•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Les États-Unis célèbrent en grand Juneteenth, jour anniversaire de la fin de l'esclavage

Deux femmes noires dansent avec des bâtons, accompagnées par un joueur de tam-tam.

Les célébrations de Juneteenth ont commencé vendredi à Pittsburgh.

Photo : Associated Press / Sarah Simpson/Pittsburgh Post-Gazette

Agence France-Presse

Marches, barbecues, musique et discours, les États-Unis célèbrent samedi « Juneteenth », jour anniversaire de la fin de l'esclavage dans ce pays, désormais férié, un an après la mort de George Floyd.

Son meurtre par un policier à Minneapolis en mai 2020 avait déclenché, aux États-Unis et bien au-delà, un mouvement de fond contre le racisme et les brutalités policières envers les Afro-Américains.

La mobilisation qui a suivi a contribué entre autres à renforcer considérablement la visibilité de Juneteenth, dont beaucoup d'Américains, y compris des Afro-Américains, ignoraient l'existence il y a encore deux ans.

Contraction des mots juin et dix-neuf en anglais, cette date marque le jour où les derniers esclaves d'une île du Texas apprenaient, le 19 juin 1865, qu'ils étaient libres.

L'esclavage a été formellement aboli en décembre 1865 avec l'adoption du treizième amendement de la Constitution, mais Juneteenth, célébré dès l'année suivante au Texas, est resté la date marquante de l'émancipation des Afro-Américains.

Occasion festive depuis 1866, Juneteenth l'est encore davantage cette année, car c'est aussi le premier événement national célébré sans restrictions sanitaires, la plupart des mesures encore en vigueur pour lutter contre la pandémie de coronavirus ayant été levées ces dernières semaines.

Des centaines d'événements étaient prévus aux quatre coins du territoire américain, de New York à Los Angeles en passant par l'île texane de Galveston, considérée comme le lieu symbolique de Juneteenth.

Il faut ajouter à cela que jeudi dernier, le président américain, Joe Biden, a promulgué une loi faisant du 19 juin un jour férié national.

Une fillette est assise sur sa grand-mère et tape dans ses mains.

Les habitants de Florence, en Alabama, participent aux célébrations de Juneteenth.

Photo : Associated Press / Dan Busey/The TimesDaily

Éduquer la population

Ça a pris du temps, a réagi Cheryl Green, 68 ans, présente pour l'inauguration à Brooklyn d'une statue de George Floyd.

C'est une bonne chose que les gens reconnaissent ce qui s'est passé, a expliqué cette résidente afro-américaine de ce quartier new-yorkais. Les changements se font doucement, mais c'est sûr, nous allons y arriver.

Un sondage publié mardi par l'institut Gallup montrait encore que 28 % des Américains ne savaient rien de cet anniversaire.

Je n'ai appris ce qu'était Juneteenth qu'à l’école secondaire, a souligné Farah Louis, conseillère municipale noire à New York, en marge de cette inauguration. Pour elle, cette journée doit servir à éduquer nos jeunes sur l'histoire de la condition des Noirs aux États-Unis.

C'est un peu surréaliste de célébrer [cette journée], alors que nous nous battons contre des attaques nationales visant le droit de vote des minorités, a pour sa part tweeté Sharif Street, sénateur local noir de Pennsylvanie.

Droit de vote

Entre janvier et mai, 14 États américains, notamment la Géorgie et la Floride, ont voté des lois pour restreindre les possibilités de voter, des mesures interprétées comme visant à réduire l'influence du vote des minorités, en particulier la communauté noire.

Pour Sharif Street, c'est un rappel que nos victoires ne sont pas définitives, même lorsqu'il s'agit de puissants symboles de progrès comme le droit de vote.

Un projet de loi pour garantir un large accès au vote est actuellement en discussion au Sénat, mais son sort paraît très incertain, car beaucoup d'élus républicains y sont opposés.

Pour Farah Louis, la proclamation de Juneteenth comme jour férié et l'élan donné par le mouvement post-Floyd offrent une opportunité à la communauté noire.

Il faut battre le fer tant qu'il est chaud, dit-elle, évoquant notamment le débat sur les réparations, l'indemnisation des Afro-Américains pour les ravages causés par l'esclavage.

Vendredi, les maires de 11 villes américaines, dont Los Angeles et Denver, se sont d’ailleurs engagés à verser des indemnités à des représentants de la communauté noire, engageant le gouvernement national et le Congrès à les imiter.

On voit un changement dans le pays, a reconnu Terrence Floyd, le frère de George, lors de l'inauguration de la statue honorant son frère.

Terrence Floyd, qui vit à New York, a créé récemment l'organisation We Are Floyd (Nous sommes Floyd), pour que le changement continue. Ce n'est plus un moment, c'est un mouvement, a-t-il dit.

Vos commentaires

Veuillez noter que Radio-Canada ne cautionne pas les opinions exprimées. Vos commentaires seront modérés, et publiés s’ils respectent la nétiquette. Bonne discussion !