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Relance du quartier chinois : un bon premier pas, mais il manque des précisions

Vue d'ensemble des portes du quartier chinois de Montréal, sous lesquelles circulent beaucoup de voitures parmi des cônes de construction.

Le plan détermine des priorités en ce qui a trait à la protection du patrimoine et à la revitalisation des commerces.

Photo : Radio-Canada / Ivanoh Demers

La Presse canadienne

Des membres de la communauté chinoise de Montréal jugent que le nouveau plan de relance du quartier chinois présenté cette semaine par les autorités municipales est un pas dans la bonne direction mais regrettent qu'il ne fasse pas mention des mesures concrètes nécessaires à la préservation du quartier.

La mairesse Valérie Plante a dévoilé vendredi un plan qui établit des priorités dans un certain nombre de domaines comme la protection du patrimoine, la revitalisation des commerces, la circulation piétonne et le logement abordable.

Ce plan a été présenté au terme de deux années de consultations menées auprès de la population locale.

Jessica Chen, du Groupe de travail sur le quartier chinois de Montréal, considère ce document comme une feuille de route plutôt que comme une politique bien détaillée. Toutefois, cette ancienne urbaniste de Vancouver juge qu'il s'agit d'un premier pas dans la bonne direction.

Cela définit la direction de ce que nous considérons comme un Chinatown, a-t-elle mentionné. C'est plus qu'un simple quartier commercial, il y a aussi toutes les riches couches de son héritage culturel.

Aménager le secteur avec des espaces verts et créer une nouvelle association commerciale, comme le prévoit le plan, contribuera à insuffler une nouvelle vie à un quartier historiquement délaissé et qui a été encore plus miné par la pandémie, a fait valoir Mme Chen.

Cependant, des établissements bien établis comme Wing Noodles – fondé en tant qu'entreprise d'import-export en 1897 – et les associations familiales ont besoin du soutien que leur confère le statut patrimonial, a-t-elle soutenu.

Ils portent la mémoire qu'ont les gens de l'endroit. Lorsque nous parlons de conservation du patrimoine, il s'agit non seulement des bâtiments mais aussi du patrimoine culturel immatériel qui existe depuis des générations, a évoqué Mme Chen.

Elle souhaite que les investissements de deux millions de dollars soient destinés à l'amélioration de la qualité de la vie de la population et aux commerces. Le nouveau comité créé avec le gouvernement du Québec devra travailler de façon rapide et transparente, ajoute Mme Chen.

Jonathan Cha, un architecte paysagiste et un expert du quartier chinois, juge positivement le plan mais lui reproche l'absence d'échéancier. Cela est nécessaire, car le quartier ne fait pas toujours l'objet d'une protection patrimoniale.

Je pense que la Ville de Montréal montre qu'elle prend le quartier chinois au sérieux, a-t-il affirmé.

Les inquiétudes concernant l'avenir de ce quartier du centre-ville ont récemment atteint un nouveau sommet lorsqu'un promoteur a acheté des bâtiments dans une de ses zones les plus historiques, y compris le bâtiment Wing, qui produit des nouilles depuis 1946. Un système de tramway devrait également passer par le quartier chinois.

M. Cha a fait valoir que Montréal n'a pas de règles spécifiques pour contrôler le développement dans le quartier chinois, ce qui entraîne la prolifération de condos de luxe, l'embourgeoisement et la hausse des loyers, qui menacent la vie communautaire.

Son espoir est que l'ensemble du quartier soit désigné en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel du Québec, avec un ensemble de mesures concrètes établies par le comité de travail d'ici septembre.

Cela donnera une voie à tous les développeurs, a-t-il déclaré, alors que le nouveau plan a déjà donné le ton.

Quartier durement frappé

Plus tôt ce mois-ci, Mme Plante faisait partie des politiciens présents à un forum organisé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain qui a réuni les trois ordres de gouvernement ainsi que des membres de la communauté.

Les personnes présentes ont convenu que la pandémie a particulièrement frappé le quartier chinois. Alors que les entreprises ont souffert partout, le secteur a dû faire face non seulement à une forte baisse du tourisme et de l'achalandage d'employés de bureau mais aussi à une vague de racisme anti-asiatique provoquée en partie par le langage incendiaire sur la COVID-19 de l'ancien président américain Donald Trump.

Un rapport publié en mars par plusieurs groupes de défense a révélé une augmentation inquiétante du nombre d'incidents racistes contre les Canadiens d'origine asiatique depuis le début de la pandémie, en grande partie en relation avec de fausses idées sur la propagation du coronavirus, et a souligné le besoin d'espaces culturels sécuritaires.

Nous savons tous que le quartier chinois en tant que communauté a été un endroit pour offrir un sentiment d'appartenance à des générations de Montréalais qui ont parfois ressenti un sentiment d'exclusion, a fait valoir Mme Chen.

De nombreuses personnes âgées vivent également dans le quartier ou à proximité, s'appuyant sur ses services culturels et sur l'option de vieillir chez soi, a-t-elle ajouté.

Vendredi, la mairesse Plante a déclaré que la préservation du quartier chinois concernait la communauté ainsi que la ville tout entière. Selon elle, les dirigeants politiques doivent désigner le plus vite possible ce secteur comme site patrimonial, mais elle a aussi expliqué que cela prend du temps en raison du processus légal.

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