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Bientôt la fin de la quarantaine pour les voyageurs vaccinés

Deux voyageurs, en ombre chinoise, passent devant la façade de l'hôtel Sheraton.

Les voyageurs n'auront plus besoin de passer un séjour obligatoire à l'hôtel quand ils débarqueront dans un aéroport canadien, s'ils sont passés deux fois par la case « vaccination » au préalable.

Photo : La Presse canadienne / Nathan Denette

Radio-Canada

À compter du 6 juillet, les voyageurs entièrement vaccinés n’auront plus à effectuer la quarantaine obligatoire ni à passer un test de dépistage de la COVID-19 au huitième jour de leur arrivée. Jusqu’au 21 juillet, les voyages restent néanmoins toujours circonscrits aux déplacements essentiels.

Plus précisément, ces nouvelles mesures entreront en vigueur le lundi 5 juillet à 23 h 59.

Les changements prudents annoncés aujourd’hui ne sont possibles que grâce aux efforts remarquables déployés par les Canadiens, et d’autres changements pourront être apportés seulement si nous continuons à nous protéger mutuellement, a déclaré par communiqué Patty Hajdu, ministre de la Santé du Canada, qui a appelé de nouveau les Canadiens à se faire vacciner.

Pour être considéré comme entièrement vacciné, un voyageur doit avoir reçu, au moins 14 jours avant son arrivée au Canada, toutes les doses de l’un des quatre vaccins autorisés au Canada (Pfizer, Moderna, AstraZeneca/COVISHIELD, ou Janssen de Johnson & Johnson).

Ottawa précise que ces vaccins peuvent avoir été administrés dans n’importe quel pays et que les voyageurs doivent fournir les documents justificatifs attestant qu’ils ont été vaccinés, en anglais ou en français, ou au moyen d’une traduction certifiée conforme.

Les enfants de moins de 18 ans n'ayant reçu qu'une seule dose sont eux aussi exemptés de la quarantaine à l'hôtel, de même que les enfants non vaccinés de moins de 12 ans. Ils devront néanmoins effectuer la quarantaine à la maison. Advenant cette situation, les membres de la famille qui sont vaccinés ne seront, eux, pas obligés de s'isoler pendant la quarantaine des petits.

Autres mesures

  • Tous les nouveaux résidents permanents peuvent désormais entrer au Canada
  • Fin de la suspension des vols en provenance du Pakistan (mais pas ceux venant de l'Inde)
  • Files d'attente accélérées pour les voyageurs complètement vaccinés à l'aéroport

Certaines règles demeurent

Malgré ces assouplissements, les voyageurs doivent cependant toujours effectuer un test de dépistage moins de 72 heures avant leur vol, ainsi qu’à leur arrivée, fournir des renseignements personnels par le biais de l’application ArriveCAN et avoir préparé un plan de quarantaine, dans le cas où leur test de dépistage à l’arrivée s’avérait positif.

Le maintien des tests de dépistage permettra aux experts de la santé publique de continuer à surveiller les proportions de résultats positifs au dépistage de la COVID-19 à la frontière, de surveiller les cas liés aux variants préoccupants et d’apporter d’autres modifications aux mesures frontalières au besoin, a expliqué Santé Canada par communiqué.

Les voyageurs devront aussi continuer de respecter les mesures de santé publique en place, comme le port d’un masque dans l’espace public, et conserver pendant les 14 jours qui suivent leur entrée au Canada une copie de leurs documents de vaccination et des résultats de leurs tests, ainsi qu’une liste de leurs contacts étroits, ajoute la santé publique.

Pour les voyageurs qui ne sont pas entièrement vaccinés, les règles de quarantaine restent les mêmes.

Un flou autour de la vaccination complète

Le fait d'avoir été contaminé par la COVID-19 équivaut-il à avoir reçu une dose de vaccin? La réponse n'est pas la même selon que l'on pose la question à Québec ou à Ottawa.

Au ministère de la Santé du Québec, on considère comme adéquatement vaccinées les personnes ayant reçu deux doses de vaccin ou une seule dose pour celles ayant un antécédent de COVID-19 confirmé en laboratoire.

Or, ces personnes n'auront pas droit aux assouplissements en vigueur le 6 juillet, puisque le gouvernement fédéral, lui, ne les considère pas comme étant pleinement vaccinées. Tout comme les autres provinces d'ailleurs.

La ministre de la Santé Patty Hajdu a dit attendre l'avis de ses conseillers scientifiques à ce sujet. Nous allons donner une réponse à ces voyageurs très bientôt, a-t-elle assuré.

Impatience au sud de la frontière

L’annonce de la prolongation de la fermeture de la frontière avec les États-Unis jusqu’au 21 juillet avait été mal reçue par certains élus démocrates américains, qui y ont vu une décision arbitraire, ne se basant ni sur la science, ni sur les faits, ni sur les données.

