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Enji-Tibew’eseng Nibi Nikwejiwong : marcher pour sensibiliser à la pollution de l'eau

Shirley Williams porte un chandail avec une inscription anichinabée qui signifie la marche de l'eau du ruisseau Junction.

Shirley Williams, aînée anichinabée, a supervisé la marche traditionnelle de l'eau du ruisseau Junction appelée Enji-Tibew’eseng Nibi Nikwejiwong.

Photo : Radio-Canada / Alice Zanetta

Après quatre jours, 135 km, un chaudron de cuivre contenant de l’eau du ruisseau Junction à la main, les participants à la marche traditionnelle anichinabée de l’eau sont arrivés à destination : Spanish, un petit village en bordure de la baie Georgienne.

Tasha Beeds, organisatrice de la marche qui a rassemblé une dizaine de personnes au départ de Sudbury, souhaite sensibiliser la population à la pollution des cours d’eau.

Tasha Beeds porte un chandail avec l'inscription « l'eau nous appelle ».

Tasha Beeds a organisé une marche pour l'eau le long du ruisseau Junction qui part de Sudbury et se déverse dans la baie Georgienne à Spanish.

Photo : Radio-Canada / Alice Zanetta

Pendant ces quatre jours, j’ai vu tellement de déchets, déplore la descendante crie. J’ai croisé des castors qui construisaient leur hutte avec des masques jetables! J’en ai pleuré.

Ce paysage est d’autant plus déconcertant pour Tasha Beeds que l’eau, tout comme les autres éléments de la terre, est sacrée pour les peuples autochtones.

Ils ont un esprit, souligne Mme Beeds.

Nous faisons cette marche pour l’eau et pour l’avenir.

Une citation de :Tasha Beeds, organisatrice de la marche Enji-Tibew’eseng Nibi Nikwejiwong

Plusieurs cérémonies privées se dérouleront cette fin de semaine en l’honneur de l’eau, mais aussi en mémoire des survivants et disparus des pensionnats autochtones de Spanish.

Honorer les victimes des pensionnats

L’eau du ruisseau Jonction, appelé Nibi Nikwejiwong en anichinabé, se jette dans le lac Huron aux abords des deux anciens pensionnats autochtones de Spanish.

Après la découverte de ce qui semble être les restes de 215 enfants autochtones à Kamloops, Tasha Beeds et les participants à la marche ont décidé d’organiser une cérémonie en l'honneur des survivants et des enfants disparus des pensionnats de Spanish.

Une statue fabriquée par des membres des Premières Nations est située devant un pensionnat de Spanish.

Selon les données de la Commission de vérité et réconciliation, 70 enfants sont morts aux deux pensionnats de Spanish qui ont fermé leurs portes au début des années 60.

Photo : Radio-Canada / Yvon Thériault

Comment ces enfants sont-ils morts? Comment ont-ils été enterrés? Nous allons faire de véritables funérailles traditionnelles en leur mémoire, explique Shirley Williams, une survivante d'un pensionnat de Spanish qui a participé à la marche.

L'eau, transportée depuis Sudbury, sera utilisée dans ces commémorations avant d’être versée dans le lac Huron, dimanche.

Avec cette marche et ces cérémonies, nous portons et redonnons quelque chose qui a été pris à notre communauté.

Une citation de :Shirley Williams, aînée anichinabée

Tasha Beeds déplore le fait que les terres entourant les anciens pensionnats de Spanish n’appartiennent pas à des membres des Premières Nations.

Au bout de cette rue, à côté des pensionnats, il y a une marina, dit Tasha Beeds, tout en pointant l’horizon. Les personnes non autochtones s’amusent dans cette eau à côté de cet endroit où il y a eu tant de souffrance. L’image du castor m’est revenue en tête : les luttes contre les changements climatiques et le colonialisme sont imbriquées.

Tasha Beeds invite les personnes non autochtones à assister aux cérémonies de cette fin de semaine dans un effort de réconciliation.

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