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L’arbre géant coupé devenu viral ne serait probablement pas protégé aujourd’hui

Un immense tronc d'arbre sur une remorque.

La photo de cet immense tronc d'arbre a généré beaucoup de réactions sur les réseaux sociaux depuis sa publication.

Photo : Lorna Beecroft

Radio-Canada

L’énorme tronc d'épicéa photographié sur une autoroute de l'île de Vancouver le mois dernier a été abattu avant la mise en place de la nouvelle réglementation, mais il ne serait peut-être même pas protégé aujourd’hui, selon des experts.

L'image de la section géante d'épicéa sur un camion a suscité l'indignation internationale, obligeant le ministère des Forêts à préciser que l'arbre avait été abattu des mois avant l'entrée en vigueur du règlement sur la protection des arbres spéciaux, en septembre 2020.

Des experts disent toutefois que cette image ne fait qu’illustrer les lacunes de la protection des grands arbres dans la province.

Cette photo est en fait un exemple choquant de la taille des arbres qui peuvent encore être abattus légalement, soutient Jens Wieting, du Sierra Club de la Colombie-Britannique.

Il estime que la province va trop loin pour protéger l'industrie forestière. Celle-ci emploie 50 000 personnes, selon le ministère des Forêts, mais seule une partie de ces emplois dépend de l’exploitation des forêts anciennes.

M. Wieting dit qu'il était surpris du tollé suscité par cet arbre en particulier, car ce n'est pas un épisode unique, et ce n'est pas le plus gros arbre abattu ici en ce moment. Ça se produit tous les jours en Colombie-Britannique, pas une fois par an, dit-il.

En vertu de la nouvelle réglementation (Nouvelle fenêtre), un arbre doit atteindre un diamètre minimum afin d’être protégé, un chiffre qui varie en fonction de l’espèce. Pour un épicéa de Sitka, le diamètre minimum se situe à 2,83 mètres.

Ira Sutherland, qui préside le comité qui s’occupe du Registre des grands arbres de la province à l'Université de la Colombie-Britannique (UBC), estime que l'épicéa devenu viral mesurait environ 2,7 mètres de diamètre à son point le plus large pour tenir sur le camion.

À moins que [cet arbre] n’ait été coupé assez haut du sol, non, je ne pense pas qu’il atteindrait le seuil de protection, dit M. Sutherland, ajoutant que les arbres les plus vieux ne sont pas nécessairement les plus gros.

Un porte-parole du ministère des Forêts indique par courriel qu'il n'est pas possible de le savoir, car un examen de la souche aurait déterminé si cet arbre devait être protégé. Cependant, cet examen n'a pas eu lieu, car la récolte a eu lieu avant l'adoption du nouveau règlement.

La province affirme que le règlement devrait offrir une protection à quelque 1500 arbres géants dans toute la Colombie-Britannique, ainsi qu'à un hectare de forêt environnante.

M. Wieting juge que c’est insuffisant, et demande à la province d'étendre les protections pour inclure au moins tous les arbres du Registre des grands arbres de la province.

M. Sutherland et d'autres chercheurs aimeraient, quant à eux, voir une politique qui protège les bosquets anciens, pas les arbres isolés. Il voudrait aussi voir élargir la définition d'un gros arbre.

Nous ne protégeons pas les arbres les plus hauts de la province. Les grands arbres de la Colombie-Britannique peuvent atteindre 90 mètres de haut, soit l'équivalent d'un bâtiment de 25 étages, mais s'ils n'ont pas un certain diamètre, ils ne sont pas protégés, explique M. Sutherland, qui est aussi doctorant à la faculté de foresterie de l'UBC.

Si les arbres spéciaux, une fois désignés, doivent être protégés avec la forêt qui les entoure, les compagnies forestières ont une marge de manœuvre appréciable quant à la manière d'y parvenir, dit M. Sutherland.

Dans une large mesure, le renard garde le poulailler. C'est une préoccupation de savoir si cette politique sera vraiment robuste et bien respectée.

C'est juste la façon dont la foresterie fonctionne en Colombie-Britannique. Ce n'est tout simplement pas un système très transparent, déplore-t-il.

Avec les informations d'Yvette Brend

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