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Les symptômes les plus fréquents de la COVID-19 sont susceptibles de changer

Deux personnes entrent dans une clinique de vaccination.

Ces changements dans les symptômes pourraient compliquer les opérations de dépistage au pays, d'après certains experts.

Photo : Radio-Canada / Jean-Claude Taliana

Radio-Canada

Les symptômes de la COVID-19 les plus fréquemment signalés sont désormais des maux de tête, des maux de gorge et un écoulement nasal, selon l’équipe de chercheurs à l’origine d’une application de suivi des symptômes au Royaume-Uni. Plusieurs facteurs peuvent expliquer ce changement, estiment des experts canadiens.

La toux est reléguée au cinquième symptôme le plus signalé. Quant à la perte d’odorat, elle ne fait plus partie des dix symptômes les plus souvent enregistrés.

Ces données proviennent de l’application ZOE COVID Symptom Study, qui permet aux Britanniques de signaler leurs symptômes depuis le début de la pandémie de COVID-19, qui sont ensuite analysés par des scientifiques du King’s College London.

Nous examinons les principaux symptômes des utilisateurs de l’application, et ils ne sont pas les mêmes qu’avant, assure Tim Spector, le directeur de l’équipe de recherche et professeur d’épidémiologie génétique du King’s College London, dans une déclaration vidéo.

Il n’est pas clair si toutes les données proviennent de personnes ayant obtenu un test positif de dépistage de la COVID-19, mais certaines analyses du groupe de recherche se sont concentrées sur les cas confirmés.

Dans sa déclaration, Tim Spector explique que ce changement pourrait être lié à la prédominance du variant Delta au Royaume-Uni, qui semble selon lui fonctionner un peu différemment.

Le facteur de l’âge et une meilleure compréhension de la maladie

Mais plusieurs experts canadiens sondés par CBC News estiment que d’autres facteurs entrent en jeu, dont l’âge des personnes infectées et une plus grande sensibilisation quant à l’éventail des symptômes.

Le Dr Zain Chagla, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université McMaster à Hamilton, en Ontario, soutient qu’il est probable que l’on observe un changement similaire au Canada maintenant que les citoyens plus âgés commencent à être complètement vaccinés.

Les personnes plus jeunes sont désormais plus susceptibles d’être infectées par la COVID-19 et sont, en partie, moins vulnérables, explique-t-il. Ils peuvent donc observer des symptômes moins aigus que ceux signalés au début de la pandémie, comme des problèmes respiratoires.

Je blâmerais davantage les facteurs liés aux hôtes, et non au virus lui-même.

Une citation de :Dr Zain Chagla, spécialiste des maladies infectieuses à l’Université McMaster à Hamilton

Il peut effectivement être difficile d’établir des comparaisons entre les cycles antérieurs et ultérieurs de signalement des symptômes, car la tranche d’âge des personnes pouvant être infectées change, confirme le Dr Andrew Morris, spécialiste des maladies infectieuses et professeur à l’Université de Toronto.

Je pense que nous découvrirons avec le temps que les symptômes varient selon l’âge, même s’il est possible qu’ils changent aussi selon la souche ou le variant, explique-t-il.

L’augmentation de symptômes bénins observée au Royaume-Uni pourrait aussi être expliquée par une plus grande sensibilisation à la maladie et à l’éventail de ses manifestations chez les personnes atteintes, lance Jason Kindrachuk, virologue et professeur adjoint à l’Université du Manitoba.

Est-ce que ça vient vraiment d’un changement lié au virus? Ou sommes-nous simplement plus à l’écoute de notre santé et plus enclins à signaler des symptômes?

Une citation de :Jason Kindrachuk, virologue et professeur adjoint à l’Université du Manitoba

Un couteau à double tranchant

La diminution des symptômes plus sévères peut toutefois être problématique pour la stratégie canadienne de dépistage, puisque les personnes atteintes seront sûrement moins portées à faire un test, estime le Dr Chagla.

Cela va rendre le dépistage communautaire, en tant que stratégie, beaucoup plus difficile, dit-il, ajoutant que les gens ont des maux de tête ou un nez qui coule pour de nombreuses raisons et ne feront pas nécessairement le lien avec la COVID-19.

Selon lui, le Canada devra donc changer de stratégie et faire des tests de façon plus ciblée, notamment dans les écoles, où les jeunes de moins de 12 ans ne peuvent pas encore recevoir de vaccin contre la COVID-19.

Un échantillon est prélevé pour un test de dépistage de COVID-19, le 2 mars 2021 à Saarbrucken, en Allemagne.

Un échantillon est prélevé pour un test de dépistage de COVID-19.

Photo : Associated Press / Jean-François Badias

Les Canadiens pourraient même retourner à leurs vieilles habitudes prépandémiques si la COVID-19 devient moins menaçante, comme aller travailler même lorsqu’ils sont malades, s’inquiète quant à lui le Dr Kindrachuk.

À noter que pour l’instant, le gouvernement fédéral canadien répertorie toujours la toux, l'essoufflement ou des difficultés respiratoires et la fièvre parmi les principaux symptômes pouvant indiquer que quelqu’un est atteint de la COVID-19, mais les symptômes peuvent varier d’une personne à l’autre et certains peuvent ressentir des douleurs musculaires, des frissons, de la fatigue, de la diarrhée ou une perte de l’odorat.

Par ailleurs, les scientifiques s’expliquent encore mal pourquoi certaines personnes souffrent d’une forme sévère de la maladie, alors que d’autres ne se rendent même pas compte qu'elles sont infectées. Certains facteurs comme l’âge et des problèmes de santé préexistants peuvent certes peser dans la balance, mais des Canadiens jeunes et en santé ont aussi subi d’importantes conséquences de la maladie, ont été hospitalisés ou en sont morts.

Avec les informations de Lauren Pelley de CBC

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