•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Immobilier : investir de très petites sommes grâce à la copropriété

Des maisons en rangées.

Il est maintenant possible d'investir dans des parts d'une maison ou d'un immeuble en les achetant sur Internet.

Radio-Canada

Les prix de l’immobilier ne cessent d’augmenter au Canada, ce qui en fait un investissement plus qu’intéressant, mais rend de plus en plus difficile de devenir propriétaire. Il est cependant maintenant possible de devenir investisseur en quelques clics de souris en achetant une part d'une maison ou d'un immeuble d'appartements ou commercial.

On est toutefois loin ici de la copropriété classique, puisque le but de l’opération n’est pas de permettre à l’investisseur d’utiliser son bien, mais uniquement de l'aider à l’acquérir pour faire fructifier sa mise de fonds.

Cet investissement est également différent de celui qu’on peut faire dans une fiducie de placement immobilier (FPI), qui détient un portefeuille d’immeubles dont les parts se négocient d’habitude sur le marché boursier, puisqu'il permet d'investir dans une seule propriété à la fois.

De plus en plus d’entreprises surgissent sur le web pour proposer ce nouveau type d’investissement, qui peut normalement être effectué en moins de 10 minutes après s’être inscrit et avoir effectué un transfert électronique de fonds.

Certaines proposent des investissements immobiliers en Australie, en Inde et aux États-Unis, entre autres.

Au Canada, Addy, une entreprise de Vancouver, et BuyProperly, une entreprise de Toronto, offrent notamment ce type de transaction.

Addy propose des parts dans des propriétés d'une valeur de 5 à 50 millions de dollars, comme des immeubles d'appartements ou dans des parcs industriels en Colombie-Britannique, en Alberta et en Ontario.

Pour sa part, BuyProperly se concentre plutôt sur la vente de parts dans des maisons en location en Ontario.

Chacune propose une façon de fonctionner qui lui est propre.

Différentes façons de faire

Chez Addy, la cotisation de base pour devenir membre est de 25 $ par an. Les investisseurs peuvent ensuite acheter une part dans une propriété pour aussi peu que 1 $, mais pour un maximum de 1500 $ pour chaque propriété.

Nous ne sommes pas conçus pour les riches, mais pour les 99 % de Canadiens qui veulent posséder un bien immobilier.

Une citation de :Mike Stephenson, PDG et cofondateur d'Addy

L'entreprise compte actuellement 16 000 membres, mais tous n'ont pas réalisé d'investissements.

Chez BuyProperly, on ne demande pas aux investisseurs de devenir membres, mais on exige qu’ils achètent des parts dans une propriété pour un minimum de 2500 $.

Ce montant a été choisi parce qu’il n'est pas assez insignifiant pour ne pas avoir d'impact sur quelqu’un ni assez élevé pour l’empêcher d’investir, selon Khushboo Jha, PDG et fondateur de BuyProperly.

Quant au montant maximum, il peut être limité à un certain pourcentage du revenu annuel du ménage de l’investisseur, par mesure de protection.

Les investisseurs se partagent par ailleurs certains frais, comme ceux liés à l'inspection de la maison et les frais juridiques qui découlent de l’achat, et doivent payer les coûts récurrents pour l'entretien et la gestion de la propriété.

BuyProperly leur facture également des frais annuels de 2,5 % plus taxes sur le montant de leur investissement.

L’entreprise compte 300 investisseurs pour le moment, et aucun d'entre eux ne peut posséder plus de 50 % d'une maison. La plupart souhaitent répartir leur argent dans plusieurs propriétés, souligne M. Jha.

Et les profits?

Autant chez Addy que chez BuyProperly, il est possible de faire des profits de deux manières.

D'abord, les investisseurs reçoivent un pourcentage des revenus locatifs reflétant la valeur de leur investissement.

Ensuite, lorsqu'un bien est vendu, la plus-value qui en résulte est reversée aux investisseurs, qui récupèrent également le capital investi.

BuyProperly permet pour sa part aux investisseurs de vendre leur participation de manière anticipée à un autre investisseur s'ils souhaitent se retirer d'un bien avant qu'il soit vendu par la société.

Des risques potentiels

Bien que le marché de l’immobilier ait actuellement le vent dans les voiles, ça ne signifie pas que les investissements proposés par ces entreprises soient sans risque.

Interrogée sur le sujet, Laleh Samarbakhsh, professeure agrégée de finance à la Ted Rogers School of Management de l'Université Ryerson de Toronto, insiste sur le fait qu'un bien immobilier peut perdre de la valeur.

Mme Samarbakhsh ajoute que les biens immobiliers ne sont pas toujours faciles à vendre, ce qui peut obliger les propriétaires à attendre longtemps un rendement de leur investissement ou à accepter un prix inférieur pour conclure une vente.

Elle craint par ailleurs que cette nouvelle forme d’investissement ait des impacts négatifs sur le marché immobilier. En rendant très accessible l’achat de parts dans des propriétés, la demande accrue pourrait faire monter les prix, pense-t-elle.

D'après un texte de James Dunn, de CBC News

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !