aux voix qui s'élèvent pour demander un réseau hybride, qui comprendrait une portion souterraine, CDPQ Infra avait dévoilé en mai dernier une étude montrant les avantages d'une structure en hauteur au centre-ville.

Dans sa forme actuelle, le REM doit surplomber la voie routière sur le boulevard René-Lévesque, sur le côté nord de la rue Notre-Dame Est, et le long de la rue Sherbrooke, à l'est de l'autoroute 25. Nombre de citoyens préféreraient que le tracé soit plutôt souterrain, à l'image de la branche du REM qui offre une liaison entre le centre-ville et Montréal-Nord.

« Aucun impact » sur le parc Morgan

Au cours des consultations virtuelles, qui ont eu lieu du 27 mai au 16 juin, la question de la préservation du parc Morgan, qui se trouve sur le tracé du REM de l'Est le long de la rue Notre-Dame, n'a pas manqué d'être à l'ordre du jour.

Des citoyens s'inquiètent que l'intégration d'une structure aussi massive vienne détruire l'un des rares espaces verts du secteur.

À ce chapitre, CDPQ Infra s'engage à ce que le REM n'occasionne « aucun impact sur le parc Morgan », indique Virginie Cousineau. Nous allons revoir l'alignement du tracé pour le coller le plus possible sur la rue Notre-Dame, dit-elle.

Mais pour ce faire, il faudra repenser la configuration de la voirie de la rue Notre-Dame, un travail qui nécessite la collaboration de la Ville et de l'arrondissement Mercier–Hochelaga-Maisonneuve.

Patricia Clermont dans le parc Mogran.

Patricia Clermont, la porte-parole du Regroupement des riverains de la rue Notre-Dame, au parc Morgan.

Photo : Radio-Canada / Diana Gonzalez

Bien que CDPQ Infra dise tendre l'oreille, la porte-parole du Regroupement des riverains de la rue Notre-Dame n'est pas convaincue. C’est presque des paroles en l’air malheureusement, dit-elle. On demande à voir ou à se faire expliquer.

D'après les échos qu'a eus Mme Clermont, des participants aux consultations ne se sont pas sentis entendus.

La structure en hauteur n'est peut-être pas une fin en soi, dit-elle en reprenant les mots de Mme Cousineau, mais c'est la seule option!

Le Regroupement est d'avis qu'il faut considérer d'autres solutions de rechange qui permettront de préserver la flore du parc tout en épargnant les citoyens d'une nouvelle couche de nuisances sonores. La rue Notre-Dame, elle est dans notre cour. On entend un bruit de fond constant : des automobiles, du camionnage, le port aussi... On n'a pas besoin d'ajouter un autre bruit de fond avec le train aérien, plaide-t-elle.

De la rue Sherbrooke à l'avenue Souligny

Qu'une bonne partie du REM de l'Est soit construite sur la rue Sherbrooke ne fait pas l'unanimité chez les citoyens, tant et si bien que CDPQ Infra en est à analyser la possibilité de transférer cet axe sur l'avenue Souligny.

Selon le tracé initial, la branche Est doit en effet longer la rue Sherbrooke jusqu'à Pointe-aux-Trembles.

Moins populeux que la rue Sherbrooke, le corridor Souligny, où l'on retrouve déjà un chemin de fer, serait « peut-être mieux avisé », reconnaît Mme Cousineau. C'est un commentaire que nous avons reçu de l'arrondissement.

Afin que le REM desserve bien la population de Mercier-Est, l'ajout d'une station supplémentaire, à la demande de l'arrondissement, est aussi une option qu'envisage CDPQ Infra.

Quant à savoir si une partie de l'axe Souligny pourrait être sous terre, la porte-parole du REM de l'Est se fait prudente : différents types d'insertions sont sous analyse, résume-t-elle.

Un nouveau site pour la station Contrecœur

CDPQ Infra devra aussi trouver un autre terrain pour accueillir la future station Contrecœur.

Au cours des consultations, des citoyens ont regretté que le passage du REM de l'Est vienne compromettre la construction d'une nouvelle épicerie « attendue depuis très longtemps », explique Mme Cousineau.

Avec l'aide de la Ville et de l'arrondissement, CDPQ Infra planche à trouver un « site alternatif » dans les environs, qui sera présenté aux citoyens cet automne.

Une carte du tracé du REM.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le futur réseau doit s'étendre sur 32 kilomètres, et se prolonger à l'Est jusqu'à Pointe-aux-Trembles. Le REM de l'Est compterait 23 stations.

Photo : Courtoisie : CDPQ Infra

D'autres consultations sont prévues au cours des prochaines semaines, notamment auprès des aînés et des citoyens qui n'ont pas accès facilement à Internet.

Pendant ce temps, le comité d'experts qui rassemble architectes, ingénieurs et spécialistes en urbanisme en est cette semaine à sa troisième rencontre depuis sa création début mai. Leurs propositions, attendues elles aussi pour l'automne, feront l'objet d'une nouvelle ronde de consultations auprès de la population.

CDPQ Infra entend avoir terminé l'étude d'impact environnemental d'ici la fin de l'année, à temps pour le début des audiences du BAPE, qui seront lancées au début 2022. Une fois le projet passé sous la loupe du BAPE – une étape qui pourrait entraîner de nouveaux ajustements au projet –, les travaux devraient débuter en 2023.

La mise en service est prévue pour 2029.

La facture du REM de l'Est, qui doit compter 32 kilomètres de réseau sur deux antennes, s'élève pour l'heure à 10 milliards de dollars. Des coûts qui pourraient toutefois être dépassés en cours de route.

Avec la collaboration de Diana Gonzalez

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