Le ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair, s'est défendu lundi de tout arbitraire, parlant plutôt d'une approche progressive d’assouplissement des mesures frontalières guidée par des faits, des preuves scientifiques et les conseils de nos experts en santé publique.

Bill Blair porte un écouteur et suit le déroulement d'un point de presse.

Dans tout ce que nous faisons en réponse à cette pandémie, notre priorité absolue demeure la santé et la sécurité de tous les Canadiens.

Une citation de :Le ministre canadien de la Sécurité publique et de la Protection civile, Bill Blair

Le gouvernement continue de conseiller vivement aux Canadiens d’éviter les voyages non essentiels, a-t-il sinon rappelé. L'objectif demeure une réouverture sécuritaire de la frontière pour les deux pays, en étroite collaboration avec les provinces, les territoires, les partenaires autochtones et les autorités américaines.

Lors de la période de questions, le gouvernement Trudeau n'a pas voulu dévoiler quels seraient les prochains critères à atteindre pour passer à la phase suivante des assouplissements aux frontières. La ministre Hajdu a évoqué que ces derniers seraient présentés dans « un avenir très rapproché », mais que cela dépendrait notamment des effets du variant Delta [découvert en premier en Inde], qui crée de l'incertitude dans plusieurs pays.

Les représentants de la Maison-Blanche ont jusqu’ici refusé de commenter la décision du Canada annoncée vendredi de prolonger la fermeture jusqu’au 21 juillet. Ils assurent cependant que des groupes de travail discutent présentement de la réouverture des frontières avec, entre autres, le Canada.

Entrevue avec Jean-Yves Duclos

Enthousiasme prudent à Québec

Le premier ministre québécois François Legault, qui a lui-même reçu sa seconde dose à Montréal lundi, s'est montré prudemment enthousiaste devant cette annonce du fédéral et la possibilité de bientôt rouvrir les frontières.

La position du Québec est qu’on est d’accord pour ouvrir les frontières, à commencer par les États-Unis, mais à la condition qu’on exige que les personnes aient reçu leurs deux doses, a-t-il fait savoir.

M. Legault se tient le bras en regardant avec amusement Régine Laurent qui lui parle avec animation.

Le premier ministre du Québec, François Legault, a reçu la deuxième dose du vaccin contre la COVID-19 des mains de Régine Laurent, l'ex-présidente de la Fédération interprofessionnelle de la santé du Québec et infirmière de profession.

Photo : La Presse canadienne / Paul Chiasson

Le premier ministre Legault a participé à une réunion avec ses homologues provinciaux jeudi soir où cette question précise a été discutée. Ils se sont ensuite entretenus avec Justin Trudeau.

Ce que je comprends, c’est qu’au début juillet on pourrait envisager d’ouvrir la frontière, mais seulement pour les personnes qui ont reçu deux doses, a dit M. Legault.

Selon lui, cette éventuelle ouverture des frontières entraînera l'obligation pour les voyageurs d’avoir une preuve vaccinale. Les modalités entourant cette preuve devront être finalisées par Ottawa de concert avec les États-Unis, a-t-il précisé.

Une réouverture trop lente, disent les exportateurs

Les assouplissements annoncés par Ottawa sont les bienvenus, de même qu'un peu plus de prévisibilité, a réagi Véronique Proulx, présidente-directrice générale de Manufacturiers et Exportateurs du Québec, en entrevue à ICI RDI.

Mais dans les faits, ce qui a été annoncé n’aide en rien les manufacturiers et les exportateurs qui doivent notamment traverser la frontière américaine, a-t-elle ajouté, expliquant que ces changements ne règlent en rien l’application très aléatoire de ce qu’est un travailleur essentiel.

Le 6 ou le 7 juillet, si on a un travailleur essentiel qui n’a qu’une seule dose de vaccin, on ne sait toujours pas si cette personne-là va être mise en quarantaine ou si on va la laisser revenir au Canada, déplore-t-elle.

On est les plus grands utilisateurs de la frontière, ce n’est pas pour des vacances, ce n’est pas par plaisir. C’est vraiment pour le travail. On a besoin de se déplacer.

Une citation de :Véronique Proulx, PDG de Manufacturiers et Exportateurs du Québec

On demande au gouvernement fédéral de clarifier cette notion [de travailleurs essentiels] et de s’assurer de la bonne application auprès des postes frontaliers, mais aussi d’élargir cette notion à tous nos travailleurs, a revendiqué Mme Proulx.

Le virtuel a ses limites, a-t-elle rappelé, évoquant la difficulté excessive de développer de nouveaux marchés dans le contexte actuel. On est à risque de perdre des contrats.

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