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Québec adopte un nouveau modèle pour un meilleur suivi des signalements à la DPJ

Des peluches de la Sureté du Québec

Le gouvernement veut regrouper sous un même toit tous les services en abus et maltraitance des enfants.

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Pour assurer un meilleur suivi des signalements à la direction de la protection de la jeunesse (DPJ), le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux veut regrouper sous un même toit, dans chaque région, les services en abus et en maltraitance des enfants.

Dans son rapport déposé en mai dernier, la commission Laurent sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse implorait les différents intervenants de mieux collaborer entre eux pour éviter que des drames comme la mort de la fillette de Granby ne se reproduisent.

Le ministre puise son inspiration dans un projet pilote mis en place dans la région de Québec. Il y a trois ans, le CIUSSS de la Capitale-Nationale a lancé un centre de services intégrés en abus et maltraitance (SIAM).

L'objectif est de regrouper sous un même toit tous les services dont un enfant et sa famille ont besoin lorsqu'un signalement survient. Ça permet d'éviter que les enfants se promènent entre l'hôpital et le poste de police, explique Paule Vachon, la coordonnatrice du SIAM.

Lorsqu'on entre dans les locaux du SIAM, on a l'impression d'entrer dans un service de garde avec une salle de jeu et de petites pattes d'ours collées au sol pour indiquer le chemin à suivre.

Seules les peluches à l'effigie de la Sûreté du Québec ou encore du Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) rappellent que l'on se trouve dans un endroit où des enfants commencent un long et difficile processus. Dans le fond, on tente vraiment de diminuer tous les facteurs de stress qui sont liés au dévoilement de leur cas, précise Mme Vachon.

Une femme dans un bureau.

Paule Vachon, coordonnatrice, Services intégrés en abus et maltraitance (SIAM)

Photo : Radio-Canada / Mathieu Potvin

Dans ce décor réconfortant, on retrouve pourtant les bureaux de Viol-Secours, de la CAVAC et de la DPJ. Une infirmière et des intervenants du CLSC sont toujours sur place et des espaces de travail sont réservés aux enquêteurs de police et aux procureurs de la Couronne.

On discute en moyenne de 1123 enfants par année

Une citation de :Paule Vachon, coordonnatrice des Services intégrés en abus et en maltraitance SIAM

Tous les matins, l'équipe du SIAM réunit les partenaires pour discuter des signalements dévoilés par la DPJ, la veille ou les jours précédents. On se divulgue les informations. Il y a une agente de liaison du SIAM, un procureur de la Couronne, une infirmière de la clinique de la protection de l'enfance qui est spécialisé en maltraitance. Il y a un chef de service de la DPJ et un lieutenant des services policiers, énumère Paule Vachon.

Ensemble, ils discutent de la meilleure orientation à prendre dans chacun des dossiers, poursuit-elle.

Lorsque tous les intervenants se sont entendus, l'intervention commence : Donc on va chercher l'enfant, on l'amène au SIAM, et là, il y a le dévoilement en entrevue vidéo de l'enfant avec les enquêteurs et la DPJ. Ensuite, il y a l'examen médical, s'il en a besoin pour les blessures. Ici, les enfants sont beaucoup mieux disposés. Ils sont plus calmes, ils ressortent moins ébranlés par tout le processus, plaide la coordonnatrice du SIAM.

Le SIAM n'a pas un rôle décisionnel dans le parcours de l'enfant; il agit comme un agent facilitateur entre les partenaires. Mais surtout, il défend les intérêts de l'enfant lorsque la situation se corse entre les intervenants.

On dénoue des impasses parce que chacun a une mission différente, chacun a des objectifs différents, et nous, on représente le meilleur intérêt de l'enfant, résume Paule Vachon.

Ambitions gouvernementales

On veut le déployer à travers le Québec. Non seulement les familles sont mieux desservies, mais les intervenants également sont valorisés

Une citation de :Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux
Un homme devant une affiche du gouvernement.

Lionel Carmant, ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roussel

Le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, veut maintenant munir chaque région du Québec de ce type de centre de services.

Tout d'abord, le gouvernement va investir 1,5 million de dollars par an pour permettre au SIAM de la région de Québec de s'inscrire de façon permanente dans le processus d'intervention auprès des enfants victime d'abus et de maltraitance.

Ensuite, Lionel Carmant espère voir rapidement d'autres initiatives se mettre en place : Ça va dépendre de la volonté de toutes les régions, mais une des régions qui pourrait rapidement être ciblée, c'est la Montérégie, conclut le ministre.

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