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Nucléaire iranien : les négociations de Vienne ajournées pour consultations

Le drapeau iranien flottant devant l'Agence internationale de l'énergie atomique.

L'accord sur le nucléaire offre à Téhéran un allègement des sanctions internationales le visant en échange de garanties prouvant que l'Iran ne cherche pas à acquérir l'arme atomique.

Photo : Reuters / Leonhard Foeger

Reuters

Les puissances occidentales ont prévenu l'Iran que les négociations pour sauver l'accord sur le nucléaire iranien ne pourraient se prolonger indéfiniment, dimanche, après la fin d'un sixième cycle de discussions à Vienne.

Les pourparlers se sont ouverts en avril dernier dans la capitale autrichienne, où siège l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), pour tenter de convaincre les États-Unis de réintégrer le Plan d'action global commun (PAGC, ou JCPoA en anglais), dénoncé par Donald Trump en 2018, et l'Iran d'en respecter à nouveau les engagements.

Les délégués réunis à Vienne vont regagner leurs capitales respectives pour consultations, les négociateurs n'étant pas parvenus à aplanir leurs divergences, ont déclaré des responsables iraniens et européens.

Cet ajournement intervient au lendemain de l'annonce de la victoire de l'ultraconservateur Ebrahim Raïssi à l'élection présidentielle de vendredi en Iran.

Selon deux diplomates, la pause dans les discussions devrait durer une dizaine de jours.

Ebrahim Raïssi remplacera Hassan Rohani début août à la présidence de la République islamique. Son accession à la tête de l'État ne devrait guère modifier la position iranienne, arrêtée en dernier lieu par le guide suprême de la Révolution Ali Khamenei, véritable détenteur du pouvoir en Iran.

Les négociateurs autour d'une table.

Le représentant de la Russie auprès de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Mikhail Ulyanov, attend le début des discussions sur la relance de l'accord nucléaire iranien de 2015 à Vienne, en Autriche.

Photo : Reuters / Délégation de l'Union européenne à Vienne

Certains responsables iraniens n'excluent cependant pas que Téhéran pourrait avoir intérêt à pousser en faveur de la conclusion d'un accord avant le départ de Rohani. Cela permettrait ainsi à Raïssi de renvoyer la responsabilité d'éventuelles concessions à son prédécesseur, a expliqué un haut responsable iranien proche des discussions.

Une bonne distance à parcourir

Les trois puissances européennes signataires de l'accord de juillet 2015 – Allemagne, France, Royaume-Uni (E3) – agissent de facto comme médiateurs dans les discussions indirectes entre Washington et Téhéran.

Les Occidentaux soulignent que plus l'Iran continue de violer ses engagements, plus il sera difficile de restaurer le pacte, également signé par la Russie et la Chine.

Comme nous l'avons déjà dit, le temps ne joue en faveur de personne. Ces discussions ne peuvent pas s'éterniser.

Une citation de :Les diplomates de l'E3 dans une déclaration commune

Sur ABC News, le conseiller à la sécurité nationale des États-Unis, Jake Sullivan, a fait écho à ces commentaires en déclarant qu'il restait encore une bonne distance à parcourir sur le processus de levée des sanctions américaines et sur le respect par l'Iran de ses engagements.

L'attention devrait désormais se tourner vers un accord distinct entre l'Iran et l'AIEA qui expire le 24 juin.

Téhéran a mis fin récemment à des mesures d'inspection de ses installations nucléaires par l'agence de l'ONU.

Le directeur politique de l'UE Enrique Mora, qui coordonne les pourparlers sur le nucléaire, a dit s'attendre à une prolongation de cet accord qui permettra à l'AIEA de continuer à collecter des données tout en limitant leur accès pour le moment.

Comme en 2015, ces pourparlers suscitent l'hostilité du gouvernement israélien qui considère que le régime iranien cherche avant tout à développer une arme nucléaire dont il pourrait à terme se servir contre l'État hébreu.

Selon le premier ministre Naftali Bennett, qui a succédé à Benyamin Nétanyahou dimanche dernier, l'élection de Raïssi doit servir de dernier avertissement au monde et aux nations qui négocient la relance de l'accord encadrant les activités nucléaires de Téhéran.

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