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COVID-19 : les Québécois pleinement vaccinés sont exemptés d’isolement

Ceux ayant contracté la maladie peuvent eux aussi profiter de cette exemption, mais si leur infection date de plus de six mois, ils devront avoir reçu une dose de vaccin.

Un homme regarde par la fenêtre.

Lorsqu'un cas est confirmé au Québec, les autorités de santé publique mènent, dans un délai de 24 heures, une enquête pour repérer tous ceux qui ont été exposés à la personne infectée.

Photo : Evan Aagaard/CBC

Maud Cucchi

Les Québécois ayant reçu deux doses de vaccin contre la COVID-19 ou ayant contracté la maladie dans les six mois n’ont plus à subir un isolement de deux semaines quand ils ont été exposés à une personne infectée.

Depuis mardi, le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a assoupli sa directive concernant la gestion des cas et des contacts, et ce, en dépit du nombre de cas confirmés de COVID-19 attribués au variant hautement contagieux Delta qui a bondi de 66 % au Canada cette semaine.

L'assouplissement des mesures sanitaires touche aussi les personnes qui ont contracté la COVID-19. S'il y a plus de six mois qu'elles ont reçu le diagnostic, elles doivent avoir obtenu au moins une dose de vaccin pour être visées par cette exemption.

Si la période de six mois n'est pas encore écoulée, aucune dose de vaccin n'est nécessaire pour se prévaloir de cette nouvelle disposition.

Tableau du niveau de protection en fonction de la vaccination et de l'exposition à la COVID-19.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La plus récente directive sur la gestion des cas et des contacts comporte une notion de « protection » qui renvoie à la réduction du risque de transmission à autrui à la suite d’une vaccination ou d’une infection antérieure.

Photo : Ministère de la Santé et des Services sociaux

Passée plutôt inaperçue, cette nouvelle directive ministérielle publiée le 15 juin est revenue sous les feux des projecteurs quand les joueurs du Canadien, doublement vaccinés, donc immunisés, ont pu disputer leur troisième match de la série demi-finale malgré la contamination à la COVID-19 de leur entraîneur-chef, Dominique Ducharme.

Comme ils sont complètement vaccinés, le risque tombe, ils n’ont plus besoin d’être isolés, explique le Dr Alain Poirier, directeur régional de santé publique, CIUSSSS de l’Estrie. Cet exemple pourrait bien servir d’incitatif pour aller chercher la 2e dose, avance le médecin.

Le Dr Alain Poirier en vidéoconférence.

Selon le Dr Alain Poirier, cette nouvelle mesure incitera les Québécois à réserver leur deuxième injection de vaccin contre la COVID-19.

Photo : Radio-Canada

Les avis divergent

Alors que la pandémie de coronavirus évolue favorablement au Québec, les nouvelles études montrent qu’il y a très, très peu de transmission quand on est protégé par le vaccin, explique le Dr Poirier. Ça ne veut pas dire que vous n'aurez pas [la maladie], mais la probabilité est beaucoup plus faible. On parle toujours de la gestion d’un risque.

Malgré les indicateurs encourageants de l’évolution de la pandémie et la progression de la vaccination, la professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal Roxane Borgès Da Silva appelle à la prudence.

Cas contact : l'isolement n'est plus obligatoire pour les personnes vaccinées

Des données probantes manquent encore pour assouplir ce type de restrictions sanitaires, défend-elle. La recherche n’est pas encore complète sur la possibilité d’attraper et de transmettre la COVID quand on est vacciné, prévient la professeure.

Dans un contexte où l’on n’a pas encore 75 % de la population vaccinée, c’est un risque.

Une citation de :Roxane Borgès Da Silva, professeure à l'École de santé publique de l'Université de Montréal

Mme Borgès Da Silva cite l’exemple d’une personne âgée qui aurait reçu une immunité totale grâce à deux doses de vaccin. Elle pourrait être porteuse du virus à son insu et rendre visite à sa famille, dont un des membres serait immunosupprimé. N’ayant reçu qu’une dose, celui-ci pourrait développer des symptômes graves, être hospitalisé, anticipe-t-elle.

Selon moi, avant de changer les règles sanitaires, une couverture vaccinale complète est nécessaire pour réduire les risques de transmission.

Il faut faire attention à ne pas brûler les étapes, dit-elle, au risque d'imiter la situation de l’Angleterre, forcée de reporter son déconfinement à cause de la progression du variant Delta.

Une solution? Le test rapide antigénique, propose-t-elle, qui serait un filet de sécurité de plus si on testait tous les gens avant de les laisser entrer dans les arénas, les milieux clos, les milieux de travail.

Avec les informations d’Alexis Gacon et de Jacaudrey Charbonneau

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