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Célébrer la Journée nationale des peuples autochtones plutôt que la fête du Canada

Chris Halkett, une membre de la Première Nation de Lac La Ronge, en Saskatchewan.

Chris Halkett croit que la décision de sa communauté de ne pas célébrer la fête du Canada est un acte de solidarité et de réconciliation.

Photo : Chris Halkett

Radio-Canada

Cette année, la Première Nation de Lac La Ronge choisit de passer sous silence la fête du Canada et de plutôt célébrer la Journée nationale des peuples autochtones le 21 juin.

Ce changement a pour but d’offrir un moment de réflexion sur l’histoire du Canada et sur les moyens de bâtir un meilleur pays.

Les célébrations du 21 juin débuteront donc avec une cérémonie de la pipe suivie d’une cérémonie de purification par la fumée et d’un défilé dans les rues de la communauté.

Les festivités organisées porteront une attention toute particulière à la culture crie des Bois. Ainsi, il y aura des activités d’appel à l’orignal, des installations présentant les techniques de chasse et de cueillette ainsi que des contes et histoires traditionnels.

Jordan McPhail, l'adjoint du maire du village, est à l'origine de l'initiative. Il croit qu’il est important que ce type d’activités soit organisé à La Ronge, une communauté ayant autrefois abrité un pensionnat pour Autochtones.

Jordan McPhail, l'adjoint au maire du village de La Ronge, en Saskatchewan.

Jordan McPhail se dit heureux de faire partie d'une communauté qui ne fait pas que reconnaître sa culture autochtone, mais qui la souligne et la célèbre.

Photo : Jordan McPhail

Il souligne que ces activités vont également mettre en lumière un savoir-faire vieux de plusieurs siècles et qui a su survivre aux tentatives d’assimilation et d’oppression.

Jordan McPhail croit que même si sa communauté n'aura pas le défilé et le feu d’artifice traditionnels du 1er juillet, cette célébration demeurera un moyen différent de célébrer le Canada.

Pour moi, le fait que nous soyons capables d’écouter humblement nos voisins qui souffrent et que nous essayions de bâtir de nouvelles relations basées sur la vérité et la réconciliation… Je crois que tout ça mérite d’être célébré.

Une occasion pour apprendre et enseigner

Chris Halkett, une mère et membre de la Première Nation, souhaite utiliser cet événement comme une occasion pour enseigner à ses enfants.

Cette fête va les éveiller sur l’importance de célébrer [notre culture], explique-t-elle. Les enfants sont si résilients et ouverts d’esprits, ça ne les dérange pas de faire la fête le 21 juin plutôt que le 1er juillet.

Mme Halkett ne souhaite toutefois pas qu’on oublie la fête du Canada. Elle espère plutôt qu’on reconnaisse la Journée nationale des peuples autochtones et que cette dernière devienne un événement aussi important que la fête nationale.

Les Canadiens forment une nation. Cette nation a été fondée sur des traités. Nous devrions être des partenaires. Les décisions ne devraient pas être prises de manière unilatérale.

La FSIN soutient l'initiative

Dans un communiqué envoyé vendredi, la Fédération des nations autochtones souveraines de la Saskatchewan (FSIN) a offert son appui à la décision de La Ronge, surtout en regard de la récente découverte des 215 dépouilles d’enfants à Kamloops.

Nous croyons que de célébrer la fête du Canada est inconsidéré vis-à-vis tous les enfants qui ont perdu la vie, écrit le chef de la FSIN, Bobby Cameron. Nous encourageons tout le monde à prendre conscience du prix payé à l’Église et au gouvernement du Canada par ces enfants.

Chris Halkett comprend que la décision de passer sous silence les festivités du 1er juillet peut fâcher certaines personnes qui ne sont pas autochtones. Elle souligne toutefois que la voix des Premières Nations a été forcée au silence pendant de nombreux siècles.

À ceux qui sont fâchés, je vous entends. Mais il est venu le moment pour vous de nous écouter.

Avec les informations de Morgan Modjeski

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