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Journée mondiale des réfugiés : rendre visibles les invisibles

Des réfugiés syriens sur une route poussiéreuse.

Des réfugiés syriens au camp de Zaatari, dans la ville jordanienne de Mafraq, près de la frontière avec la Syrie

Photo : Reuters / Alaa Al Sukhni

Maud Cucchi

À l’occasion de la Journée mondiale des réfugiés, sous l’égide de l’ONU, des associations d’accompagnement de migrants mettent en lumière leurs initiatives pour sensibiliser la population à la cause des personnes déracinées par les conflits et la pauvreté.

À l’instar de SINGA Québec, dont l’objectif est de créer des ponts d’échange et de rencontre entre les personnes nouvellement arrivées, entre autres réfugiées, et la société d'accueil, fait valoir l’organisme.

Parmi ses membres, Razan, une Africaine qui a immigré au Canada, raconte y avoir trouvé une seconde famille.

Son engagement – et sa maîtrise du français – a même fait d’elle une porte-parole de l’organisme, qui veut rendre hommage aux personnes exilées en saluant leur courage et leur espoir de reconstruire leur vie en sécurité dans un pays étranger.

On veut mettre de l'avant ces femmes incroyables qui ont un parcours surprenant, déclare la coordinatrice de l’événement, Léa Touzé.

Rencontrée au cours d’une exposition au parc Jarry, à Montréal, Razan explique avoir fui son pays il y a à peine deux ans. Je suis née au Soudan, raconte-t-elle. À cause des conflits, j’ai décidé de déménager ici, à Montréal.

Razan fait donc partie des 20 personnes qui, chaque minute, doivent tout abandonner pour échapper à la guerre, à la persécution ou à la terreur, selon un recensement de l’ONU.

Un autre regard

À son échelle, SINGA Québec met en œuvre des dispositifs d’intégration afin de contrer les grandes solitudes entre la société d'accueil et les personnes nouvellement arrivées.

Concrètement, l’organisme favorise l’insertion professionnelle de ses membres en stimulant le lien social et en offrant une première expérience d’emploi au Canada. SINGA est mon premier travail ici, témoigne la primo-arrivante Eman. Ça m’a donné l’occasion de travailler en cuisine et de partager ma culture.

Les réfugiés restent totalement invisibles et SINGA est là pour dire qu’ils existent, explique la coordinatrice Léa Touzé, au diapason du thème de la Journée mondiale des réfugiés 2021, le pouvoir de l'inclusion.

Pour nous, c'est important de visibiliser la situation des personnes migrantes, notamment réfugiées, et de la souligner avec des témoignages positifs, constructifs, pour faire changer le regard qu'on porte parfois sur l'immigration, qui peut être malheureusement [...] misérabiliste ou péjoratif.

Une citation de :Léa Touzé, coordinatrice à SINGA Québec
Des réfugiés rohingyas dans une embarcation de fortune.

Des réfugiés rohingyas dans une embarcation de fortune alors qu'ils sont interrogés par les gardes-frontières du Bangladesh, après avoir traversé la frontière entre le Bangladesh et le Myanmar.

Photo : Reuters / Navesh Chitrakar

Le Canada valorise son engagement

Dans son message annuel pour la Journée mondiale des réfugiés, le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, a insisté sur la solidarité entre les peuples, levier nécessaire pour contribuer à un monde plus fort, plus sûr et plus dynamique, a fortiori en pleine pandémie.

Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons mettre fin à cette pandémie et nous rétablir. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons relancer nos économies. Et alors, ensemble, nous pourrons tous revenir aux choses que nous aimons.

Une citation de :António Guterres, secrétaire général de l'ONU
Antonio Guterres.

Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres

Photo : Getty Images / CRISTINA QUICLER

Dans sa communication du jour, le premier ministre Justin Trudeau a quant à lui salué le courage de ceux qui sont contraints de fuir leur pays d’origine, tout en promouvant l’engagement du Canada dans l’accueil des réfugiés.

Le Canada reconnaît l'importance de l'inclusion et de la diversité, et fait depuis longtemps la promotion de ces valeurs dans le cadre de ses efforts en matière d'aide internationale, de réinstallation et d'intégration, a-t-il indiqué dans sa déclaration, soulignant la fière tradition humanitaire du pays pour protéger les plus vulnérables du monde.

Dans ses justifications chiffrées, Justin Trudeau a mentionné qu’en 2019, le Canada avait réinstallé plus de 30 000 réfugiés et a été le premier pays de réinstallation de réfugiés au monde pour la deuxième année de suite.

L'impact de la pandémie

La COVID-19 a toutefois forcé le Canada à réduire son quota d'accueil de façon draconienne. Le pays a réinstallé quelque 9200 réfugiés d'un océan à l'autre pendant la pandémie, ce qui représente trois fois moins de personnes que d’habitude, a précisé le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés à Montréal.

Le ministre de l'Immigration du Canada, Marco Mendicino, a pour sa part reconnu l'ampleur internationale de la crise des réfugiés qui secoue actuellement la planète.

Marco Mendicino devant les médias.

Marco Mendicino, le ministre fédéral de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté, lors de son point de presse à Ottawa le 8 juin

Photo : La Presse canadienne / Sean Kilpatrick

Le système mondial de réinstallation des réfugiés fonctionne de façon réduite, ce qui complique l'offre de protection qui est grandement nécessaire, a-t-il mentionné dans sa déclaration.

Bien que d'autres ferment leurs portes, nous laissons les nôtres ouvertes.

Une citation de :Marco Mendicino, ministre de l'Immigration, des Réfugiés et de la Citoyenneté du Canada

À l'occasion de sa prière dominicale, le pape François a dénoncé l'expérience tragique des quelque 200 000 personnes qui ont été déplacées et meurent de faim au Myanmar depuis le coup d'État du 1er février.

Nous demandons, avec toute la gentillesse possible, qu'on permette les couloirs humanitaires et que les églises, les pagodes, les monastères, les mosquées, les temples, tout comme les écoles et les hôpitaux, soient respectés comme des lieux neutres de refuge, a ajouté le pape François, citant les évêques birmans.

Le pays est plongé dans le chaos depuis le coup d'État du 1er février et la répression brutale menée par l'armée birmane contre les manifestations réclamant le retour de la démocratie.

Avec les informations de Xavier Savard-Fournier et de l'AFP

